Trois hommes arrêtés après l’attaque du commissariat de Champigny

Selon nos informations, trois hommes ont été interpellés ce jeudi, dont deux mineurs.

 Champigny, le 12 octobre. Dans la nuit de samedi à dimanche, une quarantaine de personnes avaient attaqué le commissariat avec des barres de fer et des mortiers d’artifice.
Champigny, le 12 octobre. Dans la nuit de samedi à dimanche, une quarantaine de personnes avaient attaqué le commissariat avec des barres de fer et des mortiers d’artifice.  LP/Corentin Lesueur

Ils habitent pour ainsi dire en face du commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Et ce jeudi soir, ils sont en garde à vue pour l'avoir attaqué le 10 octobre à coups de barres de fer et de mortier d'artifice. Trois hommes vivant dans la cité du Bois-l'Abbé ont été interpellés pour ces violences survenues dans la nuit de samedi à dimanche dans ce quartier de « reconquête républicaine ».

Deux de ces suspects sont des adolescents de 16 et 17 ans, dont l'un au moins est déjà connu pour des faits de petite délinquance. Selon nos informations, ces jeunes, soupçonnés d'avoir tiré au mortier d'artifice, ont été confondus par des éléments matériels. Le troisième est aussi un habitué des services de police. Mais il a 39 ans. On lui reproche d'avoir filmé l'attaque tout en encourageant les assaillants et d'avoir mis en ligne la vidéo sur les réseaux sociaux.

«Bientôt, on ne pourra plus faire de Snaps»

« Le gars a juste capté les images, il va vite être relâché, commente un jeune du quartier, visiblement au courant de l'interpellation. Il n'y est pour rien : il ne peut même pas tenir un mortier à cause d'un problème au bras. Bientôt, on ne pourra plus faire de Snaps [Snapchat, application de partage de vidéos] tranquille. »

VIDÉO. Champigny-sur-Marne : le commissariat attaqué par 40 individus armés de mortiers

Les enquêteurs de la sûreté territoriale du Val-de-Marne, les mêmes qui avaient élucidé l'affaire du tabassage de deux policiers à Champigny lors du réveillon du 31 décembre 2017, s'efforcent de remonter sur la trace de la quarantaine d'assaillants.

Ce soir-là, peu avant minuit, deux policiers qui grillent une cigarette devant le commissariat voient débouler des dizaines d'agresseurs. Ils se réfugient à l'intérieur. Le sas d'entrée est attaqué, les voitures aussi. Des mortiers d'artifice sont tirés sur la façade. A ce moment-là, il n'y a que cinq fonctionnaires à l'intérieur. Les deux policiers en question ainsi que trois agents de la brigade anticriminalité de nuit alors en pause. « Le reste était en patrouille dans Champigny, souligne un gradé. C'est dehors qu'on a besoin de nous ».

«Un clip sauvage de rap a aussi eu lieu dans le quartier»

Le mobile de l'attaque reste assez flou. On évoque, depuis le début, un accident de scooter impliquant une patrouille de police mais c'est arrivé près de dix jours avant l'attaque du commissariat. « Un clip sauvage de rap a aussi eu lieu dans le quartier une heure et demie avant les faits, avance une source proche du dossier. Sous l'effet de l'excitation, les participants se sont-ils dit qu'ils allaient attaquer le commissariat ? »

Cinq jours après les faits, une cinquantaine d'élus de la région se sont réunis au pied du bâtiment, à l'appel de l'Association des maires d'Île-de-France. « La République doit être présente partout, dans tous les quartiers », a tonné le maire (Libres !) de Champigny, Laurent Jeanne.

Sa patronne de parti, et présidente de la région, Valérie Pécresse, s'est inquiétée « des figures d'autorité attaquées dans le pays » : « On ne laissera pas les quartiers gangrenés par les bandes et les réseaux qui veulent tout mettre à terre. »

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