Attaque du commissariat de Champigny : les suspects nient

Les trois hommes placés en garde à vue depuis jeudi assurent ne pas avoir participé aux violences du week-end dernier.

 Commissariat de Champigny, nuit de samedi à dimanche. Selon plusieurs sources policières, une quarantaine de personnes ont mené cette attaque.
Commissariat de Champigny, nuit de samedi à dimanche. Selon plusieurs sources policières, une quarantaine de personnes ont mené cette attaque.  FUNNYFAMILYZEN via REUTERS

Les feux d'artifice explosent sur la façade du commissariat de Champigny en illuminant la cité du Bois-l'Abbé. Portable à la main pour filmer, un habitant du quartier est hilare. « On lâche rien les petits frères, harangue-t-il. Téma les condés ils sont comme des fous. Hahaha ! »

Ce vendredi après-midi, cet homme de 39 ans, qui habite juste à côté du commissariat, était toujours en garde à vue dans les locaux de la sûreté territoriale. C'était également toujours le cas pour deux adolescents.

Selon nos informations, les trois mis en cause, tous de la cité, nient avoir participé aux violences. Les jeunes de 16 et 17 ans sont soupçonnés en particulier d'avoir participé à l'expédition contre l'hôtel de police de Champigny dans la nuit de samedi à dimanche la semaine dernière.

Une présence « par hasard »

D'après plusieurs sources policières, une cinquantaine d'agresseurs avaient mené cet assaut à coups de tirs de mortiers d'artifice et de barres de fer. Le sas d'entrée, où étaient parvenus à se réfugier in extremis deux des cinq policiers présents dans le commissariat, avait été la cible de coups, tout comme les véhicules des fonctionnaires. Les assaillants avaient fini par prendre la fuite à l'arrivée de renforts de police.

Selon nos informations, les empreintes digitales d'un des adolescents ont été retrouvées sur un tube de mortier d'artifice. « Il reconnaît qu'il le tenait pour participer à un clip une heure et demi plus tôt dans le quartier », souffle une source proche de l'enquête. L'autre jeune a été identifié sur des images de vidéosurveillance. Il aurait assuré lors de sa garde à vue être passé par là « par hasard ».

La thèse du clip gagne du crédit

Quant à l'homme de 39 ans, connu des services de police comme les deux adolescents, il se serait mis à filmer après avoir « entendu du bruit ».

Les trois auditions ne permettaient pas, vendredi soir, d'en savoir beaucoup plus sur le mobile de l'attaque. La thèse d'une vengeance après un accident de scooter impliquant un équipage de police dix jours plus tôt n'est pas confortée. Celle du clip sauvage de rap, révélée dans nos colonnes ce jeudi, gagne du crédit puisque l'un des suspects a expliqué y avoir participé. Le clip aurait-il dégénéré ? Une hypothèse que les enquêteurs continuent d'approfondir.