Législative partielle dans le Val-de-Marne : en tête, le PS n’obtient pas le retrait d’EELV

Isabelle Santiago (PS) arrivée en tête du scrutin (33,73 %) affrontera l’écologiste Sandra Regol (17,35 %), bien décidée à se maintenir.

 A gauche, Isabelle Santiago (PS) et à droite Sandra Regol (EELV).
A gauche, Isabelle Santiago (PS) et à droite Sandra Regol (EELV). DR

« Une tradition. » Dans la 9e circonscription (Alfortville - Vitry) du Val-de-Marne, la gauche s'est de tout temps entendue. Alors le député PS sortant, Luc Carvounas, qui avait adoubé Isabelle Santiago pour lui succéder, ne décolère pas.

Ce dimanche soir, au prononcé des résultats du premier tour de la législative partielle, sur le perron de la mairie d'Alfortville qu'il a retrouvée en mars, il a appelé la candidate écologiste Sandra Regol, arrivée 2 e (17 % environ*) au « désistement républicain », au profit de sa candidate. A ses côtés, Isabelle Santiago était tout sourire, appuyée sur sa béquille, malgré une entorse, forte de ses 34 % environ. Un joli cadeau pour son anniversaire, lui donnant « une énergie incroyable », comme elle l'a évoquée sur sa page Facebook.

« C'est dans l'histoire de cette circonscription. René Rouquet (NDLR : ancien député PS et maire d'Alfortville) s'est désisté en 1993 au profit de l'ancien maire de Vitry-sur-Seine. A gauche, on a toujours su se retirer au profit du candidat arrivé en tête », rappelle Luc Carvounas.

Des négociations qui démarrent mal pour les départementales

Mais Sandra Regol l'avait clairement dit ce dimanche : « Donner le choix aux électeurs est un acte républicain, un devoir : nous l'assumerons, par respect démocratique ». Et le redit ce lundi : « Je ne savais pas que je participais à une primaire à gauche. » « Très en colère » aussi d'être assimilée à la droite ou l'extrême droite, contre lesquelles la gauche brandit en général « le désistement républicain ».

Une passe d'armes qui a alimenté un peu plus sur les réseaux sociaux les échanges fratricides entre les deux camps depuis le début de la campagne. « Cette décision va avoir un impact localement et complique les négociations pour les départementales et les régionales », regrette Jonathan Kienzlen, premier fédéral du PS94.

Pour son homologue d'EELV 94, Nadine Herrati, cette situation reflète un changement d'ère : « Les écologistes ne sont plus les supplétifs du PS ou du PCF. »

Mais ce lundi, Luc Carvounas martèle, un brin agacé : « Se maintenir, c'est vouloir gagner sur la candidate la mieux placée avec des voix de droite. »

Des réserves de voix

Et la réplique ne s'est pas fait attendre. « Considérer que les 87 % d'abstentionnistes sont à droite ou n'existent pas c'est un problème », assène la numéro 2 d'EELV. Si les gens n'ont pas voté, ce n'est pas juste le Covid, juste la partielle. C'est un message très clair aux politiques. Je ne sais pas si nous sommes la seule réponse. Mais leur offrir le choix est une réponse pour redonner confiance aux électeurs. »

Les réserves de voix existent aussi à travers les autres candidats déchus. Six listes de gauche étaient au départ. Avec un écologiste en dissidence, l'adjoint au maire de Vitry, Abdallah Benbetka (2 % environ).

Autres voix possibles : celles de Christian Benedetti (LFI), qui a réuni plus de 6 %*. Le metteur en scène retourne à son Théâtre Studio, sans pour autant quitter la politique. « Ce dimanche 20 septembre, veille de l'anniversaire de la fondation de la première République, a bien montré à quel point le changement du système et des institutions est indispensable. Vivement la sixième République! » Faisant « confiance en l'intelligence des électeurs pour faire le choix qui leur conviendra ».

Le PCF choisit Isabelle Santiago

En revanche, le PCF semble choisir Isabelle Santiago. Dès dimanche soir, le maire de Vitry, Pierre Bell-Lloch, toujours considéré par une partie de ses pairs, comme un « pustchiste », lui a apporté son soutien. Fatmata Konaté (9 %* environ), elle, attendait ce lundi d'échanger avec sa famille politique, mais appelait déjà « les électeurs à aller voter ». Si elle n'avait pas l'investiture de son parti, suite à la crise ouverte post-municipales à Vitry, l'adjointe au nouveau maire de Vitry a progressé d'un point environ par rapport à 2017.

Derrière la gauche (Lutte ouvrière avec 2 %* environ), Jonathan Rosenblum (LREM) ne réussit pas à se maintenir pour le second tour, avec ses 10 %*, mais devance le candidat RN Gaëtan Dussaussaye (9 %* environ) et Michelle Bonhomme-Afflatet (8 %* environ).

*Les chiffres définitifs n'étaient pas encore communicables par la préfecture du Val-de-Marne ce lundi.