Saint-Prix : le préfet interdit une rave-party

Les services de police ont été informés qu’un rassemblement illégal devait avoir lieu ce week-end dans l’ancienne crêperie Le Faisan Doré.

 Régulièrement squattée, l’ex-crêperie du Faisan Doré devait accueillir ce week-end une rave-party.
Régulièrement squattée, l’ex-crêperie du Faisan Doré devait accueillir ce week-end une rave-party. LP/Victor Tassel

Les « teufeurs » devront donc passer leur chemin. Le préfet du Val-d'Oise, Amaury de Saint-Quentin, a pris ce mercredi deux arrêtés interdisant pour l'un « les rassemblements festifs à caractère musical de type teknival, rave ou free party dans le département du Val-d'Oise du 24 au 27 juillet 2020 », et pour l'autre « la circulation des véhicules transportant du matériel de son à destination d'un rassemblement festif à caractère musical (rave ou free party) non autorisé du 23 au 27 juillet 2020 ».

Une décision qui fait suite à des informations recueillies par les forces de police, qui ont eu vent d'un projet de rave party prévu ce week-end dans l'ex-crêperie Le Faisan Doré, dans le lieu-dit du même nom, situé au cœur de la forêt de Montmorency, sur la route entre Chauvry et Saint-Leu-la-Forêt.

Des informations sur les réseaux

« Les services de renseignement m'ont alerté dès qu'ils en ont eu connaissance, explique la maire (LR) de Saint-Prix, Céline Villecourt. J'ai immédiatement écrit au préfet, et nous nous sommes réunis avec l'ensemble des forces de l'ordre. Nous avons mis en place un dispositif sécuritaire pour faire avancer le projet. »

L'événement n'avait fait l'objet d'aucune demande auprès de services de la préfecture ou des propriétaires du site. Toute infraction aux arrêtés pris par le préfet est passible de sanctions allant de la verbalisation à la saisie du matériel pour une durée maximale de six mois.

« On ne souhaite pas créer de cluster supplémentaire »

Pour Céline Villecourt, hors de question de permettre l'organisation d'un tel rassemblement, « source de nuisances claires pour la commune », selon ses termes. Une décision qui s'explique d'autant plus en période de crise sanitaire. « Nous avons toujours le Covid-19 qui circule, explique l'élue. On imagine bien qu'il n'y a aucun respect des règles sanitaires en vigueur dans ce type de fête. On ne souhaite pas créer de cluster supplémentaire dans notre département. »

La maire de Saint-Prix met par ailleurs en avant la dangerosité du bâtiment, frappé depuis mai 2018 d'un arrêté municipal de péril imminent caractérisant des dangers d'effondrements et de chutes. « On imagine mal entre 300 et 8 000 personnes rentrer dans ce site, souffle l'élue. C'est complètement inconscient d'organiser quelque chose dans ces locaux. »

Un lieu placé sous surveillance

Ce mercredi, en fin de journée, quatre policiers étaient présents sur place. Les agents ont parcouru le domaine à la recherche d'une éventuelle présence sur le site situé à la sortie d'un virage, où la visibilité est très réduite, en particulier la nuit. Des effectifs devraient être dédiés au respect de l'arrêté ce week-end.

Ce n'est pas la première fois que le faisan doré aurait servi de cadre à l'organisation d'une rave-party. Il faut dire que la configuration, en bordure de la forêt et éloigné des habitations, a de quoi séduire les fêtards. Patrick, un habitant des hauts de Saint-Prix, dit n'avoir jamais été dérangé par une rave party. « S'ils vont dans la forêt, aucune chance pour qu'on entende quoique ce soit, lance le quinquagénaire. Je ne savais pas que des fêtes étaient organisées là-bas ! »

Le bâtiment frappé d'un arrêté de péril

D'autant que l'ancien café-restaurant bâti après la Première Guerre mondiale et reconverti un temps en crêperie est abandonné depuis 2007. Les propriétaires ont un temps souhaité relancé l'activité de restauration, mais le projet n'a pas abouti. Couvert de tags, le bâtiment dont le sol est recouvert de gravats divers est donc régulièrement squatté et fait l'objet de dégradations. À tel point que la ville a pris en mai 2018 un arrêté de péril.

Une triste déchéance pour un établissement qui a eu son heure de gloire en 1998, lorsqu'il a accueilli le tournage de scènes de « la Neuvième porte », film de Roman Polanski avec Johnny Depp et Emmanuelle Seigner.