Val-de-Marne : un père mortellement fauché sur le chemin de l’école, son fils blessé

Il emmenait son fils à l’école Le-Nôtre, à Ormesson, quand il a été percuté par une voiture qui roulait à vive allure. Le petit garçon, âgé de 7 ans, a lui été blessé et hospitalisé. Une cellule psychologique a été mise en place.

 Ormesson, ce jeudi. C’est rue Guynemer qu’une voiture dont la conductrice dit avoir perdu le contrôle a percuté un père de famille, mort sur le coup.
Ormesson, ce jeudi. C’est rue Guynemer qu’une voiture dont la conductrice dit avoir perdu le contrôle a percuté un père de famille, mort sur le coup. LP/Laure Parny

« C'est comme si le ciel nous était tombé sur la tête. Comment un tel drame peut-il arriver le matin en allant à l'école ? » A l'image de Sonia, toujours sous le choc ce jeudi à 16h30, les parents d'élèves de l'école Le-Nôtre d'Ormesson vivent un cauchemar.

Alors qu'il accompagnait à l'école son fils de 7 ans, un père de famille a été fauché, sur le trottoir, par une voiture qui a brutalement accéléré sans raison dans cette artère à sens unique. Malgré 40 minutes de soins sur place, l'homme a succombé à ses blessures à la tête. Son fils, blessé à la clavicule, a été conduit à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil mais ses jours ne sont pas en danger. Des psychologues sont intervenus toute la journée dans l'école où le garçon étudie en CE1, auprès de ses camarades et professeurs.

La conductrice entendue par les policiers

On ignore pour l'instant la raison pour laquelle la voiture, une BMW automatique, qui descendait la petite rue Guynemer qui mène à l'école depuis la départementale 111, s'est ainsi emballée. La conductrice, une femme de 58 ans qui avait elle-même deux enfants à l'arrière, a été entendue dans la journée au commissariat de Chennevières, chargé de l'enquête.

« Elle n'était ni sous l'emprise de l'alcool ni sous celui de stupéfiants », indique une source proche de l'enquête. Placée en garde à vue, comme l'impose toujours la procédure dans ce genre d'accident mortel, la conductrice aurait assuré que « le moteur de la voiture s'est emballé », qu'elle a « essayé de freiner sans y arriver, y compris avec le frein à main ».

«Trois voitures ont été détruites tellement le choc a été violent»

« On a entendu le bruit d'un moteur, l'accélération était très forte, puis a été suivie d'un choc énorme, raconte le voisin chez qui le papa et son fils ont été soignés. Sa voiture a d'abord percuté un véhicule situé à gauche, puis est venue faucher le papa sur le trottoir de droite. Trois voitures en tout ont été détruites tellement le choc a été violent, c'était inouïe cette force. Après, tout le monde a fait tout ce qu'il fallait, mais pour le pauvre monsieur, c'était trop tard. »

L’accident était dans toutes les têtes et dans toutes les conversations, à la sortie de l’école ce jeudi. LP/L.P.
L’accident était dans toutes les têtes et dans toutes les conversations, à la sortie de l’école ce jeudi. LP/L.P.  

Dès que l'accident a eu lieu, le petit garçon a été conduit au chaud dans le salon de cet habitant, où sa maman l'a rejoint dès qu'elle a pu.

« Evidemment on pense à eux, à ce choc terrible », exprime d'une voix blanche Marie-Christine Ségui, la maire (LR) d'Ormesson. L'élue s'est immédiatement rendue sur place et a pu constater que le petit était conscient. « Il souffrait, il nous le disait et il était forcément confus. Il n'avait pas encore compris l'ampleur du drame. On est tous abasourdis par ce qui s'est passé. »

Les voisins ont pu tenir l'écolier à l'écart du garage, ouvert en urgence pour tenter de soigner son père. « On a fait tout ce qu'on a pu, notamment un massage cardiaque immédiat, mais ses blessures étaient trop graves », se désole le policier municipal qui surveillait justement ce jeudi matin les abords de l'école avec deux autres collègues.

Le véhicule, placé sous scellé, fera l'objet d'une expertise approfondie

« Le quartier n'est pas du tout dangereux, on s'y sent en sécurité le matin quand on emmène les enfants, assure une grand-mère venue chercher ses petits-enfants. Par contre certains accélèrent fort pour traverser la départementale, peut-être qu'avec la forte pluie, la voiture a dérapé. »

La conductrice en cause emmenait-elle aussi deux enfants dans l'école Le-Nôtre ? En tout cas, la BMW automatique qu'elle conduisait était très récente. Le véhicule a été placé sous scellé et fera l'objet d'une expertise approfondie.

La mairie s'inquiète du retentissement psychologique d'un tel drame. En plus de la présence de psychologues à l'école, venus grâce à l'éducation nationale, une autre prise en charge est proposée à tous : riverains, parents, enfants, toute personne choquée. Avec le Samu et l'hôpital Henri-Mondor, cette cellule médico-psychologique d'urgence sera ouverte à tous ce vendredi.

Cellule psychologique d'urgence. Ouverte ce vendredi 2 octobre de 16 heures à 20 heures à la salle Jules-Ferry, au 180, avenue Olivier-d'Ormesson. Les personnes qui en ressentent le besoin peuvent s'y rendre gratuitement et sans rendez-vous, ou bénéficier d'une écoute au 01.45.17.95.66. Un mail peut également être adressé à [email protected]