Sarcelles : son fils se blesse à l’école, elle porte plainte contre le Samu qui ne s’est pas déplacé

Kahleel, 7 ans, a chuté violemment contre un mur de l’école Jules-Ferry. Malgré l’insistance du corps enseignant, le Samu a refusé de se déplacer. Sa mère a porté plainte pour non-assistance pour personne en danger.

 Illustration. L’écolier de 7 ans avait fait une chute en jouant avec ses camarades.
Illustration. L’écolier de 7 ans avait fait une chute en jouant avec ses camarades. LP/A.L.

Kahleel a repris le chemin de l'école Jules-Ferry, ce lundi, une semaine après sa chute. Pendant dix jours, le petit de 7 ans devra, en revanche, passer les récréations à l'intérieur, sans pouvoir courir ni jouer avec ses camarades. La faute à son entaille au front, qui a valu des « sueurs froides » à sa mère, Elisjha. « Là, ça va mieux, il a repris des forces, souffle-t-elle. Je ne comprends pas comment les secours ont pu le laisser sans assistance ! »

La jeune femme de 32 ans a porté plainte, ce vendredi, contre le Samu pour « non-assistance en personne en danger ». La mère estime que les secours ont refusé de se déplacer, pour prendre en charge son fils, « sans aucune raison valable », malgré l'insistance du corps enseignant.

« Le rôle du Samu est d'être à l'écoute, et de protéger les personnes, en particulier les enfants, insiste Elisjha. Pas d'écarter les problèmes après un diagnostic au téléphone seulement ! »

L'école se heurte à deux refus du Samu

Le lundi 5 octobre, Kahleel a tapé de plein fouet sa tête contre un mur de la cour de récréation de l'école Jules-Ferry, à Sarcelles. Alors qu'il jouait à « chat » avec ses amis, le garçon a glissé sur une plaque d'égout. Le front entaillé et « saignant abondement », la maîtresse appelle le Samu, comme le veut la procédure.

« Le régulateur a pris quelques informations et a ensuite refusé de déplacer le Samu ou les pompiers sur place, sous prétexte que j'étais déjà prévenue, enrage Elisjha. Mais, j'aurais pu mettre du temps à arriver ! » La directrice de l'établissement a insisté une seconde fois auprès du régulateur, mais s'est heurtée au même refus.

Sarcelles. Kahleel s’est ouvert la tête en tombant contre un mur. DR.
Sarcelles. Kahleel s’est ouvert la tête en tombant contre un mur. DR.  

Elle a écrit au ministre de la Santé

À son arrivée, Elisjha voit Kahleel « le visage en sang. Il tenait à peine debout. » Dans la voiture, en route pour l'hôpital de Gonesse, l'élève de CE1 a perdu connaissance, selon sa mère. Des points de suture internes et externes ont été réalisés par les médecins. Aucun traumatisme crânien n'a été détecté au scanner, malgré les vertiges et vomissements du petit.

« Cela aurait pu être grave ! Le Samu aurait, au moins, dû envoyer les pompiers. Même le corps enseignant est choqué, lance Elisjha. En début d'année, les secours se sont déplacés parce qu'un petit avait fait une entorse ! Là, mon fils a presque perdu connaissance. » Elle a écrit au ministre de la Santé, Olivier Véran, pour l'alerter de la situation. Le maire (PS) Patrick Haddad a adressé, ce lundi, un courrier au Samu 95 pour exiger des explications.

La procédure aurait été respectée

Dans les établissements scolaires, les professeurs ont pour consigne de contacter le Samu à chaque incident avec un élève. Les pompiers ne se déplacent plus directement. Le médecin, généraliste ou urgentiste, pose alors un diagnostic et analyse les « besoins de santé ». S'il y a une urgence vitale « réelle ou supposée », le Samu, les pompiers ou des ambulanciers sont envoyés sur place.

Si la blessure ne nécessite pas forcément un transport avec des professionnels de santé, des accompagnants ou les parents sont appelés à prendre en charge, eux-mêmes, l'enfant. Au mieux, une ambulance peut être envoyée, selon les disponibilités. « Mais le délai est entre 45 minutes et une heure, explique un médecin. Les parents sont souvent plus rapides. Il est dans l'intérêt de l'enfant de s'en remettre à la famille. »

Dans le cas de Kahleel, la procédure - commune à l'ensemble des écoles de France - aurait ainsi été respectée. L'hôpital de Pontoise, dont dépend le Samu 95, invite la famille à prendre contact avec le service aux usagers, pour répondre à l'ensemble de ses questions et éclaircir les possibles zones d'ombre.