Val-de-Marne : Paris Est Marne et Bois met le paquet pour améliorer la qualité des eaux

Que se soit pour arriver à ouvrir des plages en Ile-de-France ou améliorer l’eau rejetée dans les océans, la collectivité investit massivement pour améliorer le réseau d’assainissement.

 Illustration. La plage de Meaux, en Seine-et-Marne, sert d’exemple aux communes du Val-de-Marne qui veulent obtenir les autorisations de création de plages estivales sur la Marne et la Seine.
Illustration. La plage de Meaux, en Seine-et-Marne, sert d’exemple aux communes du Val-de-Marne qui veulent obtenir les autorisations de création de plages estivales sur la Marne et la Seine.  LP/Hugues Tailliez

Des travaux en cours à Joinville, à Nogent, à Saint-Maurice, à Champigny. Les villes et territoires mettent le paquet pour obtenir des autorisations de baignades en petite couronne dans les années qui viennent et améliorer enfin la qualité de l'eau qui sera rejetée dans les mers et océans. Lors d'un récent comité de pilotage « Qualité de l'eau et baignade en Marne et en Seine » organisé par la préfecture de la région Ile-de-France, les potentiels futurs sites de baignades ont été mis à l'honneur et ceux qui se démènent pour la rendre possible également.

Le Val-de-Marne est le département francilien qui compte le plus de sites candidats pour la baignade en période estivale. Des efforts significatifs sont faits pour permettre aux habitants de plonger dans la Marne, à Saint-Maur, Champigny, Nogent et Saint-Maurice et côté Seine, à Villeneuve-Saint-Georges, Villeneuve-le-Roi, Orly, Choisy-le-Roi, Vitry et Ivry.

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Des frais moindres pour les particuliers

Devant la ministre de la transition écologique Barbara Pompili, c'est l'exemple du territoire Paris Est Marne et Bois (PEMB) qui a été mis en avant. Le regroupement de 13 communes de l'Est francilien est très mobilisé et investit massivement pour mettre en conformité les rejets d'eau des habitants dans la Marne.

« Depuis un peu plus d'un an, nous proposons aux habitants de gérer pour eux le chantier et la demande de subvention quand un raccordement est possible à un réseau d'assainissement que nous venons de créer, vante Olivier Capitanio (LR), président de PEMB. C'est beaucoup plus simple pour eux, et ils n'avancent plus les frais. »

Résultat, rien que pour l'exemple récent du raccordement créé sur l'île Fanac, à Joinville, 49 maisons se sont déjà raccordées sur les 50 concernées. En acceptant la proposition du territoire, les propriétaires ne règlent qu'un tiers environ du montant des travaux, soit entre 1 000 et 2 000 € en moyenne. Sans cette technique, il était trop fréquent que la collectivité investisse mais que peu de propriétaires se raccordent par la suite.

En 2019, PEMB comme les deux autres territoires du Val-de-Marne avait signé une convention avec le conseil départemental pour mieux se coordonner et lutter contre la pollution des cours d'eau.

70 millions d'euros investis en trois ans

Quand on sait que PEMB a dépensé 70 M€ ces trois dernières années sur l'assainissement, et programmé 20 000 enquêtes de conformité, on comprend l'enjeu que cet argent soit « dépensé efficacement ». La méthode qui fait ses preuves est donc utilisée en ce moment rue Plisson à Nogent, avenue du Parc à Champigny et rue du Général-Leclerc à Saint-Maurice.

« L'Agence de l'eau estime que 80 % des déchets marins proviennent des fleuves et cours d'eau intérieurs, insiste François Roussel-Devaux, directeur de cabinet du président du territoire. Il ne faut pas voir tous ses efforts comme une simple volonté de se baigner, il s'agit aussi d'améliorer significativement notre impact sur l'environnement. »

Objectif : se baigner à Saint-Maur en 2022

De son côté, le Syndicat Marne Vive, qui réunit depuis 27 ans, 22 villes de l'Est parisien, est également très mobilisé. Il a lancé cet été un appel à projets pour définir les profils de baignade des villes candidates à la création de plage. Ces documents techniques, qui nécessitent des mois de travail, doivent absolument être fournis au préfet lors du dépôt d'une demande d'ouverture de la baignade. Les études porteront sur les sites proposés par les six villes candidates : Chelles, Gournay, Nogent, Champigny, Saint-Maur et Saint-Maurice. Pour prouver au préfet la qualité de l'eau, la campagne de prélèvements organisée par Marne Vive a de nouveau eu lieu cette année de juin à septembre, depuis 17 sites situés de la Seine jusqu'à Chelles (Seine-et-Marne).

Sur les sites où le travail est le plus avancé, comme la plage du Beach à Saint-Maur, l'autorisation de baignade est toujours attendue pour 2022. Sur le plan de l'Ile-de-France, tous les élus gardent en tête un objectif : pouvoir se baigner dans la Seine et la Marne à l'horizon des Jeux olympiques et paralympiques de 2024.