Ivry : trois mois après l’incendie du parking, les habitants attendent un retour à la normale

Câbles à haute tension dans la chambre, risque d’eau non-potable… Plus de trois mois après le feu dans leur parking, plusieurs copropriétaires déplorent la lenteur des travaux.

 Ivry-sur-Seine, mercredi 21 octobre. Plus de trois mois après l’incendie d’un parking souterrain, plusieurs copropriétaires s’inquiètent de la condition sanitaire dans laquelle ils vivent.
Ivry-sur-Seine, mercredi 21 octobre. Plus de trois mois après l’incendie d’un parking souterrain, plusieurs copropriétaires s’inquiètent de la condition sanitaire dans laquelle ils vivent. LP/A.H.

Pour entrer chez André, il faut passer sous un gros câble à haute tension. Un bandeau rouge pendouille, on y lit « danger de mort ». Depuis que, dans la nuit du 14 au 15 juillet, le gros incendie du parking étalé sous cette copropriété labyrinthique, en plein centre-ville, a fait fondre les câbles électriques, André et Vinh, son voisin, doivent vivre avec des câbles dangereux qui lézardent leur appartement, traversent la cuisine, le salon, la chambre du petit.

« On a bricolé en mettant du carton pour que le froid ne passe pas. C'est relié au disjoncteur à la MacGyver », ironise Vinh, 37 ans. Chez lui, EDF a recouvert la partie métallique ultra-dangereuse (« si vous mettez les doigts, c'est fini ») avec un morceau de plastique qu'on peut aisément soulever.

Ce n'est pas tout : à cause d'un dégât des eaux usées stagnant dans le parking, une cinquantaine de copropriétaires ne peut plus boire l'eau du robinet. Cela fait maintenant trois mois que ça dure, mais l'inconfort n'est pas le pire.

« Informés de rien sur l'avancée des travaux »

Ce qui les tracasse, c'est de devoir parler au conditionnel. Ils « devraient » avoir les résultats de la potabilité de l'eau à la fin de la semaine. Un technicien « devrait » intervenir cette semaine pour rétablir l'électricité dans le parking. « Nous ne sommes informés d'absolument rien sur l'avancée des travaux, résume André. Il n'y a aucune orchestration entre la mairie, EDF, Orange sur les problèmes à gérer, sanitaires ou non ».

Du côté du cabinet Paris Syndic Gestion, qui gère le troisième niveau du parking, les câbles et le réseau d'eau, on assure que le dossier est traité dans les temps. « Un incendie de cette ampleur met en moyenne deux ans à être réglé, même si je comprends leur colère et leur désarroi », insiste Manuela Branquinho, la représentante de l'ASL (association syndicale libre), qui fait figure de médiatrice.

Un casse-tête juridique pour les assurances

Et pourtant, le mille-feuille de syndics et de copropriétés entraîne une complexité juridique au niveau des assurances qui retarderait, selon elle, le dossier. « À un moment, on pompait plus de 20 cm d'eau usée tous les trois jours. C'est un boulot de dingue, ça prend du temps », argue Manuela Branquinho, qui reconnaît elle aussi un « manque d'informations » de la part de la municipalité.

« Il a fallu prendre le problème dans sa globalité, être au clair avant de répondre aux habitants », explique-t-on à la mairie. Elle aussi évoque « un montage de régimes de propriété très complexe » et un « casse-tête » dans les jeux d'assurance. Mais la ville prévoit d'organiser « bientôt », d'ici une quinzaine de jours, une rencontre entre les services de la ville et les syndics. Il n'est pas question d'une réunion publique, Covid oblige.

Quant aux problèmes d'électricité et de potabilité de l'eau, la mairie botte en touche. « Le réseau n'est pas sur la voie publique, donc c'est plutôt le syndic qui gère ces questions. Cela nous échappe un petit peu, on doit encore accorder nos violons avec lui. »

Un volet a tout de même bien avancé, celui du parking. Il est toujours inaccessible, mais les automobilistes ont pu récupérer leur voiture. La ville a remboursé le stationnement aux copropriétaires lésés et travaille désormais avec l'OPH (office public de l'habitat) à la recherche de places vacantes dans ses différents parkings.

Pour le reste, la ville reconnaît qu'il est « très difficile » d'estimer la durée des travaux de remise en état. La réponse ne contient rien d'optimiste au sujet du calendrier : « Tout dépend du rythme des expertises, des assurances. Il y a encore des analyses à faire. En tout état de cause, ça va être assez long. »