Ivry-sur-Seine : parents et élus exigent le classement en éducation prioritaire de l’école Rosalind-Franklin

Réunis devant cet établissement lundi matin, parents d’élèves et élus n’ont de cesse, depuis plusieurs années, de réclamer son classement en REP. Ils ont obtenu un rendez-vous à la direction académique.

 Ivry-sur-Seine, lundi 1er février. A l’occasion de cette action devant l’école Rosalind-Franklin, les parents ont été incités à appeler toutes les autorités compétentes afin de réclamer un classement de l’établissement en Rep, ce qui permettrait d’avoir de meilleures conditions de travail pour les élèves et l’équipe éducative.
Ivry-sur-Seine, lundi 1er février. A l’occasion de cette action devant l’école Rosalind-Franklin, les parents ont été incités à appeler toutes les autorités compétentes afin de réclamer un classement de l’établissement en Rep, ce qui permettrait d’avoir de meilleures conditions de travail pour les élèves et l’équipe éducative. LP/Gérald Moruzzi

A l'école Rosalind-Franklin d'Ivry-sur-Seine, ce ne sont pas des cas de Covid-19 qui ont perturbé le retour des élèves, lundi matin, mais un combat beaucoup plus ancien. Comme en mars 2019, des représentants de parents d'élèves, mobilisés par la FCPE et soutenus par des d'élus, étaient réunis devant l'établissement pour réclamer un statut en REP (réseau d'éducation prioritaire) et les moyens associés, notamment synonymes de classes moins surchargées. Une demande d'engagement sur la durée répétée depuis plusieurs années, sans succès.

Rattachée au collège Molière, classé REP, cette école « devrait avoir le statut REP, souligne Ilda Modesto, parent d'élève FCPE. C'est le statut du collège qui détermine le statut des écoles de rattachement. » Elle ne demande pas autre chose que des moyens similaires aux établissements voisins. « La situation sociale de l'école n'est pas différente des autres écoles à̀ proximité dans Ivry qui, elles, sont en statut REP ».

Ivry-sur-Seine, lundi 1er février. Les barrières et banderoles posées dimanche soir devant l’école Rosalind-Franklin ont été retirées lundi matin. DR
Ivry-sur-Seine, lundi 1er février. Les barrières et banderoles posées dimanche soir devant l’école Rosalind-Franklin ont été retirées lundi matin. DR  

Une demande de moyens qui répond à de vrais besoins

Cette structure scolaire accueille en effet de nombreux élèves habitant dans des logements sociaux, mais aussi d'autres issus du centre d'hébergement d'urgence de migrants, des enfants allophones ou issus de populations roms en rupture de scolarité.

Les barrières métalliques enchaînées et cadenassées devant l'entrée de l'école dimanche soir sont vite mises de côté lundi matin, alors que se présentent les premiers élèves et leurs parents. Parmi ces derniers, prévenus bien en amont de cette opération menée en deux temps, vendredi et ce lundi, on ne comprend pas toujours le mode d'action utilisé.

« On veut tous la même chose, mais c'est inadmissible de bloquer une école, ce n'est pas de cette manière que l'on fera bouger les choses dans le bon sens », estime Ahmed, 38 ans, venu déposer ses deux filles âgées de 4 et 6 ans. Après quelques minutes de tension, ses protégées sont accueillies par l'équipe éducative, comme les autres enfants déposés à l'école lundi matin. Seuls une trentaine d'élèves sur les 524 que rassemble d'ordinaire l'école ont été accueillis.

La réforme de l'éducation prioritaire est en cours

« Malheureusement, nous sommes obligés d'en arriver là pour espérer se faire entendre », confie Ilda Modesto. Pour le moment, ces représentants de parents d'élèves n'ont obtenu qu'une audience le 10 février prochain à la direction académique.

« Nous répondrons à toutes les questions des parents d'élèves lors de cette réunion à laquelle participera le maire d'Ivry-sur-Seine », souligne la direction académique ce lundi après-midi. Elle précise d'ores et déjà que « la carte de l'éducation prioritaire est revue tous les quatre ans » et qu'une réforme de l'éducation prioritaire est en cours.

Le défenseur des droits comme ultime recours ?

Que ressortira-t-il de ces échanges ? Ces parents seront-ils finalement entendus ? C'est tout ce que souhaite Fabienne Oudard, adjointe au maire déléguée aux politiques éducatives, revenant sur les tentatives de prise de contact passées. « Comme ces parents d'élèves, la mairie a produit des courriers, sans succès », pointe-t-elle.

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D'autres actions devraient être menées dans les prochains jours. D'ores et déjà, ces parents d'élèves incitent chacun à appeler les standards du rectorat et de la direction académique. Un courrier a également été envoyé au défenseur des droits, pour espérer débloquer enfin la situation.