Val-d’Oise : les parents d’élèves dénoncent le manque de remplaçants dans les écoles

Le cas de l’école La Vallée Basset de Menucourt, où une enseignante absente n’est pas remplacée depuis quinze jours, n’est pas un cas isolé. Pour l’inspection académique, des moyens sont mis et des recrutements sont en cours.

 A l’école La Vallée Basset de Menucourt (Val-d’Oise), une classe de CM1-CM2 n’a pas d’enseignant depuis quinze jours (illustration).
A l’école La Vallée Basset de Menucourt (Val-d’Oise), une classe de CM1-CM2 n’a pas d’enseignant depuis quinze jours (illustration). LP/Fred Dugit

« Cela aurait pu être anticipé », regrette une mère de famille. A l'école La Vallée Basset de Menucourt (Val-d'Oise), cela fait désormais quinze jours qu' une classe de CM1-CM2 se retrouve sans institutrice. En effet, l'enseignante, considérée comme personnel vulnérable, bénéficie depuis la rentrée de Toussaint d'une autorisation spéciale d'absence (ASA). En conséquence, ses 22 élèves sont depuis répartis dans les autres classes de l'établissement, contraints alors de travailler en autonomie.

« On comprend tout à fait qu'elle doive s'éloigner de la classe. Ce qu'on comprend moins bien c'est que cette dame avait déjà fait l'objet d'une ASA au premier confinement, donc c'était assez logique que la situation se représente pour ce deuxième épisode », précise Cécile Thinon, tête de liste FCPE sur l'établissement.

L'incompréhension des parents

Et des parents de regretter également la mauvaise communication des instances de l'Education nationale. « Nous avons eu une remplaçante une journée et demie au tout début puis plus rien. Mardi, on nous dit qu'on aurait une remplaçante puis quelques heures plus tard finalement, ce n'était pas le cas, la solution était le distanciel », poursuit une mère d'élève.

Selon les parents, des polycopiés mis au point par leur enseignante sont distribués aux enfants depuis mardi. « Jusqu'ici, ils s'occupaient comme ils pouvaient, donc c'est déjà ça car les autres enseignants ont déjà leur classe à s'occuper. Mais à 9-10 ans, c'est dur de travailler en autonomie, donc il faut terminer le travail le soir à la maison. Les enfants commencent vraiment à en avoir marre », constate la maman d'une fillette de CM1.

Un remplaçant à partir de ce lundi pour une semaine

Ce vendredi soir, une solution temporaire semblait cependant avoir été finalement trouvée : les parents ont appris en fin de journée qu'un ou une remplaçante sera présente en présentiel dès lundi. « Au moins pour une semaine. Ensuite ce sera en fonction des différents besoins dans le département. S'il y a des urgences, il pourrait nous être repris », précise Cécile Thinon.

Mais le cas de La Vallée Basset n'est pas isolé dans le Val-d'Oise en ce mois de novembre. Un département qui, hors conditions sanitaires exceptionnelles, est déjà régulièrement touché par un manque de professeurs des écoles remplaçants. Et ce même si la situation s'est cependant améliorée ces deux dernières années.

Des situations identiques ailleurs dans le département

Selon des remontées non exhaustives de la FCPE 95, des difficultés pour non-remplacement se poseraient dans d'autres écoles de Menucourt mais aussi notamment à l'école Pablo-Neruda d'Eragny ou encore à l'école maternelle Le Hazay à Cergy. « Une absence qui était programmée et cela fait pourtant déjà deux semaines que les élèves non plus d'enseignante », souligne la fédération des conseils de parents d'élèves du Val-d'Oise. Parfois, il s'agit de professeurs des écoles stagiaires non remplacés comme au Noyer à Jouy-le-Moutier ou à Vauréal.

Du côté de l'inspection académique, on assure prendre le sujet très au sérieux mais d'inviter aussi à relativiser quelque peu les chiffres au vu de la crise sanitaire actuelle.

«Nous sommes à 77 % de remplacement effectifs dans le premier degré»

« Nous sommes à 77 % de remplacement effectifs dans le premier degré, constate la Dasen, rappelant le contexte. Nous avons reporté une très grosse partie des formations afin de favoriser la présence des professeurs devant leurs élèves et on a 40 équivalents temps plein (ETP) qui vont arriver grâce à de nouveaux budgets dont les recrutements sont encore en cours. » Ils doivent venir renforcer les équipes déjà mobilisées.

Une situation qui ne satisfait pas pour autant la FCPE 95. « Cela fait quand même 23 % de non-remplacement si on prend leurs chiffres, relève Didier Arlot, président de la FCPE 95. Je peux les croire sur leur volonté de faire s'ils ont le financement mais de là à ce que ces remplaçants arrivent dans les classes, c'est une autre histoire en ce moment et avec quel niveau d'exigence surtout. Car, avoir un adulte devant les élèves ce n'est pas suffisant. Faut-il encore qu'il soit formé correctement pour ne pas arrêter dans quelques semaines. »