La déviation de la N 19 se fait attendre à Boissy-Saint-Léger

Les usagers de cet axe stratégique aux 45 000 véhicules par jour sont impatients d’emprunter le nouveau tunnel dans le Val-de-Marne. Mais aucune date n’est encore définie.

 Boissy-Saint-Léger, ce jeudi. Les usagers de la N 19 regardent le bitume de la déviation avec envie. Aucune date d’ouverture n’est encore annoncée.
Boissy-Saint-Léger, ce jeudi. Les usagers de la N 19 regardent le bitume de la déviation avec envie. Aucune date d’ouverture n’est encore annoncée. LP/Agnès Vives

Les usagers de la N 19 regardent l'asphalte immaculé comme une terre promise, se demandant bien quand ils pourront rouler sur la déviation nouvellement aménagée. Alors qu'au même moment, ils sont coincés dans les embouteillages, dans le centre de Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne). Mais voilà, les barrières barrent toujours l'accès.

« Savez-vous quand va ouvrir la déviation ? » Régulièrement la question surgit, au hasard d'échanges sur les réseaux sociaux, ou au gré des promenades ensoleillées des Boisséens, croisés dans le quartier du Bois-Clary, comme ce jeudi après-midi.

Ce projet de 180 millions d'euros, démarré voilà dix ans — les travaux ont débuté en 2014 — ressemble à s'y méprendre à un chantier maudit. La déviation a été engagée par l'Etat pour contourner Boissy-Saint-Léger et décongestionner cet axe stratégique au sud-est de Paris. Quarante-cinq mille véhicules l'empruntent par jour, occasionnant bouchons et nuisances importantes pour le centre de Boissy. Sans parler de l'aspect accidentogène. Une fois ce contournement ouvert, la N 19 qui traverse la ville doit être transformée en boulevard urbain.

« On est en train de voir le bout du tunnel », assure confiant le maire PS Régis Charbonnier, qui se prépare à une énième réunion technique ce vendredi, avec l'Etat, les autres communes et le département, mais pour cette fois, plancher sur le futur de la N 19, et son prolongement vers la Francilienne.

Les élus interpellent le préfet ce vendredi

Sauf qu'à cette occasion, l'élu et ses collègues entendent bien demander au préfet « une date d'ouverture ». « On sait qu'il y a eu l'inspection préalable à la mise en service ce mois-ci. Des travaux complémentaires ont été identifiés et doivent démarrer », précise Régis Charbonnier. A l'issue de leur réalisation, il faudra encore un nouveau passage de la commission sécurité pour donner le feu vert à l'ouverture.

Pour autant, aucune date n'est avancée. Elus comme usagers gardent en mémoire la première annoncée : mars 2020. Las, avec les élections municipales, dans une ville qui paraissait politiquement fragile, d'autant que le député de la circonscription, Laurent Saint-Martin (LREM) était engagé sur une liste adversaire au maire sortant, inaugurer un tel équipement paraissait peu à propos. Le coupage de ruban avait alors été envisagé en avril. Mais entre-temps, les conditions météo avaient défié les prévisions. Et puis la crise sanitaire a éclaté. Le chantier n'ayant alors pu reprendre que le 15 juin.

La seule date avancée par les autorités aux élus cet été se dessinait autour de « la fin d'année ». « Depuis nous n'avons pas de nouvelles », confirme Patrick Farcy (SE), le maire de Villecresnes, qui a alerté de son côté le ministre des Transports et la Dirif sur la dangerosité de la partie le concernant. C'est d'ailleurs ce qu'il compte évoquer ce vendredi lors de la réunion technique organisée. « Tous les mois, au carrefour Dagorno, en entrée de ville, nous avons un accident avec un blessé. Il n'y a pas d'aménagement en boulevard urbain », relève l'élu, d'autant plus inquiet que le trafic va croissant, au gré des développements des zones d'activités en Seine-et-Marne et de l'urbanisation du Plateau briard.

Ouverture envisagée au premier semestre 2021

Côté Boissy-Saint-Léger, on table sur un lancement en « janvier », comme le confie ce jeudi Régis Charbonnier. Même si les travaux se poursuivront en 2021 pour « reprofiler l'entrée et la sortie de la déviation ».

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A moins qu'un nouvel imbroglio dont l'administration a le secret, ne ralentisse encore le mouvement. Selon nos informations, la sécurité de ce tronçon est en question. Qui des policiers du commissariat de Boissy ou des CRS autoroutiers doivent s'en charger ? Au ministère de l'Intérieur de trancher.

Sollicitées, la préfecture du Val-de-Marne et la Dirif confirment qu'une « inspection de sécurité » a été menée en novembre. « Les conclusions sont attendues très prochainement et devraient entériner la réalisation de quelques travaux complémentaires afin de garantir une parfaite sécurité de cette infrastructure nouvelle », poursuit la Dirif. Laissant ensuite la voie à de nouvelles «vérifications techniques préalables à la mise en service». Des inconnues qui ne permettent pas encore de fixer «une date précise», selon les services de l'Etat.

Seule certitude : le bitume de la déviation pourrait chauffer «dans quelques mois au cours du premier semestre 2021».