Départementales : après l’appel de Favier, les partis de gauche travaillent (encore) l’union dans le Val-de-Marne

Les partis de gauche cherchent toujours un accord dans le but de conserver le département. Voilà trois semaines, le président du conseil départemental était sorti du silence.

 Créteil. La gauche travaille à renouveler son union pour les prochaines élections départementales prévues pour l’instant en juin.
Créteil. La gauche travaille à renouveler son union pour les prochaines élections départementales prévues pour l’instant en juin. LP/Agnès Vives

Il n'est jamais simple d'aboutir à un accord entre partis. La gauche ne le sait que trop dans le Val-de-Marne. Comme à chaque scrutin, chacun doit accepter de céder un peu de place, mais pas trop, pour ne pas s'affaiblir, gérer les susceptibilités des sortants qui ne veulent pas laisser le fauteuil, trouver de nouveaux profils. Et ce, alors que d'autres échéances se jouent en parallèle. Les prochaines élections départementales prévues, pour l'instant, en juin, n'échappent pas à la règle.

Alors entre communistes, socialistes, écologistes, insoumis etc. « les discussions » se poursuivent, nous dit-on. De nouveaux rendez-vous étaient prévus ces jours-ci.

Chaque force consultée nous dit attendre « un retour » de l'autre. Et selon plusieurs responsables de partis, les choses pourraient s'éclaircir d'ici aux vacances de février. Ou après…

L'union, seule solution pour conserver le département

Voilà près de trois semaines, le président Favier (PCF) était sorti du silence, diffusant une tribune cosignée des présidents de groupes pour appeler à l'union de la gauche, seule solution pour conserver ce département à gauche, le dernier de France présidé par un communiste. L'exécutif donnant aussi le la, en matière de méthode, en souhaitant impliquer les citoyens dans l'élaboration du projet.

Un appel qui a fait réagir, « positivement » apprécie-t-on à l'hôtel du département. Tant le PS que Generation. s se sont manifestés très vite. « Le PS du Val-de-Marne est prêt à l'union. Nous l'avons dit. Nous l'avons écrit. Et nous le ferons, là où les autres partis le voudront », réagissait aussitôt sur Twitter le premier fédéral Jonathan Kienzlen. Des tickets majorité départementale ont même été proposés. « En responsabilité », Generation. s répond aussi « présent ».

De son côté, le PCF se dit « prêt ». « Nous l'avons affirmé dès le début, nous travaillons ensemble et nous avons un bilan commun », souligne le secrétaire départemental Fabien Guillaud-Bataille. Mais en interne, il faut que les communistes s'entendent par sections, puis par cantons, avant que le conseil départemental ne valide.

« Des ralentissements liés aux régionales »

Et dépasser aussi, la fracture toujours ouverte de Vitry, entre les défenseurs de l'ancien maire Jean-François Kennedy et ceux du nouveau maire Pierre Bell-Lloch. « Les quatre sortants sont dans le même groupe », rappelle Fabien Guillaud-Bataille. Comme si garder le département pouvait mettre tout le monde d'accord.

Quant à LFI qui vient de nouer un accord avec les communistes pour les régionales, elle espère la « même cohérence » au niveau départemental. « Le ralentissement était lié aux discussions des régionales, veut croire Vianney Orjebin, chef de file aux régionales et cosecrétaire du PG. On espère que cela va s'accélérer maintenant. »

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Tous étant « conscients » que « l'enjeu est important », comme l'indique Sabrina Sebaihi, cosecrétaire départementale d'EELV. La droite se sentant pousser des ailes après son joli score en 2015 et après des municipales douloureuses pour la gauche.

Reste à s'entendre sur le projet, sur le nombre de fauteuils et sur les noms. Et c'est là que les crispations émergent.

EELV ambitionne quatre sièges, LFI deux et plus

Dans cette dernière mandature, les écologistes ne disposent que d'un siège à l'assemblée départementale, occupé par le maire d'Arcueil. Christian Métairie doit d'ailleurs régler la question des statuts de son parti, puisque selon un système de points interne, il ne peut cumuler maire et vice-président. « Il dépasse un peu », reconnaît Sabrina Sebaihi.

Mais un seul siège, au vu des derniers scrutins, pour EELV ce n'est pas « une représentation à la juste hauteur », résume la cosecrétaire départementale. Quatre fauteuils seraient plus appropriés. Mais sur quelles terres? « On a fait des propositions, à eux de revenir vers nous », ajoute l'élue d'Ivry. Selon nos informations, ces ambitions sont cependant jugées excessives aux yeux de certains partenaires. D'autant que certaines divisions aux municipales comme à Choisy-le-Roi ne sont toujours pas digérées.

Les écologistes ne sont pas les seuls à vouloir rééquilibrer leur représentation. « Pour que chacun soit respecté », LFI mise « au-delà » des deux sièges actuels. Autant dire que le casse-tête pour satisfaire tous les appétits ne va pas être simple à résoudre. D'où quelques lenteurs. « Mais à un moment donné, il faudra bien faire campagne », s'impatiente cet élu. Certains commencent ainsi à caresser l'idée d'aboutir finalement à des accords partiels.

Mais au-delà de l'équipe à constituer, il faut aussi un chef. Et pour l'heure, le sortant, Christian Favier n'a toujours pas fait savoir s'il se représentait ou non. « Le président n'est pas du genre à prendre la parole à la légère », selon Fabien Guillaud-Bataille. Un signe ?