Musique : Maska, le rappeur de Sexion d’Assaut goûte à la vie «en solo»

L’artiste nous a reçus chez lui, dans le Val-de-Marne, pour évoquer la sortie ce vendredi d’«Etoile de Jour», album de la «maturité artistique» qui se veut le premier volet d’une trilogie.

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 Malgré son travail en solo, Maska (ici chez lui, dans le Val-de-Marne) n’oublie pas ses camarades de Sexion d’Assaut, qu’il doit retrouver cet été en tournée.
Malgré son travail en solo, Maska (ici chez lui, dans le Val-de-Marne) n’oublie pas ses camarades de Sexion d’Assaut, qu’il doit retrouver cet été en tournée. LP/Fanny Delporte

Il donne rendez-vous chez lui, dans une petite commune du Plateau Briard, dans le Val-de-Marne. Ouvre en avance son portail pour laisser se garer. Et fait visiter sa maison le plus simplement du monde avant d'offrir un café. Chez Bastien Vincent, alias Maska, il n'y a que les cadres contenant des disques dans son studio en construction qui permettent de faire le lien avec le succès de Sexion d'Assaut.

Et encore, ce n'est pas lui qui les montre. A 35 ans, neuf ans après la sortie de « l'Apogée », l'artiste sort ce vendredi un EP de huit titres, baptisé « Etoile de Jour ». Le premier volet d'une trilogie, mais pas le premier album solo pour Maska, qui doit par ailleurs retrouver ses comparses cet été pour une tournée déjà presque complète malgré la situation sanitaire.

La bonne étoile? « Etoile de jour » est « le fruit de toutes les expériences que j'ai eues, artistiques et personnelles », résume Maska, qui a laissé passer deux ans avant de concrétiser ce projet. Après une année à créer de nombreux morceaux sans en « garder aucun », explique l'artiste qui écrit également pour d'autres, comme Black M, membre de la Sexion d'Assaut. C'était avant de rencontrer Nino Vella, « un compositeur qui a bossé pour Yannick Noah, Arcadian, Soprano » et qui l'a aidé à atteindre son objectif – « Que la mélodie serve le texte » – avec peu de sessions en studio, mais toutes « très efficaces ». Huit premiers titres qui constituent « la dernière pièce d'un puzzle en construction depuis des années », avance Maska, qui se dit arrivé à « maturité artistique ».

La mutation. « J'avais déjà fait des morceaux solo avant Sexion d'Assaut, rappelle Maska. J'étais bien dans le groupe. Quand on a décidé de faire nos carrières simultanées ça m'a été un peu imposé dans le sens où je n'y étais pas préparé. Mais j'ai accepté totalement ce destin-là. » Se lancer en solo lui a demandé un peu de boulot. « Dans le groupe on avait tous une tâche. Moi, j'apparaissais volontairement sur les titres calmes, qui demandaient pas mal d'écriture parce que c'est ce que je préfère faire. D'autant qu'on était nombreux, ça permettait donc d'avoir un rôle clair aux yeux du public. » Cours de chant, de piano, de guitare, il approfondit certaines notions, estimant que ce qu'il a vécu avec Sexion d'Assaut « ne suffit pas pour être un artiste solo ».

Maska lors d’un concert avec Sexion d’Assaut au Printemps de Bourges, en avril 2011. LP/Jean-Baptiste Quentin
Maska lors d’un concert avec Sexion d’Assaut au Printemps de Bourges, en avril 2011. LP/Jean-Baptiste Quentin  

Vers la «Voie lactée». Ce nouveau monde en solo, Maska « l'appréhendait ». « J'avais peur de la réaction du public qui me suivait plus pour Sexion d'Assaut, avec ce côté rappeur, mais rap un peu dur. Il était l'expression de la sensibilité que j'avais, qui se traduisait sous forme de violence. Avec le temps, la maturité, cette sensibilité s'exprime beaucoup mieux. Il n'y a rien de violent dans l'album. » « Voie lactée », premier titre à être sorti, est d'après lui « à l'image de l'EP, une métaphore entre la vie artistique et l'étoile, la voie lactée, l'espace ». « Honneur », « Vérité », « Sans fin », « S'aimer seul »… Ce sont quelques-uns des morceaux qu'il livre avec ce projet et qu'il qualifie d'« assez intimes », convaincu que « l'authenticité est la meilleure manière de toucher les autres ».

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«Une grosse tête divisée en sept». « On ne traîne pas dans les boîtes ou les soirées branchées. Aucun de nous n'a le permis et on prend le métro. Beaucoup de gens s'identifient à nous », expliquait Maska en juin 2010 pour tenter de comprendre le succès du collectif. « Avec le groupe, la grosse tête était divisée en sept », analyse-t-il aujourd'hui. Une « bande de potes » qui a « gardé les pieds sur terre ». Dix ans plus tard, l'intérêt du public n'est pas retombé : « Cet été, Sexion d'Assaut repart en tournée et elle est quasiment pleine, explique Maska. Ça va être beau. C'est quand j'arrive à maturité que le groupe revient. J'ai envie de montrer de quoi je suis capable maintenant. »