US Alfortville : «Il y aura d’autres recours en justice», prévient la mère d’Adrien Rabiot

Véronique Rabiot, la mère du joueur de football, a participé à la manifestation du comité de soutien de l’US Alfortville, mis sur la touche par la commune. Le maire, vu la dette du club, a saisi le procureur.

 Alfortville (Val-de-Marne), le 18 octobre 2020. Véronique Rabiot, mère de l’international Adrien Rabiot et présidente d’honneur de l’US Alfortville football, est venue participer au brunch de soutien au club organisé sous les fenêtres de la mairie.
Alfortville (Val-de-Marne), le 18 octobre 2020. Véronique Rabiot, mère de l’international Adrien Rabiot et présidente d’honneur de l’US Alfortville football, est venue participer au brunch de soutien au club organisé sous les fenêtres de la mairie. LP/Marine Legrand

Nouvel épisode dans l'affrontement entre l'US Alfortville (Val-de-Marne) et la mairie. Le comité de soutien créé pour faire survivre le club de football, mis hors-jeu par la commune pour mauvaise gestion, a organisé un brunch ce dimanche matin sous les fenêtres de l'hôtel de ville.

Quelques dizaines d'adultes et de jeunes ont participé au rassemblement, sous l'œil discret de la police face à cette manifestation qui avait été interdite par le préfet du Val-de-Marne en raison de la situation sanitaire.

Une invitée de poids dans le monde du foot avait fait le déplacement : Véronique Rabiot, la maman d' Adrien Rabiot, joueur de l'Equipe de France et de la Juventus Turin (Italie). Elle est désormais présidente d'honneur du club local.

Pourquoi vous investir dans ce combat ?

VÉRONIQUE RABIOT. Quand Adrien avait 8 ans, j'ai eu besoin du club d'Alfortville pour qu'il y fasse une saison. Il a pu la faire. Je n'oublie rien. Puis, lorsqu'il est devenu professionnel, je me suis rapprochée du club. Et aujourd'hui, ce sont eux qui ont besoin de moi. Ils m'ont appelée et savaient qu'ils pourraient compter sur moi.

Le tribunal a débouté vos demandes le 8 octobre. Que pouvez-vous faire désormais ?

La partie ne fait que commencer, avec les moyens qui sont les miens. C'est-à-dire en m'appuyant sur mon nom, sur le parcours de mon fils qui joue aujourd'hui à la Juventus, en menant des actions de communication. Sur le plan juridique, il y aura d'autres recours par l'avocat du club pour faire revivre cette association (NDLR : l'avocat nous confirme étudier fortement la possibilité de formuler un nouveau recours la semaine prochaine, devant le Conseil d'Etat cette fois).

Les arguments de la mairie contre le club sont erronés selon vous ?

Ils sont grossis et déformés. Les gens qui ont repris le club en 2018 ne sont pas des gestionnaires mais ils l'ont repris avec une dette qui ne leur appartenait pas, qui était là avant (NDLR : faux, selon le maire et un ancien président du club). Si la municipalité était à l'écoute de sa population, elle aurait plutôt cherché à aider l'association à apurer cette dette. Et demande-t-elle des bilans d'activité, comme elle l'a fait, à chaque association ? J'ai l'impression que la loi n'est pas la même pour tout le monde.

Alfortville (Val-de-Marne), le 18 octobre 2020. Plusieurs dizaines d’adultes et jeunes ont participé au rassemblement, pourtant interdit par la préfecture. LP/Marine Legrand
Alfortville (Val-de-Marne), le 18 octobre 2020. Plusieurs dizaines d’adultes et jeunes ont participé au rassemblement, pourtant interdit par la préfecture. LP/Marine Legrand  

« Le foot va continuer, mais avec des gens sérieux »

Luc Carvounas, le maire (PS) d’Alfortville, revient sur les arguments l’ayant mené à mettre sur la touche le club de l’US Alfortville et à en créer un nouveau.

« Lorsque l’ancien président Willy Adin a remis les clés à la nouvelle équipe, le solde était positif. Des documents en attestent. Le comité de soutien ment en prétendant que la dette était antérieure, lâche le maire. Sur le fond, je n’ai plus rien à commenter : les dix pages de l’ordonnance du tribunal administratif de Melun ont démonté point par point les arguments du club et donné raison à la ville. »

Et l’élu d’ajouter : « Vu le déficit abyssal (NDLR : environ 100 000 euros), j’ai saisi le procureur de la République. L’affaire est donc désormais entre les mains de la justice. Le dernier conseil municipal vient également de voter le retrait de la subvention qui était accordée à l’association. Quant au nouveau club (le Football Club d’Alfortville), il sera affilié dès demain par le comité de la ligue. Le foot va continuer, mais avec des gens sérieux. »