Les vélo-écoles en plein boom dans le Val-de-Marne

La crise sanitaire et les coronapistes aménagées en Ile-de-France amènent toujours plus d’élèves dans les vélo-écoles du Val-de-Marne. Une troisième a ouvert ce samedi à Marolles-en-Brie.

 Marolles-en-Brie, ce samedi. Mina, 57 ans, apprend pour la première fois à faire du vélo à la nouvelle vélo-école ouverte par l’association le Nez au vent.
Marolles-en-Brie, ce samedi. Mina, 57 ans, apprend pour la première fois à faire du vélo à la nouvelle vélo-école ouverte par l’association le Nez au vent. LP/Marion Kremp

Les deux pieds à terre, le guidon encore peu assuré, Mina enchaîne les allers-retours avec l'appréhension du débutant. Pas facile d'apprendre à faire du vélo à 57 ans. Mais cette habitante de Santeny ne manque pas d'envie. En moins d'une heure, voilà qu'elle tente les pédales. Son sourire se devine derrière le masque, une satisfaction d'enfant qui regonfle et commence déjà à estomper la peur.

Comme quatre autres adultes qui viendront plus tard dans la journée pour un cours particulier, Mina s'est inscrite à la nouvelle vélo-école qui ouvrait ce samedi après-midi à Marolles-en-Brie. Portée par l'association Le nez au vent, c'est la troisième qui ouvre dans le Val-de-Marne, aidée par Partage ta rue qui avait lancé la première école à Créteil dès 2006. Et depuis le début de la crise sanitaire les demandes explosent pour apprendre à pédaler au quotidien.

Les trois quarts des élèves sont de débutants

« C'est la première fois que je refais du vélo après une chute quand j'avais 8 ans qui m'avait traumatisée au point de ne plus jamais remonter sur un vélo, raconte Mina. Ça faisait deux ans que je cherchais à apprendre pour me balader comme les autres à bicyclette, j'ai plus envie d'avoir peur ! »

95 % des élèves sont des femmes qui n'ont jamais appris à faire du vélo. « Elles sont le plus souvent issues de l'immigration, il y a un biais culturel qui explique cela. Mais aussi le fait qu'en ville, les gens apprennent moins à faire du vélo qu'ailleurs », analyse Philippe Ungerer de l'association Partage ta rue à Créteil.

Selle basse, sans pédale, les débutants qui sont plus des trois quarts des inscrits dans les vélo-écoles, commence par se familiariser avec l'engin. Trouver leur équilibre, prendre confiance sur un terrain plat avant de s'aventurer dans la circulation.

VIDÉO. Charlotte démarre le vélotaf et c'est pas si simple (mais on l'a aidée)

Ça, c'est la dernière étape, celle qui a vu arriver de nouveaux élèves depuis le début de la crise sanitaire et le développement des coronapistes pour se rendre sur leur lieu de travail ou à l'école. Soit un quart des cohortes d'élèves qui viennent apprendre le Code de la route à vélo.

De quoi faire exploser le nombre d'inscrits à Créteil notamment où déjà 800 « stagiaires » ont été formés. Avant la vélo-école de Marolles, une deuxième avait ouvert à Ivry-sur-Seine il y a trois ans, accompagnée elle aussi par Partage ta rue.

« Le vélo est devenu depuis la crise sanitaire une solution crédible de déplacement, les ventes de vélos électriques ont aussi permis de faire sauter le pas aux salariés qui voulaient éviter les transports en commun. Et les pistes cyclables temporaires ont été le facilitateur. Beaucoup de gens viennent nous voir pour apprendre à trouver leur place dans la circulation en toute sécurité », explique Philippe Ungerer dont l'école de Créteil enregistre une liste d'attente de plusieurs mois.

Maxime, bientôt 10 ans, n'avait pas pédalé depuis presque deux ans. Les réflexes reviennent petit à petit et l'envie de sortir du circuit de la vélo-école est déjà pressante. « Mes parents m'ont acheté un vélo, mon objectif c'est d'aller au collège avec », annonce le garçon motivé.

La loi d'orientation des mobilités de décembre 2019 mentionne la généralisation à terme du « savoir monter à vélo », comme cela est le cas du « savoir nager » à l'école.

« Il y a un vrai retard en France par rapport à d'autres pays européens. Notre objectif est d'intervenir dans les écoles, notamment avec les élèves de CM2 de Marolles pour qu'ils puissent être autonomes, et venir ensuite au collège à vélo. L'idée c'est aussi que lorsqu'ils seront automobilistes, ils sauront respecter les cyclistes en connaissance de cause pour un meilleur partage de la chaussée en toute sécurité », justifie Agnès Laszczyk, présidente de l'association le Nez au vent à Marolles mais aussi administratrice de la fédération nationale des usagers de la bicyclette.