Arcueil-Gentilly : voici enfin la nouvelle cité du Chaperon-Vert

Après huit ans d’un chantier, le bailleur social Opaly annonce officiellement la fin de l’opération de rénovation à 300 M€. Plus de 1 400 logements ont bénéficié de ce grand coup de frais.

 Arcueil, le 22 septembre. L’îlot 5, entre les avenues Jaurès et du Chaperon-Vert, est le dernier de la cité à avoir été réhabilité. Les logements ont été rénovés et parfois agrandis, les bâtiments ont été nettoyés et ré-isolés, et le square a été entièrement repensé avec beaucoup de végétation et des aires de jeux.
Arcueil, le 22 septembre. L’îlot 5, entre les avenues Jaurès et du Chaperon-Vert, est le dernier de la cité à avoir été réhabilité. Les logements ont été rénovés et parfois agrandis, les bâtiments ont été nettoyés et ré-isolés, et le square a été entièrement repensé avec beaucoup de végétation et des aires de jeux.  LP/Lucile Métout

Huit ans de travaux, 23 bâtiments réhabilités, plus de 1 400 logements concernés : l'opération de renouvellement urbain du quartier du Chaperon-Vert est désormais achevée entre Arcueil et Gentilly. Un chantier à 300 M€ supervisé par Opaly, bailleur social et maître d'ouvrage, qui vient officiellement de célébrer l'aboutissement de la toute dernière étape.

Bordé par les avenues Jaurès et du Chaperon-Vert, c'est « l'îlot 5 » et ses six immeubles qui ont clos cet ambitieux projet côté Arcueil. On n'y compte plus 264 logements, mais 249 : 157 ont été réhabilités ou restructurés, 92 ont fait l'objet d'une extension. Au cœur de cette enclave désormais plus aérée s'étend un véritable square paysager avec aires de jeux, espaces de repos et arbres fruitiers.

« C'est sûr que c'est beaucoup plus joli maintenant », salue Denis depuis le 3e étage du bâtiment dit « CM » sur plans. Mais ce que préfère ce locataire installé là depuis 2011, c'est sans conteste son chez-lui. L'agrandissement de l'immeuble lui a permis de gagner « 1,60 m de longueur dans la cuisine, la salle de bains et le séjour ». Ce qui est loin d'être négligeable dans un T3.

300 T2 et T3 du Chaperon-Vert ont fait l’objet d’une extension d’environ 11 m2 prenant sur l’extérieur. Opaly
300 T2 et T3 du Chaperon-Vert ont fait l’objet d’une extension d’environ 11 m2 prenant sur l’extérieur. Opaly  

« Les peintures et plomberies ont été refaites, le carrelage a été remplacé par un sol plastique, et les côtés du balcon sont aujourd'hui fermés façon loggia, énumère-t-il. L'appartement est nettement plus agréable qu'avant ! »

« Ça a été très compliqué » pour certains locataires

Alain ne dira pas le contraire. Mais l'octogénaire n'oublie pas pour autant « les nuisances essentiellement sonores » subies pendant les travaux. Voilà 48 ans qu'il habite son trois-pièces dans la même résidence que Denis. Et s'ils ont longtemps cohabité avec les ouvriers, le retraité et son épouse ont été contraints de quitter ce cocon familial durant deux mois pour ne pas les gêner au plus fort de l'intervention. « Ça a été très compliqué, répète-t-il sans épiloguer. Ma femme est décédée depuis, elle n'a malheureusement pas pu profiter du résultat, plus clair, plus grand. Je me sens bien ici… »

C'est là l'un des paris qu'a faits Opaly : réhabiliter la cité « en milieu occupé ». C'est ce qui a permis de « maintenir les habitants dans leur quartier », explique Carine Delahaie présidente de l'office HLM. « Nous souhaitions faire mieux, plus beau et économiquement meilleur tout en préservant la mixité. Les habitants du Chaperon-Vert ont le droit d'être aux portes de Paris, de ne pas être des travailleurs pauvres qu'on envoie à 30 km de Paris. Alors on les a invités à rêver la ville avec nous. » Au moyen de plusieurs consultations publiques notamment. C'est tout l'enjeu d'une Maîtrise d'œuvre urbaine et sociale (Mous).

Un ensemble HLM bâti dès 1956

L'objectif global ? Redonner un grand coup de frais à cet ensemble dont la première pierre a été posée en 1956, sur d'anciennes terres maraîchères et autres carrières à champignons. L'amélioration du confort y était devenue nécessaire, idem pour la performance thermique bien que la disposition des barres a été spécialement étudiée pour garantir un ensoleillement optimal des appartements.

Photo historique de l’îlot 5 du Chaperon-Vert à Arcueil. Opaly
Photo historique de l’îlot 5 du Chaperon-Vert à Arcueil. Opaly  

Ensuite, « la concertation réalisée auprès des locataires a notamment mis en évidence le travail à fournir sur la rénovation intérieure des logements, sur l'amélioration de l'isolation acoustique et le traitement des garde-corps », résume Opaly.

Sept îlots de chantier ont été constitués, avec l'idée que chacun aurait une identité propre. Et si la brique rouge reste présente côté rue (les façades ont toutefois été nettoyées), différents habillages ont été retenus en intérieur d'îlots. Le numéro 5 affiche par exemple un éclatant métal doré.

Côté square, les façades de l’îlot 5 se sont parées d’un lumineux métal doré. LP/Lucile Métout
Côté square, les façades de l’îlot 5 se sont parées d’un lumineux métal doré. LP/Lucile Métout  

Un bâtiment de 192 logements a été démoli, et 456 logements neufs ont été construits sur l'ensemble du quartier. L'existant a bénéficié d'une enveloppe moyenne de 44 000 € par appartement : « 300 T2 et T3 ont ainsi fait l'objet d'une extension d'environ 11 m2 prenant sur l'extérieur, 120 T2 ont fait l'objet d'une fusion pour augmenter l'offre de T4 », compte l'architecte Olivia Monnier Sompayrac. Et tous les logements atteignent désormais l'étiquette C en performance énergétique.

Quant aux extérieurs, les cinq squares « largement minéralisés », d'après la paysagiste Isabelle Girault, ont été entièrement réaménagés pour de meilleurs accès en cœur d'îlot, et favoriser la biodiversité tout en incluant de nouveaux « espaces d'échange ».

Des jardins paysagers entièrement repensés

Des efforts déjà récompensés : le jardin de l'îlot 4, imaginé par Thierry Jourd'heuil avec les habitants, a décroché le trophée argent des Victoires du paysage en 2018, peu après le prix national décerné au potager partagé.

« Je suis née à Arcueil, confie Carine Delahaie. Le Chaperon-Vert était un quartier où les gens ne vivaient pas éternellement. Aujourd'hui, c'est possible. On a des commerces, des entreprises et un centre municipal de santé qui reçoit 10 000 usagers à l'année. C'est un quartier populaire où il y a de la vie. »

La maison du projet s’apprête à changer d’usage, avenue Danielle-Mitterrand à Arcueil. LP/Lucile Métout
La maison du projet s’apprête à changer d’usage, avenue Danielle-Mitterrand à Arcueil. LP/Lucile Métout  

Reste à savoir ce qu'il adviendra de la Maison du projet, avenue Danielle-Mitterrand à Arcueil. Déjà occupée en partie par une association, cette petite structure appartenant aussi à Gentilly devrait être transformée sans plus de précision « en espace socioculturel ».