Pourquoi les dossiers de surendettement ont chuté de 23 % dans le Val-de-Marne en 2020

Le premier confinement, la réduction des dépenses face à la crise et la souplesse des créanciers expliquent cette baisse, selon la Banque de France. En cas de dette, elle conseille de ne pas attendre et de contacter l’un des six Points Conseil Budget du Val-de-Marne.

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 Créteil, mardi. Maryse Chabaud, directrice départementale de la Banque de France, est secrétaire de la commission de surendettement du Val-de-Marne.
Créteil, mardi. Maryse Chabaud, directrice départementale de la Banque de France, est secrétaire de la commission de surendettement du Val-de-Marne.  LP/Marine Legrand

Un signe positif en trompe-l'œil. Le nombre de dossiers de surendettement a chuté de 23 % dans le Val-de-Marne en 2020, selon le bilan dressé mardi par la Banque de France. À l'instar du chômage et des redressements judiciaires qui ont reculé eux aussi l'an dernier, il pourrait s'agir d'une accalmie qui cache la future tempête.

« 1851 familles val-de-marnaises ont demandé en 2020 à bénéficier de la procédure de surendettement », constate Maryse Chabaud, secrétaire de la commission départementale de surendettement et directrice de la Banque de France dans le Val-de-Marne. Soit une baisse quasi identique qu'au niveau national (-24 %).

37 % ont vu leur dette effacée

Trois raisons expliquent ce constat, selon elle. Le premier confinement en mars 2020, très strict, a créé des retards dans l'acheminement du courrier, fermé de nombreuses structures d'aide sociale, compliqué le contact avec les travailleurs sociaux, etc. « Un tiers des dossiers ne nous sont pas arrivés durant cette période. On s'attendait à un rattrapage et une explosion des demandes en septembre, octobre. » Elle avait prévu le personnel pour faire face à cette vague… qui n'a jamais eu lieu. « Les dépôts se sont accélérés en France à cette période-là mais pas dans le Val-de-Marne. Décembre 2020 et janvier 2021 sont même en recul ici comparé à 2019 et 2020. »

La deuxième raison ? Les ménages ont moins dépensé durant cette pandémie : fermetures de magasins, couvre-feu, restrictions de voyage, changements de vie radicaux (perte d'emploi, confinement…), etc. En parallèle, certains bénéficiaient du chômage partiel ou recevaient de nouvelles aides financières. De quoi éviter à certains budgets de virer au rouge vif.

Enfin, les créanciers ont joué le jeu et fait des efforts face à cette crise sans précédent. Beaucoup d'établissements de crédit ont accepté de reporter certaines mensualités de remboursement.

Endetté, «n'attendez surtout pas»

Malgré tout, près de cinq dossiers par jour sont arrivés sur les bureaux de la commission de surendettement. Mais 37 % ont vu leur dette effacée (rétablissement personnel sans liquidation judiciaire), la commission décidant de leur offrir une seconde chance et de repartir à zéro. Au total, 80 % ont trouvé des solutions pérennes. Par exemple, certains propriétaires ont vu leurs prêts immobiliers étalés jusqu'à 25 ans, certains créanciers se sont vus imposer par la commission d'étaler la dette sur sept ans…

« Nous nous attendons à un rebond des demandes en 2021 mais sans savoir quand, ni de quelle ampleur », confie Maryse Chabaud.

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Pour l'instant, elle conseille à toute personne confrontée à des dettes de « ne surtout pas attendre. Sinon, elle risque de perdre pied et d'aggraver sa situation ». Le ménage concerné peut contacter la Banque de France à Créteil (01.46.41.15.00) ou l'un des onze Points Conseil Budget où des travailleurs sociaux l'accompagneront : UDAF à Boissy-Saint-Léger, CRESUS à Villejuif, CCAS de Vitry, AMLI à Bry-sur-Marne, ADAC à Rungis et Nouvelles Voies à Créteil, Villeneuve-Saint-Georges et Choisy-le-Roi.