ZAD du Triangle de Gonesse : la ministre «engage les militants à lever le blocage»

L’établissement public foncier d’Ile-de-France, propriétaire du site, a saisi la justice ce mercredi pour demander son évacuation. De son côté, Barbara Pompili invite les Zadistes, installés depuis dimanche sur ce site devant accueillir une gare du Grand Paris Express, à quitter les lieux.

 Des militants occupent depuis dimanche matin le site du triangle de Gonesse. Ils réclament une sanctuarisation des terres agricoles.
Des militants occupent depuis dimanche matin le site du triangle de Gonesse. Ils réclament une sanctuarisation des terres agricoles. LP/Christophe Lefevre

La toute jeune ZAD du Triangle de Gonesse n'a décidément pas fini de faire parler d'elle. Depuis dimanche, des militants écologistes, opposés à l'artificialisation des sols, se sont en effet installés sur les terres agricoles du site devant accueillir la seule gare du Val-d'Oise du Grand Paris Express, et déclaré « zone à défendre ». « Des légumes, pas du béton » ou encore « Non à la gare égarée », peut-on lire sur les barrières entourant les cabanes érigées depuis ce week-end.

Soutenue par le Collectif pour le Triangle de Gonesse, cette installation a déclenché la colère de certains élus. Dès ce mardi, Valérie Pécresse, présidente (Libres !) de la région Ile-de-France et Marie-Christine Cavecchi, présidente (LR) du conseil départemental du Val-d'Oise demandaient à l'Etat l'évacuation de cette « occupation illicite » dénonçant un péril pour le chantier de « l'ensemble de la ligne 17 ».

Et ce mercredi, le sujet s'est invité au Sénat à l'occasion de la séance de questions au gouvernement par l'intermédiaire d'Arnaud Bazin. « Monsieur le Premier ministre, allez-vous faire respecter l'autorité de l'Etat et faire évacuer ces délinquants ? », a ainsi lancé au micro le sénateur (LR) du Val-d'Oise.

«Garantissez-vous le bon déroulement des travaux de la ligne 17 ?»

Et ce dernier de souligner que malgré l'annulation d'EuropaCity, mégacomplexe controversé de commerces et de loisirs prévu sur le même site, « sacrifié à l'automne 2019 par le président de la République », le gouvernement par la voix d'Élisabeth Bornes avait alors réitéré son engagement de mener à bien « la desserte du territoire prévue par la ligne 17 du Grand Paris ».

Réitéré depuis. L'actuel ministère des Transports affirmait au Parisien en novembre que la gare du Triangle était bien « toujours d'actualité ». « Garantissez-vous le bon déroulement des travaux de la ligne 17? », a également demandé Arnaud Bazin.

Pour lui répondre, pas de Jean Castex pourtant présent dans l'hémicycle, mais la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili.

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Et pour l'heure, on ne prononce pas le mot évacuation. « Sur le fond, je peux comprendre que des militants souhaitent lutter contre l'artificialisation des terres, simplement je pense que la méthode n'est pas la bonne et je les engage à lever ce blocage qui pénalise l'ensemble du chantier du Grand Paris Express, chantier dont le calendrier est et restera inchangé », a affirmé l'ancienne membre d'Europe Ecologie-Les Verts.

«Nous n'écartons aucun scénario»

Avant de revenir sur le sujet plus global du Triangle de Gonesse et son avenir toujours suspendu à des arbitrages du gouvernement attendu par tous les partis depuis l'annulation d'EuropaCity. « C'est un abandon qui a été décidé par le président de la République qui va dans le même sens que le projet de loi que je viens de présenter en conseil des ministres ce matin qui va lutter contre l'artificialisation des terres en responsabilité sur de nombreuses aggravations des effets du changement climatique », a poursuivi la ministre en référence au projet de loi issu de la convention citoyenne sur le climat.

Pour Barbara Pompili, le préfet du Val-d'Oise, qui a remis un rapport au Premier ministre sur le sujet en décembre, a formulé « des propositions intéressantes », qui seront « étudiées de près ». « Nous n'écartons aucun scénario y compris ceux qui permettent d'éviter d'artificialiser les rares terres agricoles de cette partie de l'Ile-de-France », a-t-elle souligné se disant disposée à « rencontrer les parlementaires, les élus locaux, les acteurs associatifs, les citoyens du territoire afin qu'on puisse définir ensemble les meilleures solutions pour désenclaver et développer cette partie du Val-d'Oise. […] Ces bonnes voies elles doivent se faire avec tous ces acteurs ».

Un référé déposé au tribunal de Pontoise

L'établissement public foncier d'Ile-de-France, propriétaire du terrain où est implantée la ZAD, a déposé un référé mercredi devant le tribunal de Pontoise pour demander son évacuation. « Lorsqu'un bâtiment ou un terrain est occupé illégalement (et compte tenu des risques liés à la proximité d'un chantier), l'EPF Ile-de-France engage systématiquement des poursuites auprès des autorités compétentes et demande l'expulsion. »