Val-d’Oise : à Parmain, malgré le confinement, les petits commerces font de la résistance

Une poignée de commerçants, notamment un coiffeur et une fleuriste, ont repris leur activité ce mardi à la suite de la signature d’un arrêté municipal les y autorisant.

 Parmain (Val-d’Oise), ce mardi. Bertrand, coiffeur en centre-ville, a rouvert ce mardi. Ses clients se sont précipités pour se faire couper les cheveux.
Parmain (Val-d’Oise), ce mardi. Bertrand, coiffeur en centre-ville, a rouvert ce mardi. Ses clients se sont précipités pour se faire couper les cheveux. LP/Marie Persidat

« Nous voulons montrer que nous sommes là, et que notre magasin, nous voulons le garder! » Comme L'Isle aux fleurs, la fleuriste des Arcades, une poignée de boutiques de Parmain (Val-d'Oise) ont rouvert leurs portes ce mardi matin. S'appuyant sur l'arrêté pris par la mairie, autorisant « les commerces non alimentaires à rester ouverts à partir du 3 novembre », ils ont bravé le règlement du confinement national.

« Nous respectons les règles sanitaires, c'est vraiment aberrant que l'on ne nous laisse pas travailler ! » justifie Bertrand, le coiffeur du centre-ville. Sur la vitrine du petit salon, en haut de la rue Guichard, le texte de l'arrêté municipal pris ce lundi est affiché.

A l'intérieur, Bertrand n'arrête pas une seconde de shampouiner et de couper. « J'ai envoyé un message à mes clients pour les prévenir de la réouverture, et là j'en suis à dix-huit rendez-vous pour aujourd'hui », explique-t-il en jetant un coup d'œil sur son agenda.

«Ici, on ne vient que sur rendez-vous, ça ne craint rien»

Quelques minutes plus tard, un habitant passe la tête par la porte d'entrée. « Il ne me reste que 16h15 ! » lui lance Bertrand. « A tout à l'heure alors ! », répond l'homme avant de remonter dans sa voiture. Bertrand est bien le seul coiffeur du Val-d'Oise à exercer sa profession en ce début de semaine.

Catherine n'a pas hésité une seule seconde lorsqu'elle a appris la nouvelle. « Déjà la semaine dernière, je me suis précipitée quand ils ont annoncé le confinement, mais c'était trop tard », explique cette cliente fidèle. « J'ai été assailli le mercredi et le jeudi », acquiesce Bertrand en séchant les cheveux de la retraitée. « Alors dès que j'ai vu que c'était possible de venir, je n'ai pas hésité, poursuit Catherine. Ici, on ne vient que sur rendez-vous, ça ne craint rien. Je sais que ce n'est pas la folie en termes d'affluence. »

Une activité en berne depuis quelques mois

Le coiffeur du centre-ville travaille seul et accueille un client toutes les demi-heures. « Il n'y a pas de contact. Une personne arrive, l'autre part. Ils ne font que se croiser. Pendant ce temps j'ai des clients qui me racontent comment ils se retrouvent tout serrés dans le RER pour aller travailler… Je ne vois pas pourquoi ils n'auraient pas le droit de venir ici ! »

Bertrand compte bien rester ouverte jusqu'à ce qu'on l'oblige à fermer. « Il faut en profiter maintenant ! Je sais que cela ne va pas durer. Mais c'est toujours ça de fait, et en plus ça rend service à mes clients. »

Car cette année a été compliquée pour les commerces de proximité. « Pour juillet et août, on m'a dit que je n'étais plus éligible à aucune aide, pourtant je n'ai fait que 50% de mon activité habituelle, constate l'artisan. Les gens viennent moins. Je vois bien que mes clients ont les cheveux beaucoup plus longs que d'habitude quand ils viennent, ils ont allongé la fréquence. En octobre, l'activité commençait tout juste à repartir… »

LP/Ma.P.
LP/Ma.P.  

Dans le quartier voisin, Aurélie se bat aussi pour faire vivre sa boutique dans le petit centre commercial des Arcades : « On essaie de limiter la casse. » Sa voisine esthéticienne a essayé de lever à nouveau le rideau ce mardi matin, mais les rondes des forces de l'ordre l'en ont finalement dissuadé.

Ouvrir en respectant les règles sanitaires

La fleuriste de L'Isle aux fleurs de son côté a remballé les plantes qu'elle avait sorties devant sa vitrine, conformément à ce que lui demandaient les gendarmes. Mais n'a pas renoncé pour autant. « Je prends les commandes, je fais les bouquets à l'intérieur et les gens passent les prendre, explique Aurélie, qui a installé un petit comptoir barrant sa porte d'entrée. Je respecte les règles d'hygiène. Personne ne rentre dans le magasin. »

Ce mardi matin, la commerçante avait déjà composé nombre de bouquets : « Les gens jouent le jeu, ils viennent pour me soutenir. Et aussi parce qu'ils ont envie d'un peu de gaieté chez eux. Les fleurs ça fait du bien. Je ne comprendrais pas que l'on m'empêche de continuer. J'accueille moins de monde que dans une boulangerie ou un supermarché! » Sa cliente du moment, venue chercher des chrysanthèmes, est bien d'accord. « Je travaille dans un supermarché, et il y a beaucoup de monde. Je ne vois pas pourquoi on ne laisse pas travailler les petits commerces. »

C'est en se basant que sur cette « inégalité de traitement », entre grandes et petites surfaces que le maire a décidé de prendre un arrêté municipal. Dès lundi, cependant, la préfecture du Val-d'Oise avait entamé des démarches pour le faire suspendre. Une procédure en référé a été lancée auprès du tribunal administratif de Cergy. En attendant que l'arrêté soit officiellement annulé, les commerces rebelles avaient bien l'intention de rouvrir ce mercredi.