Covid-19 : le Val-de-Marne, premier département à lancer ses équipes mobiles de vaccination

Médecins et infirmières vont se rendre dans les résidences autonomie début mars. A peine 15 % des pensionnaires sont pour l’instant vaccinés. Le dispositif est très attendu.

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 A compter des premiers jours de mars, les 75 ans et plus qui vivent en résidence autonomie n’auront pas besoin d’attendre un rendez-vous en centre de vaccination. Une équipe mobile va passer d’établissement en établissement.
A compter des premiers jours de mars, les 75 ans et plus qui vivent en résidence autonomie n’auront pas besoin d’attendre un rendez-vous en centre de vaccination. Une équipe mobile va passer d’établissement en établissement. LP/Fanny Delporte

Plus que quelques jours à attendre avant l'entrée en piste de la première équipe mobile de vaccination dans le Val-de-Marne. Depuis janvier, le conseil départemental piaffe pour expérimenter cette solution aux affres de centaines de seniors, pensionnaires d'une résidence autonomie et qui n'ont toujours pas pu décrocher un rendez-vous dans un centre de vaccination.

Ces septuagénaires et parfois nonagénaires, s'ils vivent dans une structure médico-sociale publique — 52 dans le Val-de-Marne —, relèvent pour autant du régime du « droit commun ». A la différence des personnes âgées des Ehpad, ces 2400 seniors doivent eux-mêmes téléphoner ou s'inscrire sur les plateformes en ligne pour accéder à une première injection de Pfizer.

Un parcours du combattant pour beaucoup, qu'avaient d'ailleurs relevé plusieurs maires du département, notamment ceux qui ne disposent pas de centre sur leur commune. Beaucoup de 75 ans et plus, pas toujours alertes, craignent aussi de sortir de leurs murs, au risque d'attraper le Covid-19. Le service de transport Filival mis à disposition gratuitement n'a enregistré que 170 demandes.

Une première dans la région

Avec ces équipes mobiles, plus besoin de se déplacer. Médecins et infirmières vont se rendre directement dans les résidences des personnes âgées (RPA). Coup d'envoi : le 5 ou le 8 mars, en fonction des derniers calages. Une première en Ile-de-France, et peut-être même de France. La Seine-Maritime serait également dans les starting-blocks.

Le feu vert officiel a été donné au conseil départemental juste avant les vacances scolaires. Même si dès le 9 février, le président (PCF) du Val-de-Marne, Christian Favier, en avait reçu l'assurance. Ce qui correspond aussi à une nouvelle phase de la campagne de vaccination, « l'aller vers », selon le directeur départemental de l'Agence régionale de santé (ARS), Eric Véchard. «Ces opérations s'ajouteront à celles au bénéfice des foyers de travailleurs et des personnes éloignées du système de santé », ajoute-t-il.

200 doses hebdomadaires pour commencer

Pour démarrer, l'ARS va allouer à la collectivité 200 doses par semaine. Le département a déjà trouvé la pharmacie volontaire pour stocker les précieux vaccins. L'équipe est aussi constituée. Deux médecins et cinq infirmières, qui interviennent dans les PMI, sont mobilisés. Dans quelques jours, ces blouses blanches doivent faire une immersion dans un centre de vaccination ambulatoire, avant le grand saut.

Les 75 ans et plus seront vaccinés « en priorité ». Même si le département cherche à « ne pas discriminer les publics au sein même d'un établissement ». Mais par où commencer ? Le département se dit « attentif » à ceux situés dans des communes dépourvues de centres ambulatoires.

En bout de chaîne, les résidences doivent elles aussi s'organiser. Avec tout un protocole à respecter. « Ce n'est pas simple, réagit Carine Collyn, directrice de la résidence du Moulin à Cachan. Il faut que les résidents aient vu le médecin traitant et relever le consentement. » Ce lundi, la RPA du Moulin à Cachan n'avait encore que deux résidents immunisés, sur 83 locataires.

«On s'attend à une montée en charge»

Selon le dernier inventaire du département, 15 % des pensionnaires des RPA sont vaccinés. Alors qu'ils sont 48 % à vouloir y prétendre. Un taux qui passerait à 60 % si les équipes mobiles venaient à eux. « On s'attend à une montée en charge », prédit-on au cabinet du président Favier.

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Et ce, alors que le taux d'incidence dans le Val-de-Marne dépassait la semaine dernière les 250 cas pour 100 000 habitants.