Val-de-Marne : derniers réglages avant la mise en service du tramway T9

A Orly, l’effervescence est déjà palpable dans le site de maintenance et de remisage des tramways T9. La nouvelle ligne 100% électrique doit être ouverte aux usagers à partir du mois d’avril.

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 La nouvelle ligne 100% électrique du T9 accueillera 80000 voyageurs quotidiennement.
La nouvelle ligne 100% électrique du T9 accueillera 80000 voyageurs quotidiennement. LP/Laure Parny

« Rame 920. Autorisation de sortie du SMR accordée. » Au sein du poste de commandement du futur tramway T9, le fonctionnement a déjà l'air bien rodé. Ici à Orly (Val-de-Marne), dans le flambant neuf site de maintenance et de remisage (SMR) des tramways, la mise en service semble imminente. Pourtant, il reste environ deux mois d'essais et de marche à blanc avant que ce nouvel équipement fonctionne chaque jour de 4 heures à 2 heures le lendemain.

Tant attendu par les 56000 voyageurs quotidiens de la ligne de bus 183, complètement saturée, le futur T9 devrait accueillir ses premiers usagers au mois d'avril. Il permettra de parcourir en trente minutes seulement les 10 km entre Orly et Porte de Choisy.

22 rames, 68 conducteurs

A Orly, les 22 futures rames nécessaires à l'exploitation sont déjà là. La première l'est même depuis décembre 2019. Ces derniers jours, plusieurs d'entre elles testent le réseau, avec à leur bord les nouveaux conducteurs.

« On en recrute encore certains et ils sont déjà 1300 à avoir candidaté pour rejoindre l'équipe de conducteurs, précise Fatima Diallo, responsable marketing et commercial de la filiale Keolis Ouest (NDLR : l'opérateur choisi pour l'exploitation du T9 et de plusieurs lignes de bus du secteur). En tout, ils seront 68 conducteurs, avec une particularité instaurée pour plus de flexibilité et d'intérêt pour les personnels : ils seront capables de conduire aussi bien les tramways que les bus. »

Les 22 rames du tramway T9 sont stationnées au site de maintenance et de remisage d’Orly. LP/Laure Parny
Les 22 rames du tramway T9 sont stationnées au site de maintenance et de remisage d’Orly. LP/Laure Parny  

Les premiers formés prennent place à bord des rames flambant neuves du T9. En lien permanent avec les 12 personnes du poste de commandement centralisé, ils apprennent à manier les rames, à voir où ils peuvent accélérer, à l'approche de quel carrefour il faut être le plus vigilant…

« Et ils signalent tout ce que nous devons encore modifier pour que le tramway fonctionne au mieux, précise Cécile Jaouen, responsable hygiène, sécurité et environnement du SMR. Nous avons déjà dû par exemple déplacer deux feux de signalisation qu'on voyait mal à cause de la configuration, à la Briqueterie et à la mairie de Vitry. Nous vérifions les lignes à haute tension, les rails, les panneaux d'indication de vitesse, les aiguillages, la distance entre la marche pour entrer dans le tramway et le quai à chaque station, les points de repères pour que le conducteur s'arrête pile au bon endroit sur le quai… »

Au poste de commandement, on vérifie la fluidité des entrées et sorties dans le SMR, on étudie les données informatisées sur le respect des temps de parcours, on prépare les dispositifs en cas d'accident. « On doit tous être entraînés pour qu'en cas d'accident ou encore de conditions météo difficiles comme une tempête ou de la neige, on sache agir au mieux », insiste Cécile Jaouen.

«Tout doit être testé plusieurs fois»

Au sein du SMR, on assure aussi que cette phase d'essais, avec une cadence moins grande, permet aux riverains du tramway d'apprendre à « vivre avec lui ». « Tout doit être testé plusieurs fois, défend Aurore Guyonneau, responsable du poste de commandement. Aujourd'hui par exemple, on vérifie qu'à chaque arrivée de rame du tramway à un carrefour, les autres feux passent bien au rouge pour lui laisser la priorité. Les feux piétons sont aussi scrutés à chaque test. Ce sont tous ces réglages à faire, en partenariat avec les gestionnaires de chaque route, et le test de différents itinéraires au sein du SMR, qui prennent du temps avant la mise en service. » Dans ce PC, deux personnes se relayent déjà chaque jour pour se préparer à assurer l'information aux voyageurs en temps réel.

Au poste de commandement central, on se prépare déjà en faisant rouler à vide plusieurs rames chaque jour. LP/Laure Parny
Au poste de commandement central, on se prépare déjà en faisant rouler à vide plusieurs rames chaque jour. LP/Laure Parny  
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Stationnées sur le parking extérieur ou sur l'un des quais de maintenance de l'atelier, les rames de 44 mètres de long elles aussi sont encore modifiées. « On est là pour changer des données mécaniques sur la rame suite aux essais », crie un technicien depuis le grand escalier métallique qui lui permet d'accéder à la rame par le dessus.

«Marche à blanc» début mars

« Ici, c'est la machine à laver des tramways, lance Fatima Diallo en faisant le tour du site. Cette période de test permet aussi de mettre en place avec le prestataire tout ce qui concerne le ménage à l'intérieur des rames. » Dans quelques jours, six médiateurs seront également chargés d'intervenir dans les écoles situées le long du parcours du T9 pour encourager les futurs usagers à l'emprunter.

Début mars, la véritable « marche à blanc » doit débuter. Il s'agira de faire progressivement circuler toutes les rames, dans les conditions réelles de l'exploitation de la ligne. Une phase qui doit prendre « de 5 à 6 semaines », avec des arrêts marqués dans les 19 stations installées. Mais aussi avec des tests en conditions réelles avec les pompiers.

D'ici à fin avril, la nouvelle ligne 100 % électrique, pour laquelle la concertation a démarré en 2012, accueillera 80000 voyageurs quotidiennement.