Paris : Porsche, BMW, Mercedes... le braqueur maladroit était obsédé par les «jolies voitures»

Ce jeune homme de Sarcelles (Val-d’Oise) est jugé ce vendredi pour quatre vols à main armée dans la capitale. Toujours pour récupérer des voitures de sport.

 Illustration. Ce jeune père de famille de Sarcelles (Val-d’Oise) tenait absolument à rouler dans des voitures de luxe.
Illustration. Ce jeune père de famille de Sarcelles (Val-d’Oise) tenait absolument à rouler dans des voitures de luxe. LP/Yann Foreix

Cette nuit-là, il voulait conduire une «jolie voiture». Il a bien essayé de braquer le conducteur d'une Porsche mais le « Monsieur » ne s'est pas laissé faire. Alors, comme « les gens sont fous », il est allé voir un voiturier et lui a demandé « gentiment » de lui donner les clés de cette BMW Z4. Et là encore, l'autre a refusé. Il l'a donc braqué lui aussi.

C'est pour cette étrange obsession pour les voitures de sport que Nicolas, un père de famille de Sarcelles (Val-d'Oise) âgé de 34 ans doit comparaître ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris. Quatre vols à main armée survenus dans la capitale en deux nuits.

« Allez dépêche-toi, donne-moi les clés sinon je tire ! » Dans sa Porsche Macan, ce Parisien de 33 ans est surpris par Nicolas qui lui pointe un revolver à hauteur de la tête. Ce 11 août vers 23 heures, il vient de se garer à l'instant rue Saintonge (IIIe). Avec sa femme, qui est juste à côté de lui, ils doivent aller au restaurant un peu plus loin. Le conducteur ne se démonte pas : « T'es qui ? Qu'est-ce que tu veux ? » Nicolas s'énerve. Il fait mine de viser la tête de la femme puis menace l'homme de lui tirer une balle dans la jambe. Le conducteur a beau trembler, il rallume le contact, fait brutalement une marche arrière et parvient à prendre la fuite.

«Je l'ai à peine braqué, tout s'est bien passé»

Le jeune braqueur n'abandonne pas pour autant l'idée de rouler dans une voiture de luxe. Rue François-1er (XVIIIe), il remarque deux jeunes femmes s'affairant devant une belle BMW orange. Il les braque et leur réclame les clés. Il joue de malchance. Les filles sont juste en train de se prendre en photo devant la voiture. Elle n'appartient à aucune des deux. Nicolas repart encore bredouille.

Mais décidément, il y a plein de « jolies voitures » dans cette rue. Il remarque une Mercedes qui lui plaît bien. Il braque le conducteur, qui, lui aussi, ne se laisse pas faire.

A 0h40, il décide donc de se rabattre sur un voiturier travaillant dans un restaurant avenue George-V. Devant son refus de lui remettre les clés de la BMW qu'il venait de garer, il le braque, se met au volant et fonce en direction des Champs-Élysées. « Je l'ai à peine braqué, expliquera-t-il aux enquêteurs de la 1re DPJ. Tout s'est bien passé. »

Un délire de persécution

Ce n'est évidemment pas du tout le ressenti de la victime. « Le traumatisme de mon client est tel qu'il est contraint d'envisager une reconversion professionnelle tant il lui est devenu impossible de travailler la nuit, dénonce son avocat Said Harir. D'autant plus que le quartier des Champs-Elysées est le théâtre de braquages et de règlements de comptes récurrents ».

Alertée rapidement après le braquage du voiturier, la brigade anti-criminalité du VIIIe parvient à interpeller Nicolas au volant de la BMW. Sur le siège passager, l'arme à feu que le braqueur expliquera avoir achetée 600 euros aux puces de Clignancourt « pour se protéger ». De la cocaïne a également été retrouvée sur lui. Selon nos informations, une expertise psychiatrique a été effectuée. Si le médecin a bien estimé que le jeune de Sarcelles était accessible à une sanction pénale, il a remarqué qu'il souffrait de délires de persécution.