Laissez-vous tenter par le ketchup et les pickles franciliens

La jeune entreprise Les 3 Chouettes située à Rungis (Val-de-Marne) vient de remporter l’un des prix du concours de l’innovation alimentaire de la région Ile-de-France, IDFood. Elle vient de signer avec Monoprix pour sa marque Mazette, créée durant le confinement.

 Rungis, mardi 29 septembre. Delphine Dubois et Élodie Germain (de g. à dr.) ont fondé et dirigent Les 3 Chouettes qui fabrique des pickles, mezzés, ketchups bio, locaux, originaux et savoureux.
Rungis, mardi 29 septembre. Delphine Dubois et Élodie Germain (de g. à dr.) ont fondé et dirigent Les 3 Chouettes qui fabrique des pickles, mezzés, ketchups bio, locaux, originaux et savoureux. LP/Marine Legrand

L'étiqueteuse des bocaux tourne à plein régime dans l'atelier situé au marché de Rungis. Chez Les 3 Chouettes, Élodie Germain et Delphine Dubois dépoussièrent avec succès le rayon des condiments avec leurs pickles, mezzés et ketchups colorés, savoureux, bio et locaux.

Les belles-sœurs entrepreneuses accumulent les prix depuis le lancement de leur société dans le Val-de-Marne en 2016, dont le siège se trouve désormais à Paris mais qui a conservé sa fabrication à Rungis.

Dernier prix en date : le concours IDFood, concours de l'innovation alimentaire de la région Ile-de-France organisé par Ile-de-France Terre de Saveurs (ex-Cervia). Leur ketchup carottes-gingembre les a fait se démarquer. « Cela nous touche beaucoup, d'autant plus qu'il s'agissait de notre 3 e tentative à ce concours », confient les deux mères de famille.

Alternative au cornichon indien

Elles ont lancé Les 3 Chouettes pour offrir une alternative au cornichon indien (80 % de la production mondiale) « et au rayon condiments trop souvent limité au rouge/vert, ketchup/moutarde », expliquent Élodie, 42 ans, et Delphine, 36 ans.

Les deux femmes ont donc créé plusieurs recettes originales et saines de légumes préparés en saumure — les pickles — pour l'apéritif, les salades (chou-fleur-curcuma, carotte-gingembre, concombre-aneth, oignon rouge…), ainsi que des mezzés à tartiner (betterave-citron-cumin, houmous…), des ketchups originaux et même des vinaigres de cidre non pasteurisés.

Rungis, le 29 septembre. Les légumes utilisés sont bio et proviennent en grande partie de l’Ile-de-France. LP/Marine Legrand
Rungis, le 29 septembre. Les légumes utilisés sont bio et proviennent en grande partie de l’Ile-de-France. LP/Marine Legrand  

« La plupart des légumes que nous cuisinons sont cultivés en Ile-de-France comme les carottes qui viennent des Mureaux dans les Yvelines par exemple ou le pois chiche, une légumineuse qui demande peu d'eau et devient donc adaptée à la sécheresse qui touche de plus en plus notre région… Et tout est bio ! », sourit Élodie.

Leurs produits sont vendus à 35 % dans les épiceries fines dont La Grande Épicerie de Paris, à 30 % dans les magasins bio (Naturalia, Biocoop…), à 30 % dans la restauration, à 5 % sur Internet.

Rungis, le 29 septembre. Leur nouvelle marque, Mazette, est née durant le confinement et se trouve désormais vendue dans 150 Monoprix en France. LP/Marine Legrand
Rungis, le 29 septembre. Leur nouvelle marque, Mazette, est née durant le confinement et se trouve désormais vendue dans 150 Monoprix en France. LP/Marine Legrand  

La crise du coronavirus a chamboulé la petite entreprise de huit salariés, certes : « Nous avons perdu les 30 % de chiffre d'affaires venant de la restauration, constate Élodie. Mais nous avons doublé nos ventes sur Internet et, aussi surprenant qu'il y paraisse, nous avons concrétisé deux avancées majeures pour le développement de la société. »

« En plein confinement, nous avons finalisé une levée de fonds d'1,2 million d'euros, poursuit Delphine. Durant cette période, nous avons aussi créé une nouvelle marque de pickles, Mazette, et signé avec Monoprix qui la distribue désormais dans 150 de ses magasins en France. »

Elles ont réalisé 480 000 euros de chiffre d'affaires en 2019 et espèrent s'approcher des 700 000 euros fin 2020.