Noiseau : le projet de prison toujours en attente

Le maire LR de Noiseau Yvan Femel et la députée MoDem Maud Petit ont rencontré ce lundi le cabinet du nouveau ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti pour plaider contre le projet de prison en stand-by depuis 2018.

 Noiseau, novembre 2018. Près d’un millier de personnes, élus de tous bords et habitants, ont manifesté pour s’opposer à la construction de la prison de 700 places annoncée par le ministère de la Justice.
Noiseau, novembre 2018. Près d’un millier de personnes, élus de tous bords et habitants, ont manifesté pour s’opposer à la construction de la prison de 700 places annoncée par le ministère de la Justice. LP/Denis Courtine

L'annonce en fin de semaine dernière de l'abandon du projet de centre pour détenus en fin de peine à Limeil-Brévannes fait renaître l'espoir à Noiseau. Et pourtant, le projet de centre pénitentiaire évoqué pour la première fois il y a déjà presque trois ans n'est pour le moment pas plus avancé. Dans un sens comme dans l'autre.

Contre une telle implantation, le maire LR de Noiseau Yvan Femel et la députée MoDem Maud Petit ont rencontré ce lundi matin le cabinet du ministre de la Justice. Espérant trouver auprès de l'ancien avocat Eric Dupond-Moretti les réponses que sa prédécesseuse Nicole Belloubet n'avait jamais données.

Une réunion technique de laquelle les élus ne sont pas sortis plus informé sur l'avancement du projet de ce centre pénitentiaire de 700 places qui doit normalement trouver sa place sur 149 ha de terres agricoles d'ici 2027.

Le projet n'est « ni écarté, ni confirmé »

En juin 2019, l'ex-garde des Sceaux Nicole Belloubet avait promis une réponse avant la fin de la même année. Depuis, silence radio. Le rendez-vous de ce lundi matin était donc l'occasion de faire connaissance avec la nouvelle équipe et de tâter le terrain.

« Comme ma collègue de Limeil-Brévannes a eu la chance de voir annuler le projet de structure d'accompagnement à la sortie de prison la semaine dernière, j'ai demandé à être reçu, justifie Yvan Femel. Le nouveau cabinet de la Chancellerie a découvert le projet de prison à Noiseau cet été, tout est encore flou et aucune étude n'est lancée. Le projet est donc toujours en stand-by, ni écarté, ni confirmé ».

Le projet qui fait l'unanimité contre lui dans le Val-de-Marne est initialement prévu pour s'implanter sur des terres agricoles qui appartiennent au territoire Grand Paris Sud Est Avenir. Là où Yvan Femel souhaite aménager un agroquartier de 300 logements, dont 30 % de sociaux, un incubateur de start-up, un dépôt de bus et développer l'agriculture urbaine en circuit court.

« Nous avons réaffirmé notre totale opposition à ce projet et avons argumenté sur tous les points factuels et objectifs qui justifient cette position tranchée : taille de la commune au regard d'un tel établissement, éloignement du tribunal de Créteil et du commissariat de police, pas de centre hospitalier à proximité, pas de transport en commun en nombre suffisant, accès par une rue unique saturée matin et soir, consommation d'espaces agricoles et naturels, protection de la biodiversité, proximité du couloir aérien d'Orly… », a continué d'argumenter le maire de Noiseau dont l'enjeu de la prison a particulièrement pesé sur la campagne des dernières municipales.

Contacté ce lundi après-midi, le cabinet du ministre de la Justice n'a pas donné suite.

Reste que, quelques semaines avant sa nomination à la tête de la chancellerie, Eric Dupond-Moretti avait signé l'appel de l'Observatoire international des prisons à Emmanuel Macron l'invitant à poursuivre la baisse de la population carcérale consécutive à la crise sanitaire.

« […] En deux mois, le nombre de personnes détenues a été réduit de plus de 13 500. Cette situation fait naître un fol espoir. Car si elle résulte de circonstances exceptionnelles, elle impose une évidence incontestable : réduire la population carcérale, prendre en charge en milieu libre ceux qui peuvent ou doivent l'être, n'est ni déraisonnable, ni dangereux. C'est, au contraire, une mesure de salut public », signait ainsi celui qui était encore avocat et fervent défenseur des conditions dignes de vie carcérales.