Coup d’arrêt pour la famille qui dirige le trafic de drogue à Créteil

Six hommes, dont le propriétaire présumé du point de deal des Bleuets, ont été placés en garde à vue après une vaste opération de police. Ils doivent être déférés ce jeudi soir.

 Créteil, rue Léopold-Survage. Ce point de deal, le seul du quartier Bleuets, était ouvert de 15 heures à 1 heure du matin.
Créteil, rue Léopold-Survage. Ce point de deal, le seul du quartier Bleuets, était ouvert de 15 heures à 1 heure du matin.  GoogleStreetView

Ils sont plus d'une vingtaine de frères et sœurs dans la famille. L'une des deux mamans habite aux Bleuets, l'une des principales cités de Créteil. L'autre se trouve à l'Abbaye, sans doute le quartier le plus chaud. Cette fratrie est en tout cas soupçonnée de diriger au minimum quatre points de deal de la ville-préfecture.

Enfin depuis lundi, il y en a un qui ne tourne plus trop. Celui des Bleuets est à l'arrêt après une vaste opération de police menée lundi matin. Cinq hommes, dont l'un des membres de la famille accusé d'être le patron du commerce, ont été interpellés à l'aube et placés en garde à vue pour trafic de stupéfiants. Une partie d'entre eux doit être déférée ce jeudi soir.

Depuis le mois de février, la brigade anti-criminalité de Créteil et le bureau d'enquête d'initiative du commissariat étaient en planque pour observer les moindres faits et gestes des dealers.

Le point de deal des Bleuets, situé plus précisément au 10/12, rue Léopold-Survage, était fréquenté chaque jour par au moins une quarantaine de fumeurs d'herbe ou de résine de cannabis. Les trafiquants attendaient le client sur des fauteuils en fumant la chicha ou en jouant aux cartes. « Les transactions se font dans le local poubelles dont la porte est bloquée volontairement, décrit un habitué. Une partie du produit est dissimulée dans le local vélo. » Le réapprovisionnement se faisait environ tous les dix clients.

«Une question de temps avant que le business ne reparte»

Sur les cinq personnes arrêtées lundi, il y avait le propriétaire du business qui fait donc partie de la fameuse fratrie. Chez lui, les policiers ont mis la main sur un relevé de compte et sur du matériel de conditionnement. Le gérant du point de deal, devenu le « banquier », a également été interpellé. « Il était régulièrement contrôlé la nuit avec 1 500 euros sur lui, soupire une source policière. Son boulot c'était de relever les compteurs. »

Une partie des petites mains du point de deal ont également été arrêtées notamment un simple vendeur et un guetteur. Le point de deal va-t-il fermer pour autant ? « Hélas, après un démantèlement, c'est une question de temps avant que le business ne reparte », soupire un policier spécialisé dans les stupéfiants. Et ce commerce n'est pas celui qui tourne le plus à Créteil.

Dès le lendemain de l'opération de police, les fonctionnaires de la Bac de Créteil sont retournés sur place. Même au ralenti, le business tournait encore. Un nouveau vendeur a été interpellé et placé en garde à vue.