Thiais : enfin un professeur de français au collège Paul-Klee après trois mois sans cours

L’arrivée d’une enseignante contractuelle est annoncée ce mardi. Les parents d’élèves se gardent de crier victoire. Le précédent remplacement n’avait duré qu’une journée.

 Thiais. Au collège Paul Klee, les parents de ces élèves de 6e et 5e espèrent que la professeure nommée pour ce remplacement effectuera cette mission plus d’une journée.
Thiais. Au collège Paul Klee, les parents de ces élèves de 6e et 5e espèrent que la professeure nommée pour ce remplacement effectuera cette mission plus d’une journée. Le Parisien

Un espoir tout relatif anime, depuis ce mardi, les parents d'élèves des classes de 6eB et E, de 5eA et C du collège Paul-Klee de Thiais. Ces derniers n'ont plus été véritablement accompagnés sur les chemins sinueux de l'orthographe, de la grammaire et de la conjugaison depuis le 2 novembre dernier et le début du long arrêt maladie de leur professeure de français. Près de trois mois ont passé et un remplacement a enfin été annoncé en ce début de semaine.

« Une enseignante contractuelle de lettres modernes arrivera demain (ce mardi NDLR) », nous indiquait lundi en fin de journée la direction des services départementaux de l'éducation nationale (DSDEN) du Val-de-Marne. Quelques heures plus tôt, cette autorité précisait que le rectorat recherchait activement une solution, tant pour ces élèves que pour d'autres, également victimes de la pénurie de professeurs remplaçants. Ces difficultés touchent toute l'académie de Créteil, mais plus particulièrement le Val-de-Marne. Dans ce département, syndicats et politiques mobilisent régulièrement pour réclamer des moyens pour l'Education nationale.

Des parents échaudés

Si les parents de ces collégiens de Paul-Klee ne crient pas victoire avec l'arrivée de cette enseignante contractuelle, c'est qu'ils ont été quelque peu échaudés ces derniers jours. « Au bout de deux mois et demi d'attente, de courriers et d'appels au rectorat sans réponse, un professeur est venu effectuer le remplacement le 15 janvier dernier, rembobine Charline, parent d'élève FCPE ayant un fils dans l'une des deux classes de 6e impactées. Nous pensions qu'il allait rester… plus d'une journée. » Très vite, les parents ont en effet été informés que ce remplaçant avait déposé un arrêt de travail courant jusqu'en février.

Comme le fils de Charline et ses camarades, la fille de Delphine n'a eu qu'une heure de français entre le 2 novembre et ce lundi. « Les élèves ont juste eu le temps de faire une dictée, c'est très léger et c'est dramatique », souffle cette maman. Elle aussi se garde d'applaudir à l'arrivée d'une professeure remplaçante. « La dernière fois, on se disait que c'était bon, on a été déçus », rappelle-t-elle, inquiète. « Ma fille n'a pas de difficultés, elle lit beaucoup et adore le français, mais elle n'a eu aucun cours et son niveau stagne », pointe-t-elle.

Les nombreuses heures de permanence que sa jeune protégée a effectuées depuis début novembre ont plus été l'occasion de « discuter avec les copines » que de travailler. « Le collège a essayé de mettre des choses en place, mais finalement il y a eu zéro travail, confie celle qui avait pensé inscrire son fils dans le privé. Mais mes copines me disent que ce n'est pas beaucoup mieux côté remplacements. Le manque de professeurs est criant partout. »

Des acquis à consolider, un suivi qui se fait attendre

Ces trois derniers mois sans cours de français ont aussi été « démoralisants » pour le fils de Charline, un grand lecteur déjà marqué par une fin d'année scolaire en grande partie suspendue voire avortée, sur fond de pandémie. « Depuis novembre, il n'y a plus eu de consolidation des acquis, ni d'acquisition de nouvelles connaissances, pas de suivi en français », résume-t-elle, espérant le meilleur pour la suite.

La menace d'un nouveau confinement dans les jours à venir ne contribue pas à apaiser enseignants, parents et enfants. Parmi ces derniers, certains trépignent à l'idée de reprendre les cours de français, sur la durée. « Depuis novembre, ma fille a un exposé prêt à être présenté, sourit Delphine. J'espère qu'elle pourra le faire, si la remplaçante reste plus d'une journée… »