Marché de Rungis : «La chaîne alimentaire a tenu et elle tiendra»

Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, et Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État auprès de la ministre du Travail, ont arpenté le MIN pendant plus de trois heures à la rencontre de ceux qui y travaillent.

 Rungis, ce vendredi matin. Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et Laurent Pietraszewski, Secrétaire d’État auprès de la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, chargé des Retraites et de la Santé au travail se sont rendus à Rungis pour échanger avec les entreprises et la direction sur l’application des mesures sanitaires de prévention contre la covid-19.
Rungis, ce vendredi matin. Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et Laurent Pietraszewski, Secrétaire d’État auprès de la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, chargé des Retraites et de la Santé au travail se sont rendus à Rungis pour échanger avec les entreprises et la direction sur l’application des mesures sanitaires de prévention contre la covid-19. LP/F.D.

« Commencer la journée avec une petite huître, c'est toujours une bonne chose ». Il est 6h30 au rez-de-chaussée de la tour Semmaris, cœur administratif du marché de Rungis où il ne faut pas forcément s'attendre à démarrer la journée par un café. Vendredi, c'est avec une bourriche d'huîtres que Julien Denormandie et Laurent Pietraszewski ont été accueillis. En d'autres temps, ils auraient eu droit en fin de visite à la traditionnelle entrecôte-frites. Mais ça, c'était avant.

Une semaine après le début d'un nouveau confinement pour lutter contre le Covid-19, le ministre de l'Agriculture et le secrétaire d'Etat auprès de la ministre du Travail étaient réunis pour une visite conjointe sur le thème du protocole sanitaire pour les entreprises et de la santé au travail. Ce alors qu'un protocole sanitaire strict a été mis en place pour garantir la protection de la santé des salariés ne pouvant pas télétravailler.

Et c'est le cas des entreprises et fournisseurs du Marché International de Rungis. « Vous êtes ici sur le plus grand marché du monde, leur annonce le patron du marché Stéphane Layani. Sa surface est plus grande que celle de Monaco ». Gestes barrière et distanciation sociale doivent aussi être respectés dans ce lieu grouillant.

Au total, 12 000 personnes travaillent au marché de Rungis. Ici, la tour Semmaris visible de tout le marché. LP/F.D.
Au total, 12 000 personnes travaillent au marché de Rungis. Ici, la tour Semmaris visible de tout le marché. LP/F.D.  

«Ceux qui voient leur activité baisser n'y sont pour rien»

« Ce qu'on voit, c'est que ça fonctionne. On est accompagnés par un médecin du travail qui l'a constaté aussi », explique Laurent Pietraszewski au milieu de cartons de fruits et légumes, alors que la visite est déjà bien entamée. « Ceux qui sont derrière nous et qui voient une baisse de leur activité n'y sont pour rien », analyse Julien Denormandie.

Objectif ce vendredi : remonter le moral des troupes. Car « Rungis, c'est la France », leur explique un grossiste. « La chaîne alimentaire a tenu et elle tiendra », martèle Julien Denormandie. Un tour au pavillon des cochons, aux fruits et légumes, au pavillon du bio, leur a permis disent-ils de s'en assurer.

Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et Laurent Pietraszewski, Secrétaire d’État auprès de la ministre du Travail se sont rendus à Rungis pour échanger avec les entreprises et la direction sur l’application des mesures sanitaires de prévention contre le covid-19. LP/F.D.
Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et Laurent Pietraszewski, Secrétaire d’État auprès de la ministre du Travail se sont rendus à Rungis pour échanger avec les entreprises et la direction sur l’application des mesures sanitaires de prévention contre le covid-19. LP/F.D.  

Une toute petite partie du MIN qui compte au total 1 200 entreprises, 12 000 salariés. Depuis le début de la crise sanitaire, « nous n'avons pas eu de perte d'emplois, explique Stéphane Layani. Les grossistes ont besoin de salariés et ont du mal à les trouver ». Ce « haut lieu du patrimoine gastronomique français » comme il se définit séduit toujours hors de France. « Nous avons des Belges et des Anglais qui viennent directement ici parce qu'ils adorent les produits locaux d'Ile-de-France », explique un membre de la DDPP, la direction départementale de la protection des populations rattachée à la préfecture du Val-de-Marne.

«Ici, on se serre les coudes»

« C'est un lieu très attachant », confie Véronique Gillardeau, une Belge originaire d'Anvers. Ostréicultrice et productrice d'huître, elle est depuis l'an dernier à la tête de la Maison Blanc, au sein de la Marée, l'un des plus importants ports de France en termes de volume. Et comme beaucoup, cette responsable a vu son activité « baisser ». « Mais ici on se serre les coudes, assure-t-elle. Dans chaque pavillon on connaît quelqu'un. C'est un bled ! ».

C’est à la « chaîne alimentaire » tout entière que le ministre de l’Agriculture a appelé à « faire confiance » vendredi. Ici, au pavillon du porc. LP/F.D.
C’est à la « chaîne alimentaire » tout entière que le ministre de l’Agriculture a appelé à « faire confiance » vendredi. Ici, au pavillon du porc. LP/F.D.  

Personne au sein de ce lieu si particulier ne niera cette « convivialité ». « Mais ce dont on a besoin en ce moment c'est de visibilité », rappelle ce grossiste en plantes à Julien Denormandie. Il estime que son activité a baissé « de 40, 50 % ». Jusqu'à moins 70 % pour son collègue dans le domaine des fleurs coupées. « On a fait 500 km pour venir vous voir », annoncent au ministre deux professionnels venus de la Sarthe. Désespérés de devoir chaque jour « jeter 200 000 fleurs à la poubelle. »

Privilégier les «produits frais français»

Ils n'ont « pas vu un centime » de « l'enveloppe de 25 millions » annoncée par le gouvernement. « Des travaux ont lieu en ce moment avec la filière pour faire passer ce moment difficile », assure Julien Denormandie qui leur assure que « tout est fait » pour les aider. Pas franchement de quoi rassurer les Sarthois : « Le premier confinement nous avait coûté une fortune, le deuxième nous coûte déjà plus cher ». Il y a quelques mois, le pavillon des fleurs avait totalement fermé, comme le racontait fin juin le patron des grossistes du MIN.

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C'était au moment où une plate-forme de vente directe aux Franciliens, une première, fonctionnait bien. Elle n'est plus accessible aujourd'hui. « Le Marché de Rungis n'a pas vocation à faire de la vente directe aux particuliers », expliquait alors Jean-Michel Peuch, plaidant pour que l'ADN du marché soit « conservé ». C'est à la « chaîne alimentaire » tout entière que le ministre de l'Agriculture a appelé à « faire confiance » vendredi depuis le MIN, indispensable maillon. Pour qu'elle « puisse tenir », le ministre de l'Agriculture a appelé « chacun » à y contribuer « en consommant des produits frais français ».