«Il faut parfois tourner longtemps avant de se garer» : à Alfortville, la galère du stationnement en surface

Alors que le stationnement payant est appelé à s’étendre, les piétons sont souvent obligés de composer avec les voitures mal garées et les automobilistes de tourner à la recherche d’une place.

 Alfortville, lundi 25 janvier. Rue de Charenton, les automobilistes ont pris l’habitude de se garer en mordant parfois largement sur les trottoirs, obligeant les piétons à marcher sur la route.
Alfortville, lundi 25 janvier. Rue de Charenton, les automobilistes ont pris l’habitude de se garer en mordant parfois largement sur les trottoirs, obligeant les piétons à marcher sur la route. LP/Gérald Moruzzi

Au milieu des poubelles gonflées de déchets et entre les voitures mal garées. Chaque matin et chaque milieu d'après-midi, lorsqu'il est temps pour elle d'amener ses enfants à l'école toute proche et de les ramener, Laura, 42 ans, n'a d'autre choix que de slalomer. Une pratique qui s'avère parfois sportive à Alfortville, où la gratuité du stationnement décidée par la ville en raison des crues a pris fin ce lundi matin.

Sur les rives de la rue de Charenton, une voie à sens unique située non loin des bords de Seine, le stationnement anarchique est depuis longtemps la règle, la saturation quotidienne. « Depuis sept ans que nous sommes installés dans le secteur, cela a toujours été comme ça, c'est le décor habituel », pointe Laura, régulièrement obligée de cheminer avec ses protégés sur la route, faute de place sur le trottoir.

Charlène, 29 ans, confirme les difficultés des piétons, mais aussi celles des automobilistes. « C'est compliqué quand on circule à pied, ça l'est aussi quand il faut trouver une place », résume-t-elle, entre deux voitures mordant largement sur le trottoir.

A certaines heures, trouver une place de stationnement s'avère parfois compliqué. « Il faut parfois tourner longtemps avant de pouvoir se garer », confirme Elisabeth, 65 ans, alors stationnée rue de Seine. La carte pour personne handicapée visible sur le pare-brise de sa voiture lui permet au moins de ne pas débourser un euro dans cette rue d'Alfortville située non loin de chez elle, comme dans toutes celles où le stationnement est payant.

Alfortville, lundi 25 janvier. Avec le déploiement annoncé du stationnement payant en ville, ces papillons devraient se multiplier sur les pare-brise. LP/G.M.
Alfortville, lundi 25 janvier. Avec le déploiement annoncé du stationnement payant en ville, ces papillons devraient se multiplier sur les pare-brise. LP/G.M.  

Ce n'est pas le cas d'Hakim, 40 ans. Ce commerçant habite dans ce secteur de la commune où les programmes immobiliers ont poussé comme des champignons ces dernières années, réduisant peu à peu l'offre de stationnement en surface. Si, comme beaucoup de riverains, ce quadragénaire dispose d'une place de parking en souterrain, il lui en faudrait deux. « Nous avons deux voitures, alors je dois mettre la mienne dans la rue », explique celui qui, comme d'autres dans la même situation, est régulièrement verbalisé. « Au moins trois fois par mois », souffle-t-il.

Il devrait continuer de souffler. La ville s'apprête en effet à étendre le stationnement payant dans cette zone, entre la rue de Seine et la rue Charles-de-Gaulle. « Cette nouvelle phase va démarrer d'ici peu », indique Luc Carvounas, le maire (PS) d'Alfortville.

300 voitures ventouses envoyées à la casse en 2019

Son objectif : faire disparaître les voitures ventouses, encore très nombreuses en ville, et ainsi favoriser la rotation sur les places de stationnement. « En 2019, nous avons envoyé 300 voitures à la casse », rappelle l'élu, qui veut continuer à « mettre de l'ordre » en matière de stationnement. « Corriger le tir, cela prend un peu de temps », souligne-t-il.

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Elu d'opposition (LR), Cédric Tartaud-Gineste a bien conscience de ces problèmes de stationnement, intimement liés aux questions de circulation. Lui « privilégie plutôt le déploiement de la zone bleue ». Mais aussi « le conventionnement avec la région Ile-de-France, notamment pour des parkings à étages. » Et de préciser qu'un site s'y prêterait le long de la voie SNCF. « Rien ne s'y oppose, souligne-t-il. Dans le cadre du contrat d'aménagement régional, on peut monter un tel projet. »