La transformation des friches industrielles booste la démographie dans le Val-de-Marne

La barre du 1,4 millions d’habitants a été franchie dans le département, selon le dernier recensement réalisé par l’Insee. Une hausse de la démographie portée notamment par des politiques d’urbanisme volontaristes.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Les programmes immobiliers se sont multipliés à Vitry ces dernières années (comme ici dans la ZAC Concorde-Stalingrad) et vont continuer.
Les programmes immobiliers se sont multipliés à Vitry ces dernières années (comme ici dans la ZAC Concorde-Stalingrad) et vont continuer. LP/Clément Chaillou

Plus de 1,4 million d'habitants ! La barre a été dépassée dans le Val-de-Marne selon les chiffres publiés par l'Insee ce 29 décembre. Il s'agit désormais de la population légale officielle 2018. Son nombre exact est de 1 405 700 âmes recensées dans le département contre 1 367 091 pour la population légale 2013 qui avait été publiée en 2016.

La transformation des friches industrielles booste la démographie dans le Val-de-Marne

Vitry, Créteil et Champigny toujours en tête

Pas de surprise sur le podium : Vitry reste la commune la plus peuplée, devant la ville-préfecture Créteil puis Champigny-sur-Marne, comme depuis 2016. Mais cette dernière voit l'écart se réduire légèrement avec Saint-Maur-des-Fossés qui la talonne un peu plus que l'an passé (seulement 1 167 habitants les séparent contre 2 233 entre 2019 et 2020).

Les villes de Seine Amont particulièrement dynamiques

« On observe une augmentation constante de la population des villes de Seine Amont où l'opération d'intérêt national lancée dans les années 2000 vise à transformer les anciennes friches industrielles le long de la Seine en zones d'habitat : à Vitry (NDLR : la ville a gagné près de 5000 habitants en cinq ans), qui constitue un bon exemple de cette politique de densification (quartier du Port-à-l'Anglais, ZAC Concorde Stalingrad le long de la RN 305, bientôt les Ardoines …), à Ivry-sur-Seine ( ZAC Confluence et ses 6000 logements, ZAC du Plateau…) et Choisy-le-Roi (quartier du Port, ZAC des Hautes-Bornes…) », décrypte Laurent Chalard, géographe spécialiste des dynamiques territoriales.

Stagnation des villes «matures»

A contrario, « à Saint-Maur-des-Fossés où cette politique a été moins suivie (pas de friches industrielles à récupérer et des quartiers pavillonnaires aisés « intouchables ») », la population stagne, observe Laurent Chalard. Certaines communes vont même jusqu'à perdre des résidents comme Alfortville, Le Kremlin-Bicêtre, Saint-Maurice ou Charenton-le-Pont.

Elles sont pourtant idéalement situées, aux portes de Paris, desservies par le métro pour certaines, avec un habitat et une vie économique locale développés. « Ces baisses démographiques ne sont pas le signe d'une perte d'attractivité mais juste liées à la fin des perspectives de croissance en logements due au peu de terrain mutable encore disponible. » Alfortville, Le Kremlin-Bicêtre ou Saint-Maurice ont déjà récupéré et densifié leur bâti, elles ont déjà vécu leur boom démographique.

«Les communes de droite ont récupéré plus tôt que les communistes leurs friches industrielles»

Laurent Chalard va plus loin : « C'est souvent lié à la couleur politique : Charenton et Saint-Maurice, villes de droite, ont récupéré plus tôt que les communistes leurs friches industrielles comme Bercy pour les transformer. A Vitry, Ivry et Choisy, villes tenues par le PCF, pas question de toucher à ces friches, liées à la population ouvrière qui constitue le cœur de leur électorat. Elles espéraient toujours le retour des usines. Mais au bout d'un moment, le pragmatisme l'a emporté ».

Des hausses surprenantes

Les avions d'Orly ne rebutent pas les habitants, à en croire les chiffres de l'Insee. Villeneuve-le-Roi, située au bout des pistes de l'aéroport, est parvenue à gagner 706 habitants en cinq ans, grâce notamment à la densification, à quelques programmes immobiliers et à la valorisation de ses berges. Chez sa voisine Ablon-sur-Seine, exposée également aux nuisances aériennes, la population a progressé de 7,78 % en cinq ans.

Villeneuve-Saint-Georges, aussi sous les avions d'Orly, a attiré près de 2000 personnes supplémentaires sur cette période. Il faut dire qu'elle offre le prix au m2 le moins élevé du Val-de-Marne.

Le plateau briard parfait son attrait

Une population en hausse de 14 % à Villecresnes, 10,52 % à Santeny, 7,77 % à Mandres-les-Roses, 7,28 % à Périgny… Les villages bucoliques du Val-de-Marne séduisent de plus en plus. Contraintes par un foncier rural et un cadre de vie à préserver, elles ont toutefois dû se résoudre à bâtir de nouvelles habitations, notamment des logements sociaux pour obéir aux exigences de la loi SRU qui leur impose d'atteindre 25 % de HLM.