Incendie mortel à Vincennes : afflux de dons pour les résidents sans logis de la rue Gaillard

Le défilé de donateurs est incessant à l’espace Pierre-Souweine. Les Vincennois ont même fait des achats pour aider la quinzaine de foyers dont l’appartement a été sinistré par l’incendie de la nuit du 10 au 11 août.

 L’afflux de dons est énorme à Vincennes après l’incendie qui a fait deux morts et privé de logements une vingtaine de familles, dont la moitié avec des enfants.
L’afflux de dons est énorme à Vincennes après l’incendie qui a fait deux morts et privé de logements une vingtaine de familles, dont la moitié avec des enfants. LP/Laure Parny

Luka a voulu constater lui-même l'état de l'immeuble incendié et vérifier qu'aucun de ses copains de classe ne faisait partie des victimes. Il s'est ensuite séparé de vêtements qui pourraient servir aux sinistrés et a même fouillé tous ses placards pour retrouver une paire de sandales intactes à offrir. Ce jeudi matin, le garçon de huit ans et sa maman font partie de la file ininterrompue de Vincennois qui se pressent à l'espace Pierre-Souweine depuis lundi. « C'est la deuxième fois qu'on vient, et s'ils ont besoin d'autres choses, comme des fournitures scolaires, on reviendra », promet le duo.

VIDÉO. Vincennes : un immeuble ravagé et deux morts dans un violent incendie

« Touchés au cœur » par l'incendie qui a fait deux victimes, dans la nuit du 10 au 11 août, Luka et Caroline, sa maman, pensent « beaucoup » à la quinzaine de foyers, dont la moitié avec des enfants, qui n'ont toujours pas pu retourner chez eux. Les deux immeubles touchés par l'incendie, rue Joseph-Gaillard, ne sont pas encore suffisamment sécurisés pour récupérer quelques affaires, dans les cas où deux ou trois choses seraient encore utilisables. « Heureusement que la solidarité s'organise vite à Vincennes, insiste Caroline, qui vit à trois minutes à pied du lieu de l'incendie. Les familles ont tout perdu, je n'arrive même pas à imaginer ce que ça peut signifier! »

Des «produits neufs que les gens solidaires ont achetés exprès !»

Les sinistrés de ce feu d'origine accidentelle ont besoin de tout. « Certains sont sortis cette nuit-là avec juste leur pyjama sur eux, beaucoup ont vu leurs moyens de paiement brûler par exemple », rappelle une bénévole de la Croix Rouge. Depuis lundi, l'association et la ville collectent tous les matins des vêtements, des chaussures, des serviettes de toilettes, des draps ou encore des jeux et livres pour les enfants.

« Le premier jour on a commencé à trier les dons et puis très vite on s'est retrouvé complètement débordé. On a au moins 50 à 60 familles qui apportent des affaires chaque jour, se félicite le président de l'unité locale de la Croix Rouge, Michel Moraine. Certains ont même proposé une poussette ou un lit bébé, ça devrait être bien utile. Regardez tous les produits neufs que les gens solidaires ont achetés exprès ! »

Caroline et Luka Minic participent aux dons pour la seconde fois cette semaine.
Caroline et Luka Minic participent aux dons pour la seconde fois cette semaine.  

Dans le hall de l'espace Pierre-Souweine, le défilé se poursuit, valises pleines à craquer ou cabas de courses au bout des bras. « Au moins 1, à droite », répètent inlassablement les deux hôtesses d'accueil, « stupéfaites » devant la montagne de dons qui s'accumulent. « Je suis passé acheter des vêtements dans un commerce de la ville, parce qu'on m'a dit que les dons d'argent n'étaient pas possibles, se justifie presque Françoise, une retraitée discrète et surtout très émue. J'ai aussi affiché dans mon immeuble les horaires de la collecte, si ça peut aider… »

L'élan déjà énorme aurait sans doute été encore plus conséquent si une partie des habitants n'était pas en vacances. Mais Jacqueline a trouvé la solution. « J'avais la clé de chez ma fille, qui est en congé, explique la dynamique donneuse, qui a pris le soin de trier et d'étiqueter ses vêtements par taille. Je suis allé chercher chez elles des affaires qui pourront aider un ado. Tout est propre et repassé ! »

Les sapeurs-pompiers de Paris avaient bataillé toute la nuit du 10 au 11 août dans un immeuble d’habitation situé rue Joseph-Gaillard. BSPPP
Les sapeurs-pompiers de Paris avaient bataillé toute la nuit du 10 au 11 août dans un immeuble d’habitation situé rue Joseph-Gaillard. BSPPP  

Yannick et sa fille Victoria, eux, ont fait la route depuis Sucy-en-Brie. Après avoir vu à la télé l'appel aux dons, père et fille ont préparé une dizaine de sacs, et acheté des fournitures scolaires, qu'ils apportent au moment où un jeune couple de sinistrés va choisir quelques affaires. « C'est vraiment touchant de voir tous ses dons », souffle juste la jeune femme, l'air épuisé.

La ville, elle, a tout mis en place pour que les familles retrouvent au plus vite un logement. Plus personne n'est à l'hôtel, la plupart des sinistrés sont hébergés chez des proches. « Nous les accompagnerons, avec nos assistantes sociales, les juristes du Bureau d'aide aux victimes et les psychologues, notamment du Samu 94, aussi longtemps qu'il le faudra », promet Mathieu Beaufrère, adjoint au maire de Vincennes en charge de l'habitat. L'élu n'est pas surpris de l'élan de solidarité des habitants. « Dès le lendemain matin de l'incendie, des Vincennois appelaient en mairie pour proposer des dons. Les sinistrés en ont les larmes aux yeux en découvrant tout ce qui a été collecté. »

Les dons sont encore possible ce vendredi matin, de 9 heures à midi à l'espace Pierre-Souweine, 70, rue de Fontenay à Vincennes.