Val-d’Oise : les entreprises partagent leurs inquiétudes avec le ministre de l’Economie

A l’occasion d’une visite au sein de l’usine Rellumix à Cergy, Bruno Le Maire a échangé avec les représentants des PME-TPE pour parler du plan de relance post Covid-19.

 Cergy, ce jeudi. Bruno Le Maire (à gauche), découvre les objets produits par Rellumix, guidé par le président de l’entreprise Frédéric Dombrowski (à droite).
Cergy, ce jeudi. Bruno Le Maire (à gauche), découvre les objets produits par Rellumix, guidé par le président de l’entreprise Frédéric Dombrowski (à droite). LP/Julie Ménard

« Les PME comme celle que je viens de visiter sont exactement le cœur de cible du soutien d'investissement que nous mettons en place dans le cadre de notre plan de relance économique. » En déplacement dans les locaux de Rellumix à Cergy, une entreprise de 22 salariés, le ministre de l'Economie a été conquis par le savoir-faire de cette PME, spécialisée dans le filtrage et la dépollution des fluides. Accompagné du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, il en a profité pour présenter aux acteurs économiques du Val-d'Oise le plan France Relance.

« Cet argent on en a besoin »

En préambule, Bruno Le Maire évoque le milliard d'euros mis sur la table à destination des très petites et moyennes entreprises à l'échelle nationale. Disponibles « dès maintenant » ces fonds peuvent être accordés sans redevance aux sociétés qui souhaitent investir, notamment pour relocaliser l'activité industrielle en France. « Cet argent on en a besoin, lui signale Frédéric Dombrowski, le président de Rellumix qui n'avait pas connaissance de ce dispositif annoncé le 3 septembre. J'ai pour projet d'acheter des locaux et de développer la filiale eau. Avec la crise, mon pari était de dire que l'on décalait cet investissement à début 2021 mais avec cette aide, on peut le faire tout de suite. »

Pour y prétendre, les entreprises doivent réaliser au moins 5 M€ de chiffre d'affaires et exercer dans l'un des cinq domaines suivants : la santé, l'électronique, les applications industrielles liées à la 5G, l'agroalimentaire et les intrants critiques pour l'industrie. Les candidats doivent déposer leur dossier auprès de BpiFrance avant le 17 novembre. Les services de l'Etat statueront ensuite sur les montants octroyés. 100 M€ ont déjà été débloqués depuis le mois d'août. « C'est le premier arrivé premier servi », précise le ministre.

Des carnets de commandes vides

Dans la suite des échanges, Pierre Kuchly, le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) du Val-d'Oise s'est exprimé. « On a un noyau de petites sociétés qui ont un problème : le business. Elles n'ont pas de boulot car les carnets de commandes sont vides. » Les secteurs de l'aéronautique et du transport aérien, particulièrement impactés et dont le savoir-faire est important dans le département, sont notamment évoqués. Bruno Le Maire indique alors une note tout juste signée pour permettre aux plateformes d'acheter des stocks aux sous-traitants sans limite financière. « J'ai déplafonné le prêt de l'Etat pour ces entreprises », lance-t-il.

L'apprentissage à la peine

Puis c'est au représentant de la Chambre des métiers et de l'artisanat (CMA) du Val-d'Oise de soulever un point sensible. « On a une baisse des demandes de recrutement en apprentissage, notamment dans le BTP, explique Denis Silio. Nos entreprises ont des projets mais qui vont se concrétiser dans un ou deux ans donc il n'y a pas d'embauches. » Pour le ministre de l'Economie, une partie de la solution tient en la PrimeRénov'.

Celle-ci octroiera des financements de l'Etat, pouvant aller jusqu'à 20 000 €, aux particuliers qui souhaitent effectuer des travaux de rénovation énergétique sur leur bien immobilier. Les intéressés pourront y prétendre sur le site des finances publiques à partir du 1er octobre 2020. Les fonds qui leur seront accordés seront débloqués à partir du 1er janvier 2021. « Derrière il faudra des apprentis et des entreprises pour effectuer les rénovations, conclut Bruno Le Maire. Ce que je demande en contrepartie, c'est que ces entreprises embauchent des Français. Je ne veux pas d'une augmentation du travail détaché. »