Fontenay-sous-Bois : l’ancien maire et sénateur Jean-François Voguet est décédé

Maire de 2001 à 2016, le communiste a succombé aux suites du Covid-19.

 Fontenay-sous-Bois, le 11 novembre 2014. Jean-François Voguet, maire PCF de Fontenay-sous-Bois de 2001 à 2016.
Fontenay-sous-Bois, le 11 novembre 2014. Jean-François Voguet, maire PCF de Fontenay-sous-Bois de 2001 à 2016. LP/Aurélie Selvi

Fontenay-sous-Bois a perdu « l'un de ses plus grands amoureux ». C'est ainsi que le maire (FG) Jean-Philippe Gautrais a annoncé ce mardi à ses administrés la disparition de son prédécesseur. Jean-François Voguet est décédé à l'âge de 71 ans, des suites du Covid-19. Le communiste avait dirigé la ville sans discontinuer de 2001 à 2016.

Arrivé adolescent à Fontenay-sous-Bois, Jean-François Voguet, technicien de profession, avait commencé à s'impliquer dans la vie municipale de sa ville dès 1977, sans jamais s'en départir. Au point de consacrer sa retraite à l'association « Les Ami-e-s de Fontenay ». « Dans le dernier livre qui doit paraître, consacré au confinement à Fontenay, il était chargé de la partie sur les masques », révèle le président Alain Regnier.

Le dimanche, les Fontenaysiens le croisaient aussi au marché, place Moreau-David. Friand d'huîtres. Ce père de famille le voyait aussi « régulièrement au stand de vente de café en vrac ».

Ses amis, les vrais, l'appelaient « François »

Mais depuis une quinzaine de jours, le Covid-19 avait eu raison de ses forces. Alors même qu'il avait combattu l'an dernier un cancer. Hospitalisé à Bégin, l'ancien sénateur, avait dû être placé en réanimation. « On avait bon espoir, confie ce mardi midi Jean-Jacques Joucla, son ancien directeur de cabinet et ami, profondément bouleversé. Hier soir, les nouvelles étaient plutôt bonnes, il n'avait plus de fièvre. »

Alors l'émotion est très forte ce mardi. Dans sa famille, évidemment, parmi ses amis, les vrais, qui l'appelaient « François », ou encore, dans sa famille politique, les hommages se multiplient.

« Le cœur lourd », le président du conseil départemental Christian Favier (PCF) évoque de son côté, « le militant communiste attaché au rassemblement », qui avait le souci que « chacune et chacun trouve sa place dans la cité ».

Une minute de silence sera observée le 8 février, lors de la prochaine séance du conseil départemental. Jean-François Voguet en avait franchi les portes en 1988 le temps d'un mandat.

Il avait choisi de transmettre le flambeau en 2016

A Fontenay, on retient surtout de Jean-François Voguet, sa simplicité, loin du notable hautain, son écoute. Au point parfois d'être baptisé « oui-oui », par des détracteurs. « Mais il disait toujours qu'il est plus facile de dire non que de dire oui, se souvient Jean-Jacques Joucla. Parce que derrière il faut assumer. Et Jean-François Voguet disait toujours oui. »

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Sur les pas de Louis Bayeurte, maire historique de Fontenay, auprès duquel il avait beaucoup appris, Jean-François Voguet, élu en 2001, avait endossé la fonction à sa façon, extrêmement timide, mais toujours prompt au débat d'idées, pour diriger une ville si atypique où de grosses fortunes cohabitent avec des foyers miséreux. Pour lesquels d'ailleurs il se battait, sur le plan du logement social notamment.

Peu avide de pouvoir, Jean-François Voguet l'a aussi démontré dans sa manière de transmettre le flambeau, en douceur et sans heurt, en 2016 à son ancien élu à l'urbanisme, Jean-Philippe Gautrais. « La vie est courte, je veux faire autre chose », justifiait-il à l'époque au Parisien.

La culture, son cheval de bataille

« Sa modestie laissait béat, conte Gilles Saint-Gal, vice-président PCF au conseil départemental, à ses côtés dans la majorité municipale dès 2001. Il me disait, au Sénat, je siège à la commission culture. Je suis avec Jack Ralite et je l'écoute. » Homme de culture, il prônait son essentialité. C'est d'ailleurs la dernière bataille en tant que maire qu'il a menée, en amorçant le projet de théâtre, tourné vers le quartier de la Redoute.

Dans son hommage républicain, son ancien opposant (UDI) Gildas Lecoq salue d'ailleurs « l'homme lettré et cultivé » qui « appréciait comme moi les poèmes de Louis Aragon », livrant ainsi quelques vers de « La Rose et le Réséda » sur sa page Facebook.

« Il faisait partie de ces êtres dont on se sent heureux et honoré d'avoir connu et de l'avoir compté parmi ses proches », résume finalement Jean-Philippe Gautrais.