Val-de-Marne : au conseil départemental, la majorité se divise sur le dossier Mondor

Un vœu de défense du service de chirurgie cardiaque a été présenté ce lundi par le président (PCF) lui-même. Le groupe PS n’a pas participé au vote.

 Créteil, ce lundi. Les élus réunis en séance ont adopté plusieurs vœux.
Créteil, ce lundi. Les élus réunis en séance ont adopté plusieurs vœux. LP/Agnès Vives

De nombreux vœux ont été examinés ce lundi en fin de séance au conseil départemental du Val-de-Marne. La majorité a fait bloc. Jusqu'au dernier : « Pour le maintien et le développement du service de chirurgie cardiaque de l'hôpital Henri-Mondor et la défense du service public hospitalier ».

C'est le président (PCF) Christian Favier qui l'a présenté lui-même. Au terme de pas mal d'allers-retours avant séance pour tomber d'accord sur les alinéas, le texte « extrêmement modéré » qui réclame audience au ministre de la Santé, a été adopté avec les voix de l'opposition. Le groupe PS a annoncé « ne pas participer au vote ».

Ce vœu fait suite à l'alerte donnée par la Coordination de vigilance de l'hôpital Mondor, relayée par l'ensemble des parlementaires, autour de l' arrêt de la transplantation cardiaque, décidée au regard du manque d'activités. Le service est regroupé avec celui de la Pitié-Salpêtrière à Paris, pour en faire un « pôle visible, de niveau européen, sur l'est parisien ».

«Il n'y a plus de volonté médicale de faire cette activité»

Pour expliquer le positionnement du groupe, c'est Bruno Hélin, vice-président (PS) en charge des espaces verts et naturels, élu à Créteil et lui-même soignant à Mondor qui a pris la parole.

« Il ne peut y avoir de greffe à Mondor car il n'y a plus de volonté médicale de faire cette activité », énonce-t-il, après avoir rappelé son arrêt progressif ces dernières années (un acte en 2020, sept en 2019 et 17 en 2018).

Preuve en est, selon lui, le président de la communauté médicale de l'établissement et le doyen de la faculté de médecine « se sont positionnés pour ce transfert », cosignant un communiqué de presse du directeur de l'AP-HP décisionnaire et du président du conseil de surveillance de l'hôpital. Rappelant aussi que « les chirurgiens cardiaques ne se sont pas exprimés ».

Et alors que les opposants à ce projet craignent « un risque d'affaiblissement de Mondor », Bruno Hélin détaille encore l'importance du projet RBI, aujourd'hui baptisé bâtiment Reine. Un investissement de 72 millions d'euros. « La chirurgie cardiaque continuera de faire plus de 500 actes, comme le projet de l'ARS le stipule », assène-t-il.

«Il y a quelques années nous étions tous ensemble »

Un positionnement qu'a « du mal à comprendre » Nathalie Dinner (LFI) : « Il y a quelques années (lorsque la chirurgie cardiaque était menacée par une réorganisation des sites en Ile-de-France prévue par l'ARS NDLR), nous étions tous ensemble. Nous sommes tous ensemble pour un service public de l'énergie (un vœu précédent a été voté en ce sens NDLR). Mais peut-être n'ai-je pas tous les éléments… »

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Sa collègue Jeannick Le Lagadec (LFI) pointe ainsi « la conception très parisiano-centrée » de l'AP-HP, au détriment de la banlieue. Rejointe par Françoise Lecoufle (LR), maire de Limeil-Brévannes qui s'interroge : « Le bâtiment RBI est magnifique mais il peut y avoir bien d'autres opérations que celles de chirurgie cardiaque. »

Mais Brigitte Jeanvoine, vice-présidente (app PS), élue à Créteil, le maintient : les greffes sont des « activités rares qui se préparent à l'avance » quand « les activités d'urgence resteront à Mondor ». « C'est pour toutes ces erreurs d'interprétation que nous ne voulons pas participer au vote. Ce qui est dit n'est pas tout à fait vrai. »