Val-de-Marne : les street artistes vendent leurs œuvres sur Instagram

Après un premier festival en avril, au profit de l’AP-HP, une nouvelle vente en ligne baptisée Unchained vient de démarrer, en faveur des artistes eux-mêmes et de la Fondation des Femmes.

 Chennevières. Notorious Brand -Mouarf et Alessandra- organisent le 2e festival Unchained de vente d’art urbain en ligne
Chennevières. Notorious Brand -Mouarf et Alessandra- organisent le 2e festival Unchained de vente d’art urbain en ligne DR

« Ne rien faire, on ne sait pas faire! » C'est ainsi que les artistes graphistes Mouarf et Alessandra de Notorious Brand installés à Chennevières ont décidé de lancer « Unchained », un festival d'art urbain en ligne qui met en vente 80 œuvres d'artistes internationaux sur le thème de la femme.

Leur premier projet « Confinement » initié durant la première vague épidémique du Covid-19 a rapporté 87 715 € à la Fondation AP-HP. Pour cette seconde vague, c'est au tour de la Fondation des Femmes de bénéficier d'une partie des ventes, mais cette fois aussi des artistes eux-mêmes qui souffrent de l'absence d'ouvertures culturelles et d'événements.

« Notre métier est dans une passe très précaire »

Lors du premier événement, les artistes offraient leur art aux soignants. Cette fois ils obtiendront 50 % de la vente de leur œuvre mise en ligne. « C'est indispensable, car notre métier est lui aussi dans une passe très précaire, assure Mouarf, l'un des membres de Notorious Brand. Pour certains c'est l'hécatombe et beaucoup en sont à vendre leur atelier ».

Unchained, 2e festival de vente d’œuvres d’art urbain international. DR
Unchained, 2e festival de vente d’œuvres d’art urbain international. DR  

Les organisateurs, eux, percevront 40 % des ventes pour le travail en amont effectué, la mise en ligne, le suivi des offres, la réception et l'envoi des œuvres. « Et nous avons décidé de reverser 10 % de l'action à la Fondation des Femmes qui vient en aide aux femmes seules, isolées ou violentées, particulièrement durant des confinements où elles n'ont pas d'échappatoire », détaillent-ils.

Comme pour Confinement, les œuvres sont mises en ligne sur le compte Instagram @notoriousbrandfr jusqu'au 20 décembre. Comment ? « Nous en présentons deux par jour, à 21 heures et 21h30, et leurs ventes se terminent 48 heures plus tard. L'artiste nous a indiqué son prix de départ et ensuite, les acquéreurs font leur proposition dans les commentaires ».

Une fois l'œuvre vendue, un code d'accès à celle-ci est envoyé à l'acquéreur qui peut alors régler le montant directement sur le site des organisateurs. À la fin du projet, l'œuvre sera récupérée par l'équipe et envoyée ou distribuée à l'acheteur.

L’acrylique sur bois « Avenir » du street artiste Levalet a été vendue 2 250 € dont une partie sera reversée au profit de la Fondation des Femmes. DR
L’acrylique sur bois « Avenir » du street artiste Levalet a été vendue 2 250 € dont une partie sera reversée au profit de la Fondation des Femmes. DR  

Des artistes du monde entier

Près de 80 artistes ont rejoint le projet, des Français, mais aussi d'autres street artistes œuvrant en Grèce, au Portugal, en Argentine, au Canada, au Pakistan, au Venezuela ou encore en Allemagne. On y trouvera ainsi une toile de l'artiste espagnol Miguel Ángel Belinchón Bujes, alias Belin, connu dans le monde du graffiti pour ses peintures photo réalistes inspirées de Picasso. On découvrira sans doute une des guerrières pacifiques de la canadienne Sophie Wilkins et celle, très symbolique et inspirée de la peinture baroque du Vénézuélien Luis Gomez de Teran, alias Gomez.

Le Français Levalet est aussi de la partie. « J'avais déjà trouvé bonne l'initiative du premier festival auquel j'avais participé d'ailleurs. Et aujourd'hui, comme la plupart de mes collègues, j'ai pas mal d'expositions en galerie ou centres d'art, des événements et des commandes publiques qui ont été annulées. Pour ce 2e opus, sur la thématique des femmes, et surtout des violences faites aux femmes, j'ai voulu faire une femme un peu combattante sous la forme d'une petite fille qui n'est autre que la mienne, en armes, parce que j'espère qu'elle et sa génération sauront casser les codes d'aujourd'hui et sortir de ce genre de piège ».

« Avenir » est un acrylique sur bois, en couleurs, ce qui tranche avec le travail habituel de l'artiste, en noir et blanc. « Le confinement n'a pas que des inconvénients, je me suis mis à la peinture », assure l'artiste, confiné à Reims (Marne) où il continue de tracer ses œuvres sur les murs de la ville dans un rayon d'un kilomètre autour de son domicile. « J'ai dû en faire cinq ou six depuis le deuxième confinement ».

Mise en vente à 1 000 €, « Avenir » a été acquise à 2 250 €. « Que j'en conserve 50 %, c'est correct, affirme Levalet. C'est la même chose que dans une galerie ».