Val-de-Marne : l’escroc qui a congelé son père avait détourné plus de 700 000 euros de retraite

Les enquêteurs recherchent les derniers signes de vie de la victime qui pourrait finalement être morte depuis… dix-sept ans.

 Saint-Maur (Val-de-Marne), rue du Petit-Beaubourg. Le couple vivait dans cet appartement avec leur adolescente. Mais c’est à Villeneuve-le-Roi que le mari conservait son père dans un congélateur.
Saint-Maur (Val-de-Marne), rue du Petit-Beaubourg. Le couple vivait dans cet appartement avec leur adolescente. Mais c’est à Villeneuve-le-Roi que le mari conservait son père dans un congélateur. LP/Marine Legrand

C'est sans doute un record dans ce genre d'affaire sordide où l'on cache le cadavre d'un proche pour empocher chaque mois ce qu'il est censé percevoir. Selon nos informations, Didier M., un septuagénaire de Saint-Maur (Val-de-Marne), a empoché plus de 700 000 euros en dissimulant dans un congélateur le corps de son père pendant, semble-t-il, près de dix-sept ans.

Le week-end dernier, ce petit escroc, censé être le gérant d'une entreprise d'aide à domicile, avait été placé en détention provisoire dans le cadre de cette enquête ouverte pour meurtre, recel de cadavre et escroquerie. Son épouse, qui avait été placée en garde à vue, a finalement été remise en liberté.

On ne sait toujours pas si le mis en cause a bel et bien tué son père, qui serait aujourd'hui âgé de 97 ans. L'intéressé nie l'homicide. L'autopsie n'a pas permis de dater ni de déterminer les causes de la mort. Elle nous apprend juste qu'aucun coup violent n'avait été infligé à Jacques M. Les analyses complémentaires, notamment le sang, les organes et la toxicologie, devraient sans doute apporter des réponses.

Le congélateur est tombé plusieurs fois en panne

«Il est possible qu'il ne l'ait pas tué, avance une source proche du dossier. C'est un escroc. Pas vraiment le profil d'un meurtrier». Le problème, c'est que, malgré la congélation, le cadavre n'est pas aussi momifié qu'on aurait pu le croire. «Il y a eu une ou plusieurs pannes de congélateur, soupire la même source. C'est peut-être aussi pour cela que le fils a dû le déplacer à plusieurs reprises avant de le ranger dans un box à Villeneuve-le-Roi.»

En attendant, les enquêteurs du SDPJ 94 continuent d'explorer la vie de la victime. Si l'on est arrivé à dater sa mort ce n'est pas grâce à la science mais en étudiant les comptes du fils. En sachant que 700 000 euros avaient été détournés du compte en banque de la victime — apparemment un cadre supérieur d'EDF touchant 3500 euros de retraite chaque mois — sa mort doit remonter à 2003. «C'est la raison pour laquelle il faut retrouver les dernières traces de vie de la victime», insiste un enquêteur.