Suicide d’Evaëlle, harcelée au collège : trois élèves mis en examen

Ils sont soupçonnés d’avoir participé au harcèlement scolaire qu’avait subi la fillette de 11 ans au collège Isabelle-Autissier, à Herblay (Val-d’Oise).

 Herblay, 95, France, le 13 mars 2020. Marie et Sébastien sont les parents d'Evaelle qui s'est suicidée après avoir subi un harcèlement scolaire dans son collège.
Herblay, 95, France, le 13 mars 2020. Marie et Sébastien sont les parents d'Evaelle qui s'est suicidée après avoir subi un harcèlement scolaire dans son collège. LP / Olivier Corsan

L'information judiciaire ouverte après le décès d'Evaëlle progresse. Cette fillette de 11 ans avait mis fin à ses jours le 22 juin 2019 après avoir subi plusieurs mois de harcèlement scolaire au collège Isabelle-Autissier à Herblay. Après la mise en examen de sa professeur de français en septembre dernier, la juge d'instruction chargée de cette affaire a fait de même pour trois élèves, âgés de 13 ans, le 10 décembre dernier.

L'un d'eux a été placé sous contrôle judiciaire avec une obligation de formation (donc d'aller en cours), mesure qu'il a contestée devant la cour d'appel de Versailles jeudi. Les deux autres sont placés en liberté surveillée préjudicielle, ce qui correspond à une mesure éducative.

«Toutes les personnes impliquées doivent répondre de leurs actes»

« C'est une décision très satisfaisante », salue Me Delphine Meillet, l'avocate des parents d'Evaëlle, Marie et Sébastien. « On considère que toutes les personnes impliquées dans cette affaire doivent répondre de leurs actes », indiquent ces derniers.

Ils avaient déposé plainte pour harcèlement et violences contre trois élèves dès le mois de février 2019, au moment où ils apprenaient que le harcèlement que subissait leur fille au premier trimestre ne s'est pas arrêté et s'était même aggravé. Peu après qu'Evaëlle est parvenu à briser le silence. Elle a été retirée de cet établissement et a poursuivi sa scolarité au collège Georges-Duhamel.

Deux des trois élèves font usage de leur droit au silence

En février, la fillette relate deux séances en classe particulièrement éprouvantes où elle a été sommée par sa professeur de français de répondre à toute la classe sur le harcèlement qu'elle subissait.

En dehors des cours, ses harceleurs vont aussi plus loin. Le 6 février, un élève la pousse sur la chaussée à l'arrivée d'un bus. Elle manque de se faire écraser. Elle se relève, s'en prend au garçon qui l'a poussée. Il répond en lui envoyant une gifle qui fait sauter ses lunettes. L'élève, placé sous contrôle judiciaire, est soupçonné d'avoir eu un rôle actif dans cette agression. « Il minimise à fond », indique Marie. S'il réfute avoir harcelé Evaëlle, il confirme en revanche que la professeur de français a eu ce rôle. Les deux autres élèves mis en examen ont usé de leur droit au silence.

L'enseignante suspendue

L'enseignante est sous contrôle judiciaire depuis sa mise en examen. Elle avait obtenu un poste en Bretagne à la rentrée dernière. Mais c'est avant de pouvoir entamer l'année qu'elle a été mise en examen. Son contrôle judiciaire prévoit une obligation de soin et une interdiction d'enseigner. Elle a contesté cette dernière mesure devant la cour d'appel de Versailles en octobre et le 6 janvier devant la Cour de cassation, à chaque fois sans succès. Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a reçu les parents le 7 décembre et leur a confirmé que l'enseignante faisait l'objet d'une suspension qui s'ajoute aux interdictions de son contrôle judiciaire.