Ile-de-France : fin de partie pour le braqueur en série trahi par un mégot

Un homme de 27 ans vient d’être placé en détention provisoire pour cinq vols à main armée dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis. Sûr de lui, il passait à l’attaque avec une arme factice.

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 Le Perreux (Val-de-Marne), ce mardi. Le malfrat a avoué avoir sévi à plusieurs reprises dans cette épicerie.
Le Perreux (Val-de-Marne), ce mardi. Le malfrat a avoué avoir sévi à plusieurs reprises dans cette épicerie. LP/Denis Courtine

Un vulgaire mégot d'une marque étrangère jeté dans la rue, juste avant de passer à l'attaque. C'est ce détail en apparence insignifiant qui a mis un terme à la série de cinq vols à main armée commise par un habitant de Chelles (Seine-et-Marne).

Ce braqueur solitaire âgé de 27 ans, confondu par son ADN, a été placé en détention provisoire par un juge du tribunal de Créteil (Val-de-Marne) en fin de semaine dernière. Il avait été arrêté rue de Nogent, à Paris (XIIe), alors qu'il s'apprêtait apparemment à frapper une nouvelle fois. Il avait notamment sur lui l'arme factice dont il avait l'habitude de se servir.

La série débute le 15 octobre 2020 dans une épicerie roumaine, dans un quartier tranquille près de la gare RER au Perreux (Val-de-Marne). Le visage masqué, un homme fait irruption dans le commerce. Il brandit son arme de poing et exige de se faire remettre la caisse. L'employée obtempère. Le butin est maigre. Quelques centaines d'euros. « Et il est reparti comme ça, tranquillement », grimace un enquêteur.

Pour lui, c'est tellement facile qu'il décide remettre ça à deux reprises dans le même commerce. Le mode opératoire est toujours le même. Il ne frappe personne. « Quand il m'a demandé de lui remettre la caisse, je lui ai dit non, se remémore une de ses victimes. En plus, c'était le matin, il n'y avait quasiment pas d'argent. Il était là juste à côté de moi. Mais il m'a regardé bizarrement. Du coup, j'ai changé d'avis. »

«Il ne prenait pas particulièrement de précautions»

En confiance, le braqueur solitaire s'attaque à une supérette de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne). L'employé n'obtempère pas immédiatement lui non plus. Mais il finit aussi par céder. Les policiers du SDPJ 94, saisis de l'affaire, font vite le lien entre les différents vols à main armée. Ils prélèvent de l'ADN mais ça ne donne rien. « Il ne prenait pas particulièrement de précautions, s'étonne un enquêteur. Mais il a eu beaucoup de chance. »

Tout bascule avec les images de vidéosurveillance de la ville de Nogent. Les policiers remarquent qu'avant d'entrer dans le commerce, le braqueur solitaire patiente pendant près d'une heure caché derrière un véhicule. Un des enquêteurs se rend à cet endroit précis et ramasse le fameux mégot. Il y a de quoi prélever de précieux indices. Quelques jours plus tard, le résultat tombe.

Déjà connu de la police pour des petits délits

Le profil génétique est inscrit dans les fichiers de la police. Enfin une identité. « Il n'était pas très connu, précise une source proche de l'enquête. A peine deux ou trois faits, comme de la consommation de stupéfiants. » Il faut maintenant l'interpeller. Mais ce n'est pas si facile. Le braqueur solitaire papillonne entre le domicile d'un membre de sa famille et celui de sa petite amie. Ce qui fait la différence, c'est quand les policiers obtiennent son numéro de téléphone. Il est maintenant géolocalisable.

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C'est de cette façon-là qu'il est arrêté la semaine dernière. Placé en garde à vue dans les locaux du groupe Est, le suspect passe aux aveux. Oui, il a bien braqué l'épicerie roumaine du Perreux et la supérette de Nogent. Il reconnaît aussi un vol à main armée à Montfermeil (Seine-Saint-Denis). « C'est un pauvre type qui faisait un peu n'importe quoi pour se procurer de l'argent et subvenir à ses besoins », le décrit une source policière.