Cancer de l’enfant : bientôt un nouveau havre de paix dans le Val-de-Marne pour les familles

Muriel Hattab aide l’entourage des jeunes patients depuis le décès de sa fille Margot. Elle profite du mois de lutte Septembre en or pour dévoiler le projet phare de son association Princesse Margot : un accueil de nuit à Saint-Mandé.

 Saint-Mandé, vendredi. Muriel Hattab, présidente de l’association Princesse Margot, nous ouvre les portes de la future Maison des parents baptisée Marg’Home.
Saint-Mandé, vendredi. Muriel Hattab, présidente de l’association Princesse Margot, nous ouvre les portes de la future Maison des parents baptisée Marg’Home. LP/Lucile Métout

Dix-huit mois pour rassembler 700 000 euros : le défi est de taille mais n'effraie pas Muriel Hattab, pourtant consciente du contexte sanitaire défavorable. Il en faut bien plus pour doucher la combativité d'une mère qui a perdu l'une de ses raisons d'être. La sienne s'appelait Margot. Elle était tout juste majeure lorsqu'une tumeur au cerveau l'a emportée en mai 2012.

Passé le «tsunami» après les années de lutte et d'espoir, « j'ai décidé que cette épreuve servirait à quelque chose », pose la petite dame brune sans cligner ses yeux clairs. Voilà maintenant huit ans que l'association Princesse Margot agit depuis Vincennes pour les familles confrontées au cancer pédiatrique.

Un legs à vocation sociale

En ce mois dédié à la cause avec Septembre en or, la maman de deux autres grands enfants dévoile à Saint-Mandé le plus important projet jamais porté par les cent bénévoles : une maison où séjourneront les jeunes patients et leurs proches le temps des hospitalisations. L'occasion d'ébruiter l'appel aux dons lancé pour atteindre le million d'euros nécessaire.

La réhabilitation et l’aménagement sont estimés à 1 M€. LP/L.M.
La réhabilitation et l’aménagement sont estimés à 1 M€. LP/L.M.  

L'élégante demeure bourgeoise fait l'angle de l'avenue Foch et de la rue Poirier. Impossible de la manquer avec ses façades écarlates ornées de colonnes sculptées. C'est la ville de Saint-Mandé qui en est propriétaire depuis 2004 et le legs d'une habitante sans héritier. Le testament d'Hélène-Renée Boyer faisait toutefois apparaître une condition : que la bâtisse soit destinée à des œuvres sociales.

Ce sera donc une « Maison des parents », cocon de douceur face à la cruauté des chiffres. Le cancer touche 2 500 enfants par an, et 500 n'en guérissent pas. « La mairie a très vite soutenu le projet Marg'home, se souvient Muriel Hattab. La cérémonie de remise des clés a eu lieu en mars, une semaine avant le confinement. »

Muriel Hattab aide les familles confrontées au cancer pédiatrique depuis 2012.LP/L.M.
Muriel Hattab aide les familles confrontées au cancer pédiatrique depuis 2012.LP/L.M.  

«Un lieu d'accueil chaleureux» dédié aux soins et à la relaxation

Depuis, la présidente de l'association bien connue pour ses Repas Toqués servis à l'hôpital ne cesse de se projeter dans le grand pavillon rouge un temps devenu Maison pour tous. Ses 300 m 2 devraient abriter jusqu'à huit chambres et 16 lits dédiés aux enfants et adolescents malades, à leur conjoint, fratrie et parents.

« La région concentre d'importants services d'onco-hématologie pédiatrique. Les patients viennent de toute la France, des Dom-Tom et de l'étranger, pour des durées allant de quelques jours à plusieurs semaines », rappelle la dynamique quinqua saint-mandéenne, par ailleurs porte-voix du collectif Gravir qui prône l'urgence du diagnostic médical.

Des espaces collectifs, mais également de « soins et relaxation » seront aménagés aux niveaux inférieurs du 18, rue Poirier. Car au-delà du logement temporaire — dont le tarif sera adapté aux revenus ou pris en charge par la Caisse régionale d'assurance maladie — Marg'home se veut « un lieu d'accueil chaleureux » où les familles trouveront « joie et bienveillance ».

Ouverture prévue à l'horizon 2022

L'autre enjeu majeur de la réhabilitation est de permettre le regroupement toutes les activités de l'association à Saint-Mandé. Y compris l'accueil de jour proposé depuis 2013 à la maison Princesse Margot, rue Georges-Huchon à Vincennes.

« La situation géographique est idéale, reprend Muriel Hattab. Quand ça roule, nous sommes ici à vingt minutes des quatre grands centres de référence que sont les Instituts Gustave-Roussy (IGR) et Curie, et les hôpitaux Robert-Debré et Saint-Louis. » C'est là l'une des particularités de cette structure d'accueil familial : ne pas être adossée à un seul établissement comme, par exemple, la Maison Ronald McDonald pour l'IGR, géant européen de la cancérologie à Villejuif.

Alors, à quand la crémaillère de Marg'Home ? « On l'espère pour le 1er septembre 2022, vise Muriel Hattab. Encore faut-il disposer des fonds. Sur l'enveloppe totale de 1 M€, la région nous apporte déjà 300 000 €. »

L’association espère pouvoir surélever la maison avec un troisième étage. LP/L.M.
L’association espère pouvoir surélever la maison avec un troisième étage. LP/L.M.  

Appel aux dons en nature

L'association imagine alléger la facture grâce aux « dons en nature » : « Nous sommes accompagnés par un architecte, un maître d'œuvre et une juriste bénévoles, se réjouit la présidente. J'en appelle aujourd'hui aux professionnels du bâtiment qui souhaitent nous aider pour les sols ou la peinture notamment. » Des coups de pouce pouvant évidemment être défiscalisés.

En attendant le lancement du chantier, idéalement en janvier, une demande d'extension sera déposée dès novembre auprès des services municipaux pour l'ajout d'un troisième étage. Une pierre de plus à l'édifice que cette mère courage bâtit sans relâche depuis 2012.

Pour faire un don à l'association Princesse Margot, rendez-vous à l'adresse www.princessemargot.org/faire-un-don/