Maisons-Alfort : à l’arrivée des policiers, un homme ligoté à une chaise, le front en sang

Deux individus ont été interpellés alors qu’ils frappaient un homme attaché dans un appartement du Square Dufourmantelle, à Maisons-Alfort, durant la nuit de mardi à mercredi. Un policier a été blessé lors de l’intervention.

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 Maisons-Alfort, ce mercredi midi. Un homme a réussi à fuir les policiers par un balcon du 4e étage d’un immeuble du Square Dufourmantelle durant la nuit de mardi à mercredi. Deux complices ont été interpellés.
Maisons-Alfort, ce mercredi midi. Un homme a réussi à fuir les policiers par un balcon du 4e étage d’un immeuble du Square Dufourmantelle durant la nuit de mardi à mercredi. Deux complices ont été interpellés.  LP/Sylvain Deleuze

Une victime en caleçon attachée à une chaise. Un malfaiteur monte-en-l'air qui prend la poudre d'escampette en passant par le balcon. Deux suspects ont été arrêtés non sans difficulté puisqu'un policier a été blessé. Une scène digne d'un film sortie de l'imagination peu fertile d'un scénariste, tournée dans une résidence des années 1930 ? Que nenni !

Durant la nuit de mardi à mercredi, les policiers, qui intervenaient au départ pour une suspicion de violences conjugales, se sont retrouvés pris au milieu d'une affaire de séquestration, dans la résidence HLM du Square Dufourmantelle, à Maisons-Alfort (Val-de-Marne). « Deux hommes, âgés de 21 et 24 ans, ont été interpellés alors qu'ils en frappaient un autre attaché à une chaise dans un appartement », détaille le parquet de Créteil avant de préciser en fin de journée mercredi que « leur garde à vue a été prolongée. »

Un riverain appelle police secours

Vers 22 heures, une patrouille de policiers se rend dans cet ensemble d'immeubles, datant des années 1930 en briques rouges, après un coup de téléphone au 17. Des cris s'échapperaient d'un appartement. Sur place, les policiers prennent contact avec le témoin qui leur montre le logement du 4e étage duquel sortiraient des cris.

Face à un possible différent au sein d'un couple, les fonctionnaires en uniforme investissent la cage d'escalier, montent à l'appartement et frappent à la porte à plusieurs reprises tout en annonçant leur fonction.

Un homme cagoulé ouvre la porte. Interloqués, les policiers sortent leur arme de service immédiatement alors que deux autres personnes au visage également dissimulé apparaissent au fond de l'appartement.

Une victime attachée à une chaise et frappée

Le premier suspect fait mine de s'allonger au sol avant de forcer le passage. S'ensuit une lutte sur le palier puis une chute avec l'un des fonctionnaires dans l'escalier. Pour lui passer les menottes, ces derniers ont dû utiliser le pistolet à impulsion électrique à plusieurs reprises. Dans sa chute, l'un des policiers s'est blessé au bras et à un genou. Hospitalisé, il est ressorti avec 10 jours d'incapacité totale de travail (ITT).

En même temps, d'autres policiers ont pénétré dans l'appartement à la suite des deux autres suspects. L'un fonce sur le balcon et saute, de balcon en balcon, avant de disparaître dans la nuit glaciale. Le second est menotté à son tour.

Dans une pièce, les fonctionnaires « découvrent un homme en caleçon, ligoté à une chaise, le front en sang, comme le précise le parquet de Créteil. Il a reçu de nombreux coups sur le visage. » A ses pieds, une arme de poing ensanglantée et un couteau. Blessée à la tête, la victime a été évacuée vers le centre hospitalier Henri-Mondor, à Créteil. Ses jours ne sont pas en danger.

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Les deux suspects ont été placés en garde à vue dans les locaux de la sous-direction de la police judiciaire (SDPJ) du Val-de-Marne, en charge de l'enquête. Règlement de comptes ? Dette possiblement liée à un trafic de stupéfiants ? Affaire familiale ? « Aucune hypothèse n'est écartée, indique le parquet de Créteil. Visiblement, les malfaiteurs cherchaient quelque chose de précis. »

Ce mercredi, le calme était revenu dans cette résidence classée à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques, de 600 logements. « La résidence est belle. Les appartements sont sympas mais il y a quelques soucis autour des jeunes qui traînent », glisse une riveraine.