Val-de-Marne : Rodriguo dit avoir «perdu le contrôle» avant de tuer sa compagne Franciel

Toujours en garde à vue à Créteil pour avoir tué sa compagne vendredi soir à Champigny, le jeune homme reconnaît le meurtre mais nie la préméditation.

 Champigny
Champigny DR

Ils se sont disputés, il a pris un couteau, il l'a tuée et il a erré pendant quasiment 24 heures avant de se rendre dans un commissariat. Voilà le déroulé du drame qui s'est noué vendredi soir à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne),dans l'appartement familial de Rodriguo et Franciel, rue Albert-Thomas.

Ce dimanche soir, ce Brésilien de 27 ans était toujours entendu dans les locaux de la police judiciaire du Val-de-Marne. « Sa garde à vue pour homicide volontaire a été prolongée, il devrait être déféré ce lundi soir, confie le parquet de Créteil au Parisien. Mais avant cela, il doit être entendu. Plusieurs fois. »

En couple depuis 5 ans

Selon nos informations, l'homme ne nie pas être l'auteur du meurtre de Franciel, une Brésilienne de 29 ans. Ouvrier du bâtiment jusqu'à présent sans histoire, il a bien poignardé à de multiples reprises celle qui partageait sa vie depuis 5 ans.

À l'arrivée des secours, trois plaies d'environ 5 centimètres ont été constatées sur le bas du corps de la jeune Brésilienne. L'arme était plantée jusqu'au manche au niveau de son thorax.

Champigny, ce samedi. C’est dans ce petit immeuble qu’un homme a tué sa compagne à l’arme blanche ce vendredi soir. LP/Lucile Métout
Champigny, ce samedi. C’est dans ce petit immeuble qu’un homme a tué sa compagne à l’arme blanche ce vendredi soir. LP/Lucile Métout  

« Il est traumatisé par ce qu'il s'est passé, assure son avocat Avi Bitton. Il ne se souvient pas des coups qu'il a portés. Il ne sait même plus où il a trouvé ce couteau. » Il n'a pas oublié en revanche les secondes qui ont précédé la scène de violence.

Comme l'a entendu une voisine, une altercation a éclaté entre Rodriguo et Franciel. « Le couple se disputait régulièrement notamment sur des soupçons d'infidélité de sa compagne », précise l'avocat du gardé à vue. « Elle s'est mise à le pousser, à le griffer et à le frapper. Elle a tenu des propos qui l'ont mis hors de lui. Et il a perdu le contrôle. » Des éléments que s'efforcent de vérifier les enquêteurs.

«Jamais de plainte ou de main courante»

En tout cas, d'après le suspect, il n'y avait aucune préméditation. « Il répète en sanglotant qu'il ne voulait pas la tuer. Ce n'est pas du tout quelqu'un de violent, souligne Avi Bitton. Il n'a pas de casier judiciaire. Jusqu'à présent, il n'avait jamais levé la main sur une femme. À ma connaissance, il n'y a jamais eu de plainte ou de main courante de la part de sa compagne. »

Juste après les coups de couteau portés à la jeune maman, Rodriguo a emmené avec lui les deux enfants du foyer âgés de 2 et 4 ans. Le plus âgé n'est pas de lui mais « il le considère comme le sien », ajoute son avocat. L'ouvrier a alors sonné chez la voisine et lui a demandé d'appeler la police.

Puis il s'est rendu 700 mètres plus haut chez son patron, avec qui il s'entend très bien. C'est à cette adresse qu'il a laissé ses deux enfants sains et saufs, avant de s'enfuir pour de bon. Sa cavale s'est achevée lorsqu'il a poussé la porte du commissariat de Choisy-le-Roi peu après 19 heures samedi.

Les enfants «mis à l'abri»

Qu'est-il advenu des enfants ? « Ils ont été pris en charge par la Protection de l'enfance et mis à l'abri dans un foyer, rassure le parquet de Créteil. Ils seront probablement présentés prochainement au juge des enfants. »

Le maire de Champigny, Laurent Jeanne (Libres !) a déjà promis de « mobiliser les structures de l'Etat et de la ville pour les accompagner ». La famille, installée ici depuis deux ans, était inconnue de ses services. Mais l'édile sait que l'aîné de la fratrie venait de faire sa rentrée dans l'une des écoles campinoises.