Municipales à Rungis : la plaine de Montjean au cœur de la succession de Charresson

Trois candidats se disputent la suite de Raymond Charresson, élu depuis 1977 et maire depuis 2001.

 Rungis. Un peu plus de 240 logements seront bâtis dans la première phase d’urbanisation de la plaine de Montjean.
Rungis. Un peu plus de 240 logements seront bâtis dans la première phase d’urbanisation de la plaine de Montjean. DR

C'est l'élection de la succession. À Rungis, le maire Raymond Charresson (SE) tire sa révérence à 77 ans, après 43 ans d'engagement municipal dont 19 comme maire, poussé par l'âge afin de « ne pas faire le mandat de trop ».

REPÈRES

Nombre d’habitants : 5 677.

Sièges à pourvoir : 29.

Maire sortant : Raymond Charresson (SE), 77 ans. Trois mandats.

Têtes de liste : Bruno Marcillaud (SE), Béatrice Willem (SE) et Jérôme Hajjar (SE).

Les résultats de 2014 : Raymond Charresson (DVD), 55,26 % ; Philippe Croq (SE), 44,73 %. Premier tour : Raymond Charresson (DVD), 47,71 %, Philippe Croq (SE), 34,94 %, Jérôme Hajjar (UMP), 17,33 %.

Un bilan riche. L'édile laisse derrière lui un village qu'il a contribué à passer de 2 900 à 5 600 habitants entre 1977 et aujourd'hui. Lors de ses vœux, fin janvier, il a rappelé ses grandes opérations : le quartier des Antes qui a doublé la superficie et la population de Rungis, des logements sociaux insérés dans le tissu urbain, la Maison de la petite enfance, le futur conservatoire mais surtout la 1 re phase d'aménagement de la plaine de Montjean : 240 logements, 20 ha de maraîchage bio, d'espaces naturels et d'équipements. « Je peux dire, avec modestie, que je suis content de moi. »

Rungis, janvier 2016. Raymond Charresson est maire depuis 2001. LP/Quentin Laurent
Rungis, janvier 2016. Raymond Charresson est maire depuis 2001. LP/Quentin Laurent  

Trois listes. Bruno Marcillaud (SE), 58 ans, directeur d'un groupe d'agences immobilières dédiées aux hôtels, bars et restaurants, adjoint de 2001 à 2014, qui réunit la plupart des élus anciens et actuels; Béatrice Willem (SE), 63 ans, ex-chef de service à la Banque de France, élue depuis 1995 et première adjointe depuis 2001; Jérôme Hajjar (SE), 48 ans, patron d'une entreprise d'import-export à Rungis, déjà candidat en 2014.

Plaine de Montjean : stop ou encore ? Bruno Marcillaud promet de se battre pour « faire annuler la seconde tranche de 450 logements ». Hors de question de « bétonner l'une des dernières terres agricoles franciliennes, de grande qualité, cultivée depuis des décennies ». Même combat pour Jérôme Hajjar, qui tacle Raymond Charresson : « En mars 2014, il écrivait sur un tract que la plaine n'était pas constructible. Au dos du même tract, il écrivait : Construire sur la plaine devient une obligation. » Seule Béatrice Willem approuve le projet : « Le but est de rapprocher les logements des emplois, presque 30 000 entre le MIN, Icade et les zones d'activités. Sinon, on aura les véhicules de toute façon. Le maire a limité les dégâts en réduisant à 900 logements contre les 2 000 voulus par l'Etat. Il a négocié le maintien d'espaces verts, une ferme en permaculture… On a plutôt intérêt à nous faire discret pour espérer voir la seconde tranche retardée au maximum. »