Bry-sur-Marne : contre le Covid, les salariés du laboratoire médical veulent une reconnaissance salariale

Les salariés des laboratoires de biologie médicale Biopath-Unilabs réclament, notamment, une revalorisation de leurs salaires pour un travail accentué par la crise du Covid. Ce jeudi soir, après trois jours de grève, les négociations sont à l’arrêt.

 Bry-sur-Marne. Ce jeudi, une partie des personnels des laboratoires Biopath Unilabs est toujours en grève pour, notamment, la revalorisation de leurs salaires.
Bry-sur-Marne. Ce jeudi, une partie des personnels des laboratoires Biopath Unilabs est toujours en grève pour, notamment, la revalorisation de leurs salaires. DR

« Les salarié(e) s sont tout autant déterminé(e) s et motivé(e) s dans leurs revendications que lors du premier jour de grève. Surtout quand un employeur s'obstine ». Ce jeudi matin, Savana Barat, déléguée syndicale FO et secrétaire au CSE Biopath IDF, était encore présente devant les laboratoires privés Biopath Unilabs à Bry-sur-Marne, auprès des 200 salarié(e)s qui entamaient leur 3e jour de grève.

« Ces grévistes font partie des 480 salarié(e) s œuvrant dans la quarantaine de laboratoires du Val-de-Marne, de la Seine-Saint-Denis, de la Seine-et-Marne, de l'Essonne et de la plate-forme de traitement de Bry-sur-Marne », détaille Savana Barat. « Des femmes et hommes qui réclament, notamment, de travailler dans des conditions correctes et aussi d'être payé en conséquence. Car voilà 10 ans qu'il n'y a pas eu d'augmentation collective », poursuit la déléguée syndicale FO.

De 5 000 à 8 000 dossiers par jour avec le Covid

« Avec les tests Covid, les 5 000 dossiers provenant des 40 laboratoires et remontant au plateau technique de pointe de Bry sont passés à 8 000 par jour », affirme la déléguée.

La direction, elle, veut nuancer : « Avant l'été, Unilabs-Biopath traitait environ 5 000 à 6 000 dossiers par jour. Il y a eu un pic en août à 8 000 dossiers dont 2 000 PCR, et aujourd'hui on est retombés à un niveau (avant grève) de 5 000 à 6 000 dossiers par jour, dont jusqu'à 1 000 PCR ».

« Les salariés de Biopath Unilabs ne refusent pas cette montée en charge des tests, précise-t-on à l'union départementale Force Ouvrière du Val-de-Marne. Mais certains se demandent où vont les 73,60 € payés par test aux laboratoires d'analyse biologique ». À ces questions s'ajoutent une réalité difficilement vécue, celle de patients souvent impatients et parfois agressifs auprès des employés de l'accueil et des infirmières ou laborantins, après avoir attendu des heures devant les laboratoires, par tous les temps.

« La seule réponse de la direction est le recours à des vigiles et le versement d'une prime en août dernier et une probable à venir en octobre pour tous les CDD et CDI de plus de 6 mois, explique la déléguée syndicale. Mais cela reste insuffisant dans cette situation où les salariés sont hypersollicités. »

Ce jeudi, et après deux tentatives de négociations avec leur direction qui n'ont pas satisfait les grévistes, les revendications de ces derniers sont claires : « Nous réclamons une augmentation de salaire de 200 € net par mois, une prime d'ancienneté calculée sur le salaire réel, une prime d'ancienneté supplémentaire de 3 % à 18 ans et de 3 % à 21 années ainsi qu'une prime forfaitaire de 1 500 € sans distinction. Et enfin, une réversion de 1,25 € par test Covid pour l'ensemble du personnel ».

Un bilan amer

Pour ces salariés qui sont souvent en première ligne, le bilan est amer. « L'employeur campe sur sa position de chantage à l'emploi et de fermeture de l'entreprise si le mouvement perdure », signale un employé. À cela FO 94 répond que « les pouvoirs publics seraient bien inspirés d'un tour de table afin de trouver réellement une solution salariale à ce problème indirect de la crise sanitaire ». Et de poursuivre : « Il ne suffit pas que ce gouvernement préconise haut et fort par médias interposés, test, test, test… primes, primes… avec des mesures de prévention !!! Il faut que les entreprises concernées suivent, et les premiers en ligne, les labos de biologie médicale dans la reconnaissance des personnels ».

En 2018, le groupe d'analyses médicales suisse contrôlé par Apax Partners s'était porté acquéreur de Biopath, l'un des poids lourds de son marché en région parisienne. Le suisse dispose également de participations dans Polibio (Seine-et-Marne) et dans SFMTBio (Seine-Maritime). « Il faudrait peut-être se poser la question dans l'hexagone de l'avenir des laboratoires, ajoute un employé en grève. Beaucoup passent dans la main de financiers étrangers et les bénéfices dans celle de leurs actionnaires ».

Des examens PCR « au ralenti »

Ce jeudi soir, la direction affirme que « les négociations sont bloquées pour l'instant ». À la question posée sur l'arrivée probable d'un nouveau matériel qui augmenterait la gestion des tests PCR, elle répond : « L'automatique prévu pour passer à 7 000 tests par jour aurait pu être installé à Bry, mais à cause de la grève, il sera installé ailleurs. »

Sur son site Internet, Biopath indique qu'« en raison d'un mouvement social, nos laboratoires ne sont pas en mesure de prendre en charge vos demandes d'examens. Merci de bien vouloir reporter tous vos bilans non urgents ». Cependant, les examens PCR continue à être effectués « mais au ralenti », précise le service de la communication.