Val-d’Oise : avec la Garantie jeunes, ils ont pu retrouver un emploi

Expérimentée depuis 2016, ce dispositif d’Etat pour l’insertion des jeunes a donné des premiers résultats encourageants dans le département. 976 jeunes en situation de précarité en ont bénéficié, et la plupart a pu rebondir.

 Illustration. Suivis pendant un mois par leur mission locale, les jeunes de 16 à 25 ans sont ensuite plongés dans le grand bain du monde professionnel.
Illustration. Suivis pendant un mois par leur mission locale, les jeunes de 16 à 25 ans sont ensuite plongés dans le grand bain du monde professionnel. LP/F.G.

« La Garantie jeunes, c'est un état d'esprit nouveau », lance Elodie Degiovanni, la préfète pour l'égalité des chances dans le Val-d'Oise. Après un an et demi d'expérimentation, l'heure est au bilan pour ce dispositif d'Etat visant à favoriser l'entrée sur le marché du travail ou le retour à l'emploi de jeunes de 16 à 25 ans en situation de précarité. A savoir des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en étude. Mis en place en septembre 2016, et généralisée à toutes l es missions locales du département en 2017, la Garantie jeunes a donné « des premiers résultats très encourageants », selon la préfecture. « Sur les 975 personnes accompagnées, il y a eu 68 % de sorties positives (soit 663 jeunes), avec un CDI, un CDD ou une formation à la clé », indique Elodie Degiovanni.

Dans les faits, les jeunes accueillis dans les sept missions locales du Val-d'Oise signent une convention d'un an et sont accompagnés de manière intensive et collective lors du premier mois. « On leur donne les outils pour trouver un stage ou un emploi », décrypte David Potrel, directeur de la mission locale de la Vallée de Montmorency depuis huit ans.

Une allocation de 490 € par mois

L'objectif ? Aider à la resocialisation et à la prise de confiance, pour ensuite faciliter son insertion professionnelle. En contrepartie, ils perçoivent une allocation mensuelle de 490 € payée par l'Etat. « La difficulté est de convaincre les jeunes de participer à ce dispositif journalier, poursuit David Potrel. On leur demande d'adhérer à un système qu'ils apparentent au système scolaire qu'ils ont quitté. Mais quand, ils ont mis un pied dedans, ça roule. »

Dans sa mission locale, un peu moins de la moitié (46 %) des 80 jeunes accompagnés en 2017 ont décroché un contrat ou une formation durable. « On en a vu passer des dispositifs mais celui-là n'est pas un de plus, loue le directeur. Là, on est dans le concret. Les jeunes vont directement à l'emploi et c'est ce qu'ils demandent. »

Repérer davantage de jeunes précaires

Pour Elodie Degiovanni, la Garantie jeunes est d'abord « un travail en profondeur avec une vraie prise en charge durant un an ». Si l'objectif est rempli, « sur un plan quantitatif » selon elle, le dispositif « a besoin d'être ajusté ». « Il ne faut surtout pas qu'on laisse tomber les 32 % qui n'ont pas eu de réponse positive. On doit également s'améliorer pour repérer encore plus de jeunes. »

Elle se montre en revanche dithyrambique sur la synergie que le dispositif a réussi à créer entre les différents acteurs. « C'est une révolution culturelle de la mobilisation collective autour de l'insertion des jeunes, affirme-t-elle. On met autour de la table des institutions qui fonctionnaient en vase clos par le passé, alors qu'ils ont tout à voir en commun. »

« J'ai déjà un projet d'installateur thermique »

Melvin, 19 ans.

Melvin est ce que l'on appelle communément un décrocheur scolaire. Cet habitant de Montmorency n'avait que 16 ans lorsqu'il a quitté l'école. « J'étais immature, confesse le jeune homme, désormais âgé de 19 ans. J'ai mûri depuis. » Après avoir travaillé au noir dans le bâtiment, c'est par le biais d'un ami inscrit à la mission locale SeinOise à Deuil-la-Barre qu'il entend parler de la Garantie jeunes. S'il n'a commencé le travail collectif que depuis trois semaines, Melvin a « déjà un projet d'installateur thermique ».

Un profil bien différent de celui de Tevin, 21 ans. Titulaire d'un DUT techniques de commercialisation, il pensait « trouver un emploi plus facilement ». « Je croyais que j'étais compétent, mais ce n'était pas le cas, réalise le jeune homme, qui a obtenu un troisième entretien d'embauche chez un célèbre vendeur d'outillage. Ça m'a mis une claque de voir que je n'avais rien en sortant. » Lui aussi en phase de formation collective, il a déjà vu les bienfaits de cet accompagnement quotidien. « Dans la manière de s'exprimer, dans le vocabulaire utilisé, dans les démarches de recherche d'emploi, j'ai vu la différence sur mes camarades », témoigne cet habitant de Bouffémont.

Diplômé d'un bac pro gestion et administration, son ami Fayçal, 22 ans, a cherché en vain une formation en alternance en BTS. « Du coup, j'ai enchaîné les petits boulots pendant deux ans dans la sandwicherie, la manutention, l'assistanat commercial… mais rien de durable. Grâce à la Garantie jeunes, au moins les stages sont conventionnés. »