Créteil : la brigade équestre n’a pas fini de trotter sur l’île de loisirs

Le test démarré cet été s’avère concluant, selon la préfecture du Val-de-Marne. Reste à trouver le financement. La ville de Créteil est sur les rangs.

 Créteil, le 1er juillet 2020. Depuis le début de l’été, des policiers patrouillent à cheval autour du lac de Créteil. Un dispositif qui pourrait être pérennisé, selon le préfet du Val-de-Marne.
Créteil, le 1er juillet 2020. Depuis le début de l’été, des policiers patrouillent à cheval autour du lac de Créteil. Un dispositif qui pourrait être pérennisé, selon le préfet du Val-de-Marne. LP/Denis Courtine

Les chevaux plaisent toujours autant à Créteil. Depuis le début de l'été, une brigade équestre patrouille sur l'île de loisirs et ses 62 ha de verdure. Une expérimentation, menée plus précisément du 24 juin au 23 août, qui semble porter ses fruits, selon la préfecture du Val-de-Marne.

« Ce dispositif passe très bien auprès de la population. Les chevaux sont un vecteur de sympathie et ce sont des moyens qui peuvent rapidement patrouiller sur cet espace difficile à sécuriser », a répondu ce lundi, le préfet Raymond Le Deun, interrogé sur le sujet, lors de son déjeuner de rentrée.

L'été précédent, des barbecues sauvages s'étaient multipliés, avec même l'incendie d'une parcelle d'un hectare du côté du parc départemental. Les riverains se plaignent aussi des nombreux rodéos et tapages qui perturbent la tranquillité de ce lieu très prisé des promeneurs. Les Cristoliens au premier titre apprécient l'espace vert aux oiseaux rares et son emblématique lac artificiel. Mais le charme de l'île de loisirs opère bien au-delà. Facile d'accès depuis la capitale, avec la ligne 8 du métro, le site voit débarquer aux beaux jours, des familles venues de toute l'Ile-de-France.

Pour améliorer la sécurité, une voie d'accès a été récemment aménagée par la ville de Créteil pour permettre aux forces de l'ordre de la traverser du sud au nord. Sans pour autant suffire à stopper toutes les incivilités.

Une solution pérennisée

Mais la brigade équestre apparaît comme une solution. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. « Sur tout le secteur de la base de loisirs/préfecture, la brigade équestre a procédé à 418 contrôles d'identité, 80 véhicules contrôlés, 118 personnes évincées, 2 interpellations, 63 verbalisations pour des motifs divers et 261 prises de contact (effectifs locaux et partenaires) », a comptabilisé la préfecture de police.

Justement, ce renfort plaît beaucoup aux policiers de Créteil pour qui la base de loisirs est particulièrement difficile à surveiller. « C'est toujours compliqué quand on doit s'y rendre, décrit un gardien de la paix du commissariat. D'une part parce que c'est très grand et que chaque intervention prend donc du temps. D'autre part, la base est toujours ouverte. On peut être appelés n'importe quand. Du coup, si régulièrement la brigade équestre vient rappeler à l'ordre les éléments perturbateurs, cela nous fait aussi gagner un temps précieux ».

Le dimanche notamment, la brigade équestre a souvent l'occasion de travailler avec leurs collègues de la brigade territoriale de contact du commissariat de Créteil.

A tel point que le représentant de l'Etat a annoncé vouloir la pérenniser. Pour cela, il va saisir le préfet de région. Seul hic : cela « coûte extrêmement cher », souligne son entourage, sans donner de budget. Raison pour laquelle aucune brigade de ce type ne serait semble-t-il à l'œuvre dans le Val-de-Marne.

Les équipages en patrouille à Créteil proviennent des départements voisins, Hauts-de-Seine et Seine-Saint-Denis. Lesquels mettent la main à la poche pour financer à la fois, les hommes mais aussi les animaux, leur hébergement et leur entretien.

La ville de Créteil prête à tout financer

Mais la solution pourrait bien venir de la ville de Créteil, qui se réjouit de l'annonce du préfet.

Dans un courrier en date du 9 juin, le maire PS Laurent Cathala avait justement réclamé au préfet la mise en place d'une brigade équestre, rappelant que « les expériences menées en ce sens sur les îles de loisirs d'Etampes et de Draveil en Essonne, ou encore de Bois-le-Roi en Seine-et-Marne, ont démontré toute leur pertinence, pour y maintenir l'ordre et la sécurité, tout en permettant un mode d'intervention qui combine la dissuasion à la répression ».

Et se dit prêt, encore aujourd'hui, à financer « tout ou partie » du dispositif, comme il l'expliquait dans son courrier. Les services de la ville étant « à disposition ».

La préfecture pourrait aussi se tourner vers le département du Val-de-Marne. Au cabinet du président PCF Christian Favier, on se dit « attentif » au projet, « la sécurité étant une des préoccupations des Val-de-Marnais ».