Val-de-Marne : Valenton va se doter d’une police municipale

La mesure, qui sera proposée par le maire LR au conseil municipal le jeudi 8 octobre, symbolise la rupture avec l’ancienne maire PCF qui s’y était toujours refusée.

 Illustration. La création d’une police municipale était une promesse phare de la campagne du candidat élu, Metin Yavuz (LR).
Illustration. La création d’une police municipale était une promesse phare de la campagne du candidat élu, Metin Yavuz (LR).  LP/Marine Legrand

Valenton va créer une police municipale. L'information peut paraître anecdotique sauf qu'elle est hautement symbolique et marque la rupture avec la centaine d'années de communisme qui viennent de précéder.

Le nouveau maire Metin Yavuz (LR), celui qui a ravi la « petite Sibérie », va entériner son projet ce jeudi soir lors du conseil municipal. Il présentera une délibération à l'ensemble des élus.

«Une réponse à l'insécurité»

« La sécurité et la tranquillité des habitants sont deux axes forts du cadre de vie des Valentonnaises et Valentonnais, justifie Metin Yavuz. La police municipale est l'une des réponses à l'insécurité et aux incivilités. »

Ce sujet était aussi l'une de ses promesses phares durant la campagne des élections municipales, avec la vidéoprotection, la création de nouveaux équipements et le développement de l'attractivité économique de Valenton.

«Valenton, ce n'est pas le Bronx», selon Périchon

Metin Yavuz sait qu'il touche une corde sensible. Françoise Baud, maire de 2008 à 2020, s'est toujours refusée à lancer une police municipale. Elle aura tout juste créé en 2016 quatre postes de garde urbains supervisant les problèmes de stationnement, de déchets, « pour améliorer la prévention et assurer la sécurité sur la voie publique », avait-elle expliqué durant sa campagne aux côtés de son premier adjoint Laurent Périchon (PCF), candidat désigné pour lui succéder. « La police municipale n'est pas une solution, jugeait Françoise Baud en 2016. Pour preuve, les villes qui en sont dotées n'échappent pas aux problèmes. Ce qu'il faut, c'est recréer du lien. »

Même la vidéosurveillance semblait être taboue dans sa bouche, refusant l'implantation de caméras dans sa commune. Durant la campagne, elle osait juste évoquer « une expérimentation de télésurveillance autour du gymnase Paul-Langevin ». « Valenton n'est pas un territoire de non-droit, ce n'est pas le Bronx ni le Far-West mais une ville à taille humaine, fraternelle, avec des gens chaleureux, appuie Laurent Périchon, désormais élu d'opposition. Et je rappelle que la sécurité des biens et des personnes est une mission régalienne de l'Etat. »

Une délibération « creuse »

Laurent Périchon bondit en évoquant le projet de police municipale débattu jeudi soir : « Cette délibération est creuse, critique Laurent Périchon (PCF). Ce document d'une page n'est pas sérieux dans son contenu, il ne dit pas combien cela coûtera aux Valentonnais, ni sur quelles études il s'appuie pour créer un tel service public. Tout besoin doit être évalué par un rapport. »

« Ce vote acte le démarrage du chapitre de la police municipale, concède Metin Yavuz. Les modalités pratiques (locaux, effectifs, budget…) viendront les jours prochains. Un tel service coûte de l'argent, certes, mais il est une nécessité dans une ville comme Valenton. J'ai fait une promesse, je la tiens. Et nous trouverons le budget. »

Laurent Périchon rappelle que son ancienne majorité « n'était pas restée sans rien faire côté sécurité » : « Nous avions plaidé pour le redécoupage de la circonscription de police, qui fut actée; nous avions obtenu une brigade à vélo de la police nationale, qui fut supprimée ensuite sous Sarkozy; nous avions créé des gardes urbains, etc. »

Conseil municipal jeudi 8 octobre, à 20 h 30, espace Roland-Roche, retransmis en direct sur YouTube, « Ville de Valenton ».