Fontenay : un enfant de 10 ans mord son enseignante

L’agression a nécessité l’intervention des pompiers à l’école Jules-Ferry, mardi après-midi, et la mise en place d’une cellule psychologique.

 Fontenay, ce mercredi. L’école Jules-Ferry, où un enfant a mordu son enseignante.
Fontenay, ce mercredi. L’école Jules-Ferry, où un enfant a mordu son enseignante. LP/C.L.

Mardi après-midi, dans une classe de l'école Jules-Ferry de Fontenay-sous-Bois, un élève de 10 ans se serait soudainement précipité sur son enseignante puis l'aurait mordue. L'agression s'est déroulée sous les yeux de ses camarades et a nécessité l'intervention des pompiers dans l'établissement.

Au lendemain des faits, l'Éducation nationale « déplore et condamne ces actes de violence non prévisibles » et indique qu'une cellule psychologique a rapidement été mise en place au sein de l'école « pour répondre aux besoins de l'enseignant et de ses élèves ».

L'administration tient à rappeler que « l'inclusion [scolaire] est un droit pour tous les élèves » et qu'« une attention est portée sur l'accompagnement des enfants à besoin éducatif particulier, avec [la mobilisation] de dispositifs conséquents ».

L'élève concerné, auquel aucun acte d'une telle violence n'est imputé dans le passé, est décrit comme « largement suivi » par les services éducatifs, en raison d'une « souffrance considérable » et de « grandes difficultés ».

« Les enseignants n'ont pas les moyens de les gérer »

À la sortie de l'accueil périscolaire, mercredi après-midi, peu de monde semblait au courant de l'intervention des secours la veille. « Mon petit m'a dit qu'une maîtresse avait été agressée par un enfant. C'est bizarre, mais je n'en sais pas plus », s'excuse presque une mère de famille. D'autres disent apprendre les violences par la question.

L'histoire a bien plus fait son chemin parmi le corps enseignant. Très vite, certains professeurs ont dénoncé la conséquence tragique d'un « manque de moyens » dans l'accompagnement d'élèves aux profils plus délicats.

« Même si l'enfant a fait du mal, on ne peut pas l'incriminer, souffle une représentante du syndicat Snuipp de Fontenay. Ce qui s'est passé ne me surprend même pas. Ce sont des élèves qui ne sont pas adaptés au système scolaire tel qu'il est. Les enseignants n'ont pas les moyens de les gérer. »

Cette professeure, qui requiert l'anonymat, reconnaît la « réactivité » de l'inspection académique dès la connaissance des faits. Elle détaille aussi les dispositifs créés et parfois mobilisés pour certains élèves, ainsi des « équipes éducatives » et autres « AESH [accompagnants des élèves en situation de handicap] ».

« Mais on n'arrive même pas à en recruter suffisamment tellement ils sont mal payés, dénonce la syndicaliste. L'administration est toujours trop lente, trop longue. Ils gèrent la paperasserie et nous l'humain. Un jour, il faudra peut-être réunir les deux. »