Le Kremlin-Bicêtre : flaques d’eau, humidité, champignons… bienvenue au lycée Darius-Milhaud

L’établissement qui accueille 1700 élèves fait l’objet de travaux de rénovation et d’agrandissement. Les enseignants dénoncent des malfaçons qui entraînent des problèmes étanchéité, photos à l’appui.

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 Par le biais de photos publiées sur Twitter (ici, des champignons apparus dans un couloir), les professeurs de ce lycée du Kremlin-Bicêtre dénoncent une série de malfaçons et leurs conséquences dans les bâtiments fréquentés par les élèves.
Par le biais de photos publiées sur Twitter (ici, des champignons apparus dans un couloir), les professeurs de ce lycée du Kremlin-Bicêtre dénoncent une série de malfaçons et leurs conséquences dans les bâtiments fréquentés par les élèves.  DR

Des précipitations à n'en plus finir, des inondations dans la foulée, depuis peu la neige et le verglas qui s'invitent… La météo met les hommes et les infrastructures à rude épreuve ces derniers mois et jusqu'à ces derniers jours. Le lycée Darius-Mihaud du Kremlin-Bicêtre et ses habitués n'y échappent pas.

On aurait pu penser que cet établissement fréquenté par près de 1700 élèves et 200 personnels, dont environ 120 professeurs, aurait été plus au sec en ces temps bien humides. Depuis plusieurs années, ce lycée ouvert en 1976 fait l'objet d'importants travaux de restructuration, d'agrandissement et de rénovation.

Le Kremlin-Bicêtre, mardi 10 février 2021. Les travaux au lycée Darius-Milhaud sont censés se prolonger jusqu’à l’été. LP/G.M.
Le Kremlin-Bicêtre, mardi 10 février 2021. Les travaux au lycée Darius-Milhaud sont censés se prolonger jusqu’à l’été. LP/G.M.  

Ce chantier mené sur cinquante mois, en plusieurs phases, vise à augmenter la capacité d'accueil, à assurer de meilleures conditions d'enseignement, mais aussi à redorer l'image d'un lycée ayant connu son lot de tensions, voire de drames. S'il était attendu, ce grand chambardement est loin de faire aujourd'hui que des heureux.

Les profs réunis en collectif pour dénoncer la situation

Des problèmes d'étanchéité ont été relevés ici et là. Certains disent même que le lycée prend l'eau de toutes parts. C'est en tout cas le constat qu'a fait sur Twitter un collectif de professeurs réunis derrière le compte « Darius en lutte », créé en novembre dernier. Par le biais de plusieurs publications, ils pointent diverses malfaçons et leurs répercussions peu reluisantes dans différents bâtiments du lycée.

Que ce soit dans le bâtiment neuf AB, livré en 2019, ou dans les bâtiments D et E, des structures rénovées livrées l'an passé, il a suffi à ces professeurs de baisser ou de lever les yeux pour immortaliser ces problèmes par quelques photos très parlantes. Des champignons hauts de plusieurs centimètres qui poussent en plein milieu d'un couloir, une salle de sport qui prend l'eau et des murs couverts de moisissures, de l'isolant menaçant de tomber sur les élèves… La liste des griefs et des inquiétudes est longue.

Le CDI a aussi été inondé, alors qu'il n'est pas concerné par ces travaux. « L'eau a réussi à s'infiltrer en raison de la destruction de la dalle extérieure, précise Vincent Monnoir, professeur d'histoire-géographie et membre du SNES-FSU94 siégeant au conseil d'administration du lycée. Du coup, une intervention a eu lieu, mais cela a juste déplacé le problème d'étanchéité à côté. »

Des flaques d’eau dans le CDI du lycée… DR
Des flaques d’eau dans le CDI du lycée… DR  

Ces malfaçons, les élèves en ont aussi été les premiers témoins. « Quand il pleut, l'eau s'infiltre dans le bâtiment E », indique une élève de terminale. « Il y a eu des flaques dans plusieurs salles de cours », confirme une autre. « Ils ont peut-être fait les travaux trop rapidement », analyse une troisième. Une quatrième s'étonne de ces photos. Elle n'a rien vu de tout cela. « On est plus dérangés par les bruits des travaux », confie celle pour qui « c'est parfois compliqué de suivre les cours ».

« Des mesures correctives provisoires ont été prises »

Si l'adolescente n'a pas connaissance de ces malfaçons, c'est sans doute parce qu'elles ont d'ores et déjà fait l'objet de travaux de reprise. « Des mesures correctives provisoires ont été prises et, après les dernières pluies, aucun nouveau problème d'étanchéité n'a été constaté », pointe-t-on du côté d'Ile-de-France Construction durable, société à qui la région a délégué la maîtrise d'ouvrage pour ces travaux à 34 millions d'euros.

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Une réunion programmée en mars sera l'occasion de lister les différents correctifs apportés sur ces bâtiments. Les deux derniers seront livrés dans les mois à venir, à la fin du mois de mars ou début avril pour le premier, en juillet pour le second. Les professeurs se tiennent prêts avec leurs smartphones.