Saint-Maur : Nicolas va vous apprendre à mettre vos légumes en bocaux

En plus de l’ouverture de son restaurant et de sa champignonnière bio, Nicolas Josse va créer une conserverie. Ces ateliers permettront aux volontaires d’apprendre à mettre en bocaux les légumes de saison.

 Nicolas Josse ouvrira en janvier 2021 une conserverie, associée à un restaurant, à Saint-Maur (Val-de-Marne).
Nicolas Josse ouvrira en janvier 2021 une conserverie, associée à un restaurant, à Saint-Maur (Val-de-Marne). LP/Laure Parny

Certains se sont mis au jardinage pendant le confinement et ne savent plus quoi faire de leurs tomates. D'autres adhèrent à une Amap et croulent sous les premiers choux… Grâce aux marchés, les betteraves et poires en promotion en fin de matinée ont séduit des gourmands, qui aimeraient les conserver pour les manger plus tard. Dans tous les cas, Nicolas Josse a la solution : la conserve!

Les bons vieux bocaux et leur caoutchouc orange, comme les utilisaient nos grands-mères, reviennent à la mode. Mais les citadins n'en connaissent pas tous le mode d'emploi. Pour inciter les Saint-Mauriens à profiter des fruits et légumes de saison quand ils sont nombreux et peu chers, le fondateur de l'épicerie bio et en circuit court Altermarché revient avec la création d'une conserverie. Le lieu ouvrira en janvier prochain dans un local de 100 mètres carrés qui sera aussi un restaurant.

Une initiative sélectionnée par la région

L'initiative a été sélectionnée par la région Ile-de-France dans le cadre de l'appel à projets du budget participatif écologique. Après 174 votes de Franciliens et si elle fait partie des lauréats, la conserverie bénéficiera de 10 000 euros pour acheter un autoclave, une sorte de grande cocotte-minute dans laquelle on peut stériliser 60 à 80 bocaux.

Champignons, tomates ou encore poires peuvent facilement être mis en conserves. LP/Laure Parny
Champignons, tomates ou encore poires peuvent facilement être mis en conserves. LP/Laure Parny  

« L'aide de la région me permettra aussi de financer ma formation de conservateur et de convaincre les banques de nous aider », précise Nicolas Josse, dont le sous-sol est déjà bien rempli de conserves maisons. Compotes, poires au sirop, tomates ou encore haricots verts sont ainsi parfaitement consommables en toute saison.

Fruits, légumes et sauces peuvent se conserver ainsi

« Que ce soit avec les fruits de son jardin, ceux d'une Amap ou encore les légumes moches achetés à petits prix en fin de marché, on peut se régaler toute l'année en ayant acheté les denrées au moment où elles sont de saison, parfumées et peu chères », argumente le fondateur d'Altermarché. Depuis 2017, il a lancé une épicerie de produits bio ou en circuits courts, puis un service traiteur. D'ici à janvier 2021, il dirigera également un restaurant, un incubateur pour des nouveaux chefs et une champignonnière, notamment grâce à ses nouveaux locaux, situés place Rimini.

L'appel au financement participatif

Une campagne de crowdfunding pour soutenir et faire connaître la partie conserverie du projet est prévue à la fin du mois d'octobre. « Il faut juste passer l'appréhension de faire ses conserves chez soi, mais c'est tout à fait faisable, insiste Nicolas Josse, 48 ans. Et puis, pour beaucoup, ça fait partie des souvenirs d'enfance auprès de nos grands-parents qui font chaud au cœur. »

Le développement de la conserverie sera notamment permis par un partenariat à venir avec la mairie. La ville espère faire profiter ces bénéficiaires du centre communal d'action sociale d'ateliers pour apprendre à faire ses conserves. « C'est une très belle initiative, à la fois pour apprendre à manger sain et pour être acteur de son alimentation, approuve Hélène Leraitre, adjointe au maire déléguée aux affaires sociales, à la solidarité et vice-présidente du CCAS. La ville a déjà soutenu l'ouverture d'une épicerie solidaire en 2016. On peut imaginer que les bénéficiaires de ces légumes moins chers apprennent ensuite à les conserver grâce aux ateliers. »

Les sessions de formation, qui seront organisées pour des groupes de six à huit personnes, coûteront 30 à 40 euros par personne pour une demi-journée, bocaux fournis. Soit les participants apportent leurs légumes, soit Nicolas Josse en achètera auprès du maraîcher d'insertion de Chennevières, Valbio.

Rien qu'au sein du Truc de Saint-Maur (pour Territoire récréatif d'utilité collective), l'association qui gère une Amap, des ateliers « faire soi-même » et des commandes groupées en circuits courts, les volontaires devraient accourir. « A Saint-Maur, nous avons la culture du marché et beaucoup ont des potagers, défend Christine Douhard, coprésidente du Truc. Savoir conserver de bons fruits et légumes, c'est essentiel ! »

Pour suivre l'évolution du projet, consulter la page Facebook d'Altermarché SAS ou sur le site : https://altermarche.fr/