Triangle de Gonesse : « Que l’Etat tranche son avenir ! »

Élus locaux et associatifs attendent impatiemment la décision du gouvernement après l’abandon d’EuropaCity. Trois scénarios possibles figurent dans le rapport rendu par Francis Rol-Tanguy en juillet.

 Gonesse, mercredi 26 juin. Action des militants du Collectif pour le Triangle de Gonesse contre un chantier lié à la gare de la ligne 17.
Gonesse, mercredi 26 juin. Action des militants du Collectif pour le Triangle de Gonesse contre un chantier lié à la gare de la ligne 17. LP/Thibault Chaffotte

Dix mois après l'abandon d'EuropaCity, l'avenir du Triangle de Gonesse va-t-il être - enfin - scellé ? Longtemps dos à dos, les camps des « pour » et « contre » se rejoignent aujourd'hui sur une demande : « Que l'Etat tranche son avenir ! », exhorte Jean-Pierre Blazy, maire (PS) de Gonesse. « Le gouvernement doit prendre une décision », embraye Bernard Loup, président du collectif « Pour le Triangle de Gonesse ».

Un projet mêlant aménagement urbain et agriculture

Francis Rol-Tanguy, nommé par le Président de la République pour réfléchir à un projet alternatif après l'abandon du centre commercial, a rendu son rapport au gouvernement en juillet. Trois scénarios y figureraient. Dans l'un, la gare de la Ligne 17 n'y figurerait pas. « C'est le degré zéro, fustige Jean-Pierre Blazy. Dans les deux autres projets possibles, elle y serait. »

Le scénario « moyen », selon les mots de l'élu, verrait la construction de la gare avec les 110 ha déjà achetés par l'Etat réservés à de l'aménagement urbain. L'autre partie du site serait plus « écolo » et destinée à promouvoir l'agriculture, avec le projet alternatif Carma, par exemple.

« Les deux peuvent cohabiter, estime Jean-Pierre Blazy. Je suis pour une approche équilibrée, avec un développement économique respectueux de l'écologie. » Une rencontre, entre l'élu et les responsables de Carma devrait avoir lieu dans les semaines qui viennent, à l'initiative de ces derniers.

Triangle de Gonesse : « Que l’Etat tranche son avenir ! »

Bernard Loup, lui, continue d'être farouchement opposé à la création d'une gare « au milieu des champs ». « Ce serait un non-sens de construire un tel équipement ici, il n'y a rien! Cela impliquerait d'urbaniser encore ce site, au détriment des habitants, de l'agriculture et de l'écologie », s'insurge-t-il. Une maquette de l'équipement a d'ailleurs été symboliquement détruite, ce samedi, à l'occasion de la 4e « Fête des Terres de Gonesse ».

« Notre territoire est trop délaissé »

À l'inverse, l'existence de la future gare paraît comme une condition sine qua non pour Jean-Pierre Blazy et les élus du territoire, dont Marie-Christine Cavecchi, présidente (LR) du conseil départemental. « Notre territoire, l'Est du Val-d'Oise, est trop délaissé. Nous avons besoin de la gare, la seule prévue dans le département ! », plaide le maire.

L'élu rappelle que la ZAC d'Etat, avec l'existence de la gare, vient d'être « validée juridiquement ». « Et le chantier du Grand Paris Express se poursuit! Le tunnelier va être mis en service à la fin octobre à partir du Bourget, ça avance, appuie-t-il. Nous allons nous mobiliser, dans les jours qui viennent, pour faire entendre notre voix. »

Valérie Pécresse milite pour une cité scolaire internationale

En attendant le couperet gouvernemental, des pistes d'aménagements commencent à sortir du bois. La présidente (Libres!) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, aimerait par exemple construire une cité scolaire internationale dans le cadre de son plan de relance chiffré à 1 Mds €.

Triangle de Gonesse : « Que l’Etat tranche son avenir ! »

« Cela peut être un très beau projet qui peut attirer des entreprises étrangères. C'est un investissement structurant, plaide-t-elle. Je ne veux pas que ce plan se fasse en dehors du Triangle de Gonesse et de l'Est du Val-d'Oise après l'arrêt d'EuropaCity. »

Pascal Doll, président de la communauté d'agglomération Roissy Pays de France souhaite que les efforts se concentrent sur l'activité économique. « Si demain Air France ou ADP s'écroule, je ne sais pas ce qu'on fait, s'inquiète le maire d'Arnouville. Il y a un potentiel de développement dans ce secteur qu'il va falloir valoriser. »

En pleine crise sanitaire du Covid-19, Jean-Pierre Blazy avance l'idée d'installer une « grande industrie pharmaceutique » sur le Triangle de Gonesse. « On voit bien que la santé sera l'un des enjeux de demain. Ici, nous avons la capacité d'accueillir ce genre d'entreprise, glisse l'élu. Dans tous les cas, j'appelle le gouvernement à se prononcer rapidement, en octobre, pour qu'on puisse s'asseoir autour de la table, et travailler. »