La ZAD du Triangle de Gonesse évacuée par les forces de l’ordre

Des militants écologistes occupaient depuis dix-sept jours une parcelle du site pour protester contre la création d’une future gare de métro du Grand Paris. 24 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.

Les pelleteuses ont déjà remplacé les cabanes. Ce mardi matin, la ZAD du Triangle de Gonesse a été évacuée par les forces de l'ordre. Menée par un important dispositif requis par la préfecture, celle-ci s'est déroulée sans heurts. Vingt-quatre personnes se trouvant à ce moment-là sur cette « zone à défendre » ont été interpellées et transférées vers 9h30 au commissariat de Cergy puis placée en garde à vue.

« Il y a eu une petite tension au départ quand ils sont arrivés mais ça s'est vite calmé. On s'est tous réunis en défense passive devant une tente mais en une heure c'était réglé », explique Saëko, présent sur la ZAD mais qui a échappé au panier à salade. Le dispositif policier, tenant à l'écart du terrain soutiens des zadistes et journalistes, a cependant été levé bien plus tard dans la journée.

Cette évacuation fait suite à la décision du tribunal judiciaire de Pontoise de vendredi ordonnant l'expulsion sans délai des militants se trouvant sur ce terrain, propriété de l'établissement public foncier d'Ile-de-France (Epfif).

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Des citoyens de différents collectifs opposés à l'artificialisation des terres agricoles occupaient en effet depuis le 7 février une parcelle toute proche du site devant accueillir notamment la seule gare du Grand Paris Express (GPE) du département pour tenter d'en stopper le chantier. Ce week-end, ces derniers assuraient qu'ils ne partiraient pas tant que celle-ci n'était pas abandonnée.

« C'est une décision politique d'aller si vite »

« Un huissier est passé lundi soir vers 18 heures à la ZAD et au siège du Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG) pour remettre l'ordonnance d'exécution. Mais on ne s'attendait pas à ce qu'elle soit effective si rapidement. Pour certaines ZAD, cela a mis des mois voire des années. C'est une décision politique d'aller si vite », estime Siamak du CPTG, venu comme d'autres soutiens attendre les militants en garde à vue devant le commissariat de Cergy. En début de soirée, ces derniers avaient tous été relâchés. Ils devraient être convoqués au tribunal en vue d'un rappel à la loi.

Mais pour le collectif qui « condamne ce recours à la force demandé par le gouvernement et Valérie Pécresse [présidente de la région Ile-de-France et du conseil d'administration de l'Epfif] », cette évacuation ne change rien au problème.

Un rassemblement vendredi à Cergy

« Le combat va évidemment continuer », assure Bernard Loup, président du CPTG. Un rassemblement est déjà annoncé pour vendredi à Cergy. Un autre devrait avoir lieu ce samedi à Paris.

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« La ZAD a duré 17 jours, c'est déjà pas mal et je pense que cela a fait avancer notre cause, poursuit le militant écologiste. Mais on en revient toujours au même : le gouvernement doit prendre une décision, faire un choix : soit il s'entête à maintenir un projet daté et dépassé, en totale contradiction avec les discours sur la nécessité de stopper l'artificialisation des sols, soit il engage résolument des actions de sauvegarde des terres. »

C'est bien à l'Etat qu'il revient en effet d'arbitrer le devenir du Triangle de Gonesse en suspens depuis l'annulation par Emmanuel Macron du projet de méga complexe EuropaCity fin 2019. Dans son rapport remis au Premier ministre dans la perspective du « plan pour le Val-d'Oise » promis par ce dernier, le préfet optait en faveur du scénario de l'aménagement de 110 ha autour de la gare.

« Le gouvernement doit prendre ses responsabilités »

Une option également soutenue par le maire (PS) de Gonesse qui se félicite de cette évacuation. Pour Jean-Pierre Blazy c'est une « nouvelle victoire » pour le projet de la ligne 17. Mais ce défenseur de la gare appelle lui aussi le gouvernement à s'exprimer rapidement sur le sujet. « Il doit prendre ses responsabilités et ajouter à la sécurité juridique une sécurité politique pour le projet », assure l'élu.

Même esprit pour la présidente (LR) du Département du Val-d'Oise. « C'est une excellente nouvelle, estime Marie-Christine Cavecchi au sujet de l'évacuation. Mais elle ne doit pas nous faire perdre de vue notre objectif commun : l'avancée rapide des travaux de la future gare du métro du Grand Paris. Seule gare valdoisienne de la ligne 17, c'est un projet porteur d'espoir et d'attractivité pour un territoire qui en a tant besoin. »